LE CONNÉTABLE DE BOURBON EN ITALIE.--SAC DE ROME PAR LES
HUGUENOTS.--CALVIN ET LA DUCHESSE D'ÉTAMPES.
1526-1527.
Aucune popularité ne fut comparable à celle du connétable de Bourbon
parmi les gens d'armes, les aventureux de toutes nations et les
soldats de tous camps, malgré le discrédit qu'on avait voulu jeter sur
sa personne par sa défection: la gloire qu'il avait acquise à Pavie
n'était pas la seule cause de cette popularité, il la devait encore à
ce caractère hardi, batailleur, un peu sans foi ni loi, qui plaisait
tant aux soudards et compagnons de guerre au moyen-âge: les Espagnols
eux-mêmes chantaient sous la tente le connétable de Bourbon:
Calla, calla, Julio Cesar, Annibal, Scipion,
Viva la fama de Borbon[194].
[194]
«Ne parlez plus de César, d'Annibal, de Scipion,
Vive la renommée de Bourbon.»
La chanson des gens d'armes sur le duc de Bourbon
retentissait dans les batailles, comme celle de Rolland parmi les
preux:
Louange à Dieu qui donne la victoire
Belle à César[195] par le duc de Bourbon;
Noble Bourbon, puis mil ans telle gloire
Ne acquit quelqu'un que ton bruit et renom
Par tel façon a érigé ton nom
A toujours, mais, n'est besoin en douter,
Tu as dompté superbe nation
Qui prétendait le monde surmonter[196].
[195] Charles-Quint.
[196] Pièce conservée à la Bibliothèque de l'Arsenal, et publiée
dans le _Bulletin des Bibliophiles_, 1853-1858, p. 732.
Ce chant faisait allusion à la bataille de Pavie et à la gloire que le
duc de Bourbon y avait acquise; on put bien faire des légendes en
France sur les dédains dont le connétable fut entouré en Espagne: nul
grand de Castille ne lui tourna le dos, nul ne brûla sa maison après
que le connétable l'avait habitée; nobles fables pour réchauffer le
dévoûment des gentilshommes au roi de France. La renommée de Bourbon
pouvait inspirer jalousie, jamais un tel dédain; sa place, au reste,
était au milieu des reîtres et des lansquenets que lui amenait
d'Allemagne, Fronsberg, plus mécréant encore que Bourbon, et à son
côté le prince d'Orange, tout épris de la gloire des aventuriers.
A la tête de cette armée moitié allemande et flamande, moitié
aragonaise, le corps espagnol surtout était mécontent, car il n'était
pas payé; les soldats disaient dans leur rodomontades: _que si no les
pagavan, revolverian todo el mondo: y por mostrar en la obro sus
intenciones sacquevavan y robovan todo_[197]. Le connétable, avec une
merveilleuse activité pour les satisfaire, faisait des emprunts,
imposait les populations et mettait ainsi au courant leur solde. Il
leur promettait surtout le pillage de l'Italie: de belles villes à
dépouiller, les trésors des églises, les sous d'or de la bourgeoise
commerçante[198]; «et tous ces braves gens comme dit Brantôme en
étaient ravis de joie.» Si les Espagnols pouvaient se faire quelques
scrupules sur une expédition contre le pape et les églises, il n'en
était pas ainsi des reîtres et des lansquenets qui pratiquaient les
enseignements de Luther. La réformation en Allemagne était restée bien
peu de temps dans l'état de simple doctrine; elle s'était
transformée en agitation et en guerre violente. C'est le côté par
lequel on n'a pas assez étudié la réformation, quand on veut
s'expliquer les mesures sévères qui furent prises pour la contenir et
la réprimer. Le premier droit d'un gouvernement et d'une société est
de se défendre, et le luthéranisme jetait au milieu du monde la guerre
sociale des paysans et des grandes compagnies glorieusement comprimés
par les Guises.
[197] «Que si on ne les payait, ils retourneraient tout le monde,
et pour montrer leur intention par leurs oeuvres, ils
saccageaient et volaient tout.»
[198] Brantôme, dans l'article _M. de Bourbon_, est fort curieux
à consulter: _La Vie des grands Capitaines_, t. Ier. Ou les
moeurs militaires de cette époque étaient étranges et sans
merci, ou bien Brantôme n'a pas le sens moral.
Le sentiment le plus profond, le plus vivace, j'ai presque dit le plus
brute, au coeur des reîtres, c'était la haine contre le pape et
Rome; cette haine, Luther l'avait suscitée avec une telle persévérance
et une telle rudesse[199] qu'elle était passée dans le corps et dans
les os de tous ces soldats de la réformation, parmi les féodaux
surtout qui considéraient les abbayes et les terres monacales comme
une proie facile offerte à leur avidité: la guerre éternelle entre la
force matérielle et la puissance morale se renouvelait avec une
nouvelle énergie au XVIe siècle.
[199] Voyez mon travail _sur la Réforme et la Ligue_, t. II.
Le type de ces féodaux était toujours Fronsberg, le baron de la
Souabe, qui avait franchement accepté la supériorité militaire du
connétable. Tout glorieux de son passé, Bourbon promettait à
toutes ces bandes noires et grises le sac de Rome, la chute du pape,
la dispersion des cardinaux; il s'engageait à donner à chaque chef de
bons établissements en Italie. L'occasion était toute trouvée;
Charles-Quint lui-même avait des griefs contre le pape, car avec cette
inconstance qui le caractérise, le peuple italien était passé d'un
système à un autre; l'Italie devait son indépendance à l'Empereur et
par son épée elle s'était délivrée des Français et des Suisses; mais
cette épée protectrice, l'Italie capricieuse voulait la briser pour
agir et s'organiser seule, ce qui fut toujours sa pensée, d'autres
diraient son rêve.
Les Vénitiens, le pape, les Florentins, en concluant une alliance bien
fragile contre Charles-Quint, mettaient sur pied une armée _de la
Ligue italienne_[200]. C'était aussi la prétention de ces
souverainetés de s'armer entre elles pour un but commun qu'elles ne
pouvaient atteindre, l'esprit d'unité leur manquant. Ils voulaient
former une armée italienne, se grouper par des ligues nationales;
presque aussitôt la faiblesse des moyens, la division des chefs
amenaient la dissolution de cette armée.
[200] Guicchardin, liv. XVI et XVII. L'historien Guicchardin
commandait comme capitaine dans l'armée de la _Ligue italienne_,
dont cependant il reconnaît la faiblesse.
Cette ligue italienne, le connétable s'était chargé de la combattre et
de la vaincre; à cet effet, il avait lancé ses Allemands et ses
Espagnols sur le centre même de l'Italie; ses lieutenants,
Fronsberg[201] et le prince d'Orange[202], tous deux braves
aventuriers, le secondaient de tous leurs moyens: La ligue italienne
fut bientôt dispersée; le connétable et ses deux lieutenants
envahirent les légations romaines, Ferrare se rendit aux lansquenets.
Là, mourut le gros capitaine Fronsberg dans une orgie huguenote, en
avalant une grande coupe de vin dans un calice: c'était pourtant un
rude homme, à la taille haute, aux larges épaules, à la figure épaisse
et enluminée; nul ne connaissait mieux le langage de guerre qui
convenait à ses soudarts; le connétable donna de grands regrets à
Fronsberg; puis il dit aux lansquenets, «ne suis-je pas un pauvre sire
comme lui, sans bien ni terre, et ne me faut-il pas gagner ville et
état?»
[201] La vie du capitaine Fronsberg a été publiée en latin, par
Adam Reissner, Francfort, 1568, in-fo, et traduite en allemand,
1595, in-fo; le capitaine laissa un fils, Gaspard Fronsberg, qui
fut aussi chef d'un corps de lansquenets.
[202] Brantôme a consacré un article au _prince d'Orange_.
Rome se levait devant les aventuriers avec ses richesses infinies: il
y avait alors une opinion répandue, c'est que Rome avait hérité des
trésors du vieux monde, opinion qu'on voit se répandre dès le Ve
siècle chez les Goths, les Vandales et après la chute de
Constantinople, ces richesses avaient dû s'accroître. On disait que
des tonnes d'or étaient enfouies dans les caveaux des basiliques; tout
était riche à Rome: reliquaires, vases sacrés, chandeliers, ornements
des autels, chappes et tiares; les mécréants se faisaient joie de ces
profanations, et ils saluèrent Rome de leur chant de guerre, de leurs
clameurs de victoire[203].
[203] «Laissez faire, compagnons, je vous mène en un lieu où vous
serez tous riches.» (Paroles du Connétable.)
Presqu'aussitôt, l'assaut fut donné par les deux côtés des vastes
murailles, qui s'étendaient sur un espace de près de cinq lieues,
assaut terrible, bravement soutenu et fortement accompli. Un coup
d'arquebuse frappa le connétable en pleine poitrine, et il tomba,
blessé à mort. S'il faut en croire l'artiste un peu hableur, Benvenuto
Cellini,[204] ce fut lui qui lança ce grand coup: il ne faut pas en
vouloir aux artistes fantasques de ces petits mensonges, de ces
vanteries fréquentes; leur imagination travaille ardemment; elle
charpente avec naïveté un roman dont ils se croient les héros et qui
devient pour eux de bonne foi, la vérité absolue. La mort glorieuse du
connétable de Bourbon fit une impression profonde de tristesse et de
colère parmi les bandes d'aventuriers; en langue espagnole ou
allemande ils poussaient ces cris sauvages: «Il faut venger Bourbon
par la chair et le sang»[205].
[204] _Mémoires de Benvenuto Cellini_, liv. III.
[205] _Carne! carne! Sangre! sangre! Cierra! cierra! Bourbon!
Bourbon!_ Ils ajoutaient ces mots sauvages dans leur mauvais
idiome d'espagnol-flamand: _Hasta a non hartaze_: Il faut tuer
sans être jamais rassasiés.
Un chant de geste et de guerre demeura longtemps parmi les
aventuriers, en souvenir de la mort du connétable, leur chef
bien-aimé.
Quand le bon prince d'Orange
Vist Bourbon qui était mort,
Criant: Saint Nicolas!
Il est mort, saincte Barbe!
Jamais plus ne dist mot,
A Dieu rendit son ame.
Sonnez, sonnez, trompette.
Sonnez tous à l'assaut,
Approchez vos engins,
Abbattez les murailles
Tous les biens des Romains
Je vous donne au pillage[206].
[206] Ce chant a été conservé dans la _Collection Fontanieu_. Le
prince d'Orange dont il est tant parlé par Brantôme, était
Philibert de Chalons, né en 1502; il mourut au siége de Florence,
en 1530.
Cet ordre fut cruellement exécuté. La description que fait Brantôme du
sac de Rome par les lansquenets et les volontaires espagnols, soulève
de tristes réflexions sur les moeurs des gens de guerre de cette
époque, que plus tard Callot a dessinés. Il y a sans doute un peu
d'exagération dans le récit du sire de Bourdeille qui n'était pas
témoin oculaire des faits qu'il raconte par ouï dire: Brantôme n'était
pas au siége de Rome; mais il avait écouté, entendu ce récit de la
bouche même de quelques-uns de ces soudards, compagnons d'armes de sa
jeunesse; le souvenir en était resté en sa mémoire: «Rome vaincue, dit
Brantôme, ils se mirent à tuer, desrober, tuer et violer femmes sans
tenir aucun respect ni à l'âge ni à dignité, sans respecter les
saintes reliques des temples, ni les vierges, ni les moniales, jusques
là que leur cruauté ne s'estendit pas seulement sur les personnes,
mais encore sur les marbres et antiques statues: les lansquenets qui
étaient imbus de la nouvelle religion, s'habillaient en cardinaux, en
evêsques en leurs habits pontificaux et se promenaient ainsi parmi la
ville, au lieu d'estaffier, fesaient ainsi marcher ces pauvres
éclesiastiques, à côté ou en devant en habits de laquais, les uns les
assommaient de coups, les autres se contentaient de leur donner des
horions, les autres se moquaient d'eux et en tiraient des risées en
les habillant en bouffons et maltassins; les uns leur levaient les
queues de leur chappes en fesant leur procession par la ville et
disant les litanies; bref ce fut un vilain scandale.»
Brantôme ajoute comme un souvenir: «Les huguenots en nos guerres en
ont bien fait autant et mesme à la prise de Cahors, car, tant que dura
leur séjour, les palefreniers tous les matins et soirs qui allaient
abreuver leurs chevaux, s'habillaient de chapes des églises qu'ils
avaient prises et montés sur leurs chevaux, allaient en l'abreuvoir et
entournaient ainsi vestus en chantant les litanies et un qui avait
trouvé la mitre allait derrière fesant l'office de l'évêque.[207]» Je
rapporte ce passage de Brantôme, pour expliquer et justifier les
réactions populaires contre les calvinistes.
[207] Brantôme, _Grands Capitaines_, article _M. de Bourbon_.
Il serait impossible de suivre plus loin les récits trop naïfs du sire
de Bourdeille, dans la description du sac de Rome par les lansquenets
et les compagnies d'aventuriers espagnols; Brantôme ne s'épargne
pas la licence des tableaux et la franchise des expressions. L'opinion
qu'il a des dames romaines (comtesses, marquises, baronesses), est un
peu conforme à sa manière de conter les galanteries des dames à la
cour de Henri II et de Charles IX. Il faut prendre Brantôme comme un
charmant hableur, une espèce de Boccace français qui lance un peu au
hasard des noms propres à côté des récits de galanterie souvent
inventés; il les conte si bien, avec tant de naturel, qu'on ne
distingue pas ses imaginations de la vérité, et qu'on se laisse
doucement bercer par ses agréables aventures.
Pendant le sac de Rome, la dévastation des basiliques, le saccagement
de la tombe des Apôtres[208], par les reitres plus cruels que les Huns
et les Alains, le pape et les cardinaux s'étaient réfugiés au château
Saint-Ange, où ils subirent un siége régulier; du haut de cette vaste
tour (le Môle d'Adrien), ils purent contempler ces processions
moqueuses, dans lesquelles les Huguenots, montés sur des ânes,
transportaient les reliques et même le pain consacré. Les
prédications de Luther avaient préparé ces excès de la soldatesque
allemande.
[208] Aussi les soldats espagnols, qui ne conservaient rien de
toutes ces richesses, disaient que: _el diablo les avia dado el
diablo les avia il evado_.
L'empereur Charles-Quint, tout en désavouant le sac de Rome, n'en
faisait pas moins assiéger le souverain pontife dans le château
Saint-Ange, et le forçait à se rendre prisonnier en l'environnant de
respect, et en s'agenouillant devant lui; l'empereur aimait les grands
captifs. Il mêlait un respect affecté à sa politique d'invasion et de
conquête; c'était sa seule hypocrisie.
Pour rester juste et impartial, il faut dire que les opinions de la
Réforme s'étaient produites, en majorité jusqu'ici en France, dans des
conditions plus calmes, plus modérées que les jacqueries luthériennes
de l'Allemagne. Ces opinions purent mériter la protection de
mademoiselle d'Heilly (la duchesse d'Étampes), comme elles avaient
trouvé des partisans dans les classes scientifiques et universitaires.
Le calvinisme, quoique plus hardi, plus dessiné comme doctrine, avait
quelque chose de plus doux dans la parole et dans l'expression.
Calvin, né à Noyon, loin de lutter contre la puissance royale,
s'adressait à elle dans les formes les plus obséquieuses, pour
demander sa protection; il dédiait à François Ier ses livres et
ses oeuvres[209]. Calvin avait pour protectrice avouée Marguerite de
Valois (depuis duchesse d'Alençon), cette tendre soeur du roi, puis
madame Marie de France, duchesse de Ferrare[210] et enfin la duchesse
d'Étampes, toute puissante à la cour de François Ier.
Ce fut sur les instances de la maîtresse bien-aimée de François Ier,
que Clément Marot traduisit les psaumes en français, que le soir on
récitait dans le Pré-au-Clerc, ce beau rendez-vous de la cour[211].
Qu'on se représente au delà de la Seine, les prés fleuris en face du
Louvre, ombragés de grands arbres et s'étendant jusqu'au village de
Grenelle. L'université avait là ses jardins, ses allées, ses vergers
en espaliers, sa fruiterie, et ses beaux treillis de vigne. Le soir,
le Pré-au-Clerc retentissait d'une douce musique qui accompagnait les
psaumes de David: chacun y mettait son air favori, et la popularité de
l'oeuvre de Marot fut si grande, que le roi en accepta enfin la
dédicace:
Puisque voulez que je poursuive, ô Sire,
L'oeuvre royale du psautier commencé,
Et que tous ceux aimant Dieu le désire,
D'y besogner m'y tient tout disposé;
S'en sente donc qui voudra offensé;
Car ceux à qui un tel bien ne peut plaire
Doivent penser, si jà ne l'ont pensé,
Qu'en vous plaisant me plaît de leur déplaire[212].
[209] Le livre capital de Calvin, _L'Institution chrétienne_, est
dédié à François Ier.
[210] Soeur de Louis XII.
[211] Les catholiques attaquant ces psaumes en vers, les
appelaient des _chansons_. Voyez le petit livre: _Contrepoison
des cinquante-deux chansons de Clément Marot, faussement
intitulées par lui Psaumes de David_, Paris, 1560.
[212] La traduction des psaumes de David par Clément Marot,
complétée par Théodore de Bèze, fut le texte chanté dans les
églises calvinistes pendant le XVIe siècle; Conrard en a donné
une version plus moderne, que plusieurs églises calvinistes
chantent encore aujourd'hui.
Ainsi le Roi lui-même commandait cette traduction des psaumes que
l'Église condamnait: ce fut par la duchesse d'Étampes, que Clément
Marot obtint toutes les grâces de la cour; esprit fantasque, exigeant,
tapageur, plus d'une fois le poëte avait eu des démêlés avec la
justice; ses vers sur le Châtelet le constatent.
Les ennemis, que Marot dénonçait dans ses jeux de mots versifiés,
étaient les catholiques ardents, les docteurs de la Sorbonne, les
magistrats des cours de justice qui maintenaient les principes de la
vieille société. Ce parti avait pour expression Diane de Poitiers,
unie intimement aux Guise, la rivale de la duchesse d'Étampes, esprit
politique qui voulait défendre les lois antiques de la chevalerie et
de la société du moyen-âge.
On était, en effet, à une époque de transition scientifique; le
moyen-âge s'affaiblissait, l'esprit de la chevalerie était son dernier
souffle jeté sur le siècle de François Ier: sa guerre civile, les
dissentions universitaires allaient se substituer aux belles joutes et
aux tournois; et la preuve que ce vieil esprit s'en allait, ce fut la
façon presque ridicule, dont se termina le grand cartel envoyé par
Charles-Quint à François Ier!