Un écho aux allures mystérieuses annonçait ces jours-ci qu’une
pétition circulait à huis clos dans le monde des lettres, et tendait
à l’annulation ou à la révision du légendaire _Décret de Moscou_ qui
régit l’administration de la Comédie-Française depuis 1812. Notre
confrère ajoutait, tout aussi mystérieusement, que le promoteur de
cette pétition était un député influent qui, dernièrement, avait
lui-même attaché le grelot à la Chambre.
Une enquête était tout indiquée; je l’ai faite, et en voici le
résultat.
Le «grelot» a été agité au Palais-Bourbon lors de la discussion sur
l’interdiction de _Thermidor_, et le député influent qui l’a mis en
branle est M. Clémenceau. Le cheval de bataille des pétitionnaires
est l’abolition du fameux comité de lecture du Théâtre-Français; les
questions subsidiaires sont les relations de l’art et de l’État, le
principe des subventions, etc., etc.
J’avais appris que deux des signataires de la pétition étaient M. de
Goncourt et M. Henry Becque. Pourquoi avaient-ils signé?