(1492-1549)
Fille du duc d'Angoulême et sœur de François Ier, Marguerite naquit
à Angoulême; elle épousa en premières noces le duc d'Alençon, et
en secondes noces Henri d'Albret, roi de Navarre; sa fille, Jeanne
d'Albret, eut pour fils Henri IV. Dès l'âge de sept ans, elle composait
des vers latins et entendait le grec et l'hébreu; à cette époque, la
langue latine était encore employée dans les lettres, et surtout à la
cour. Elle tenait un salon de beaux esprits, dont firent partie Calvin,
Clément Marot, son poète en titre, et Dolet. Elle protégea Amyot et
fonda huit chaires à la Sorbonne. Elle écrivait dans un excellent
style. Son principal ouvrage est l'_Heptaméron_, recueil de contes
libres, imité du _Décaméron_ de Boccace; elle a laissé en plus des
_Lettres_ et des _Poésies_, les _Marguerites de la Marguerite_, dont
nous donnons ci-après quelques fragments, après avoir terminé cette
courte biographie par le jugement de Littré sur cette savante princesse.
«Il faut, à côté de la conteuse spirituelle moitié gaie, moitié
sérieuse des _Nouvelles_, voir en elle la femme pleine de cœur et
de sens qui se montre dans les lettres la protectrice éclairée des
savants, la princesse tolérante en matière de religion en un temps où
il n'y avait pas de tolérance, enfin celle qui, entourée de toutes
grandeurs, a dit d'elle-même qu'_elle avoit porté plus que son faix de
l'ennui commun à toute créature bien née_.»