le confesse: il est embarrassé.
Argelès-Gazost (Hautes-Pyrénées), jeudi.
Mon cher confrère,
Vous voulez bien me demander où je passe mes vacances?
--Comme tous les ans, à Argelès où je trouve la montagne et la
tranquillité.
Si je travaille ou si je m’amuse?
--L’un et l’autre: c’est-à-dire que je ne travaille qu’à des choses qui
m’amusent, ou du moins, m’intéressent. Je termine un volume de vers,
qui paraîtra en novembre et je retouche un drame que j’ai actuellement
en répétitions à la Comédie-Française: _Tristan de Léonois_.
Quant à la troisième question, à savoir si je trouve suffisants les
débouchés ouverts au drame historique et au drame en vers, je suis plus
embarrassé d’y répondre y étant intéressé.
--Je crois cependant que les dramaturges et les poètes n’auraient pas à
se plaindre si l’Odéon faisait son devoir. Mais il en est si loin!
Reste l’emploi du vers libre dans le drame.
--Je suis convaincu qu’il y peut ajouter un aliment musical très
intéressant et y rompre la monotonie de la forme. Mais je suis encore
intéressé ici, puisque j’ai prêché d’exemple dans _Grisélidis_ et
continué dans _Tristan_.
Croyez, mon cher confrère, à mes sentiments dévoués.
Armand SILVESTRE.