LOUISE LABÉ

(1526-1566)

Née à Lyon, Louise Charley, ou Charlin, ou encore Charlieu, a écrit

sous le pseudonyme de Louise Labé, et fut surnommée _la Belle

Cordière_ parce que son père était marchand cordier et que son mari,

Ennemond Perrin, avait la même profession. Ses vers respirent la

grâce, la facilité et le sentiment par-dessus tout, le sentiment si

fin, si délicat de la passion tendre et féminine que l'on retrouve

dans notre siècle chez Mme Desbordes-Valmore. Il a été conservé d'elle

vingt-quatre sonnets, trois élégies, une épître et un dialogue en

prose. Il ne fallait pas alors un bagage littéraire plus complet pour

appartenir aux lettres. Un seul sonnet ne suffit-il pas à une gloire

poétique?

Déjà à cette époque se tenaient des salons de beaux esprits, et chez

_la Belle Cordière_ de Lyon se réunissaient les amateurs de littérature

et de beaux-arts de la ville. Sainte-Beuve estime très haut la prose de

Louise Labé, et un de ses contemporains, Paradin, le doyen de Beaujeu,

nous la dépeint ainsi dans ses _Mémoires de l'histoire de Lyon_,

publiés en 1573:

«Elle avoit la face plus angélique qu'humaine, mais ce n'estoit rien à

la comparaison de son esprit tant chaste, tant vertueux, tant poétique,

tant rare en savoir, qu'il sembloit qu'il eust esté créé de Dieu pour

estre admiré comme un grand prodige entre les humains.»

Anthologie féminine · 第 34 / 537 题