(Code autr., § 122; Projet, § 189; Code allemand, § 174).
La conservation de la pureté morale de la vie de famille est due au
développement de la civilisation; chez l'homme civilisé qui est encore
intact au point de vue éthique, un sentiment pénible se fait toujours
sentir quand il lui vient une idée libidineuse concernant un membre de
sa famille. Une sensualité très puissante jointe à des idées morales
et juridiques très défectueuses est seule capable d'amener un individu
à l'inceste.
Ces deux conditions peuvent se rencontrer dans des familles chargées
de tares. L'ivrognerie et l'ivresse chez les individus du sexe
masculin, l'idiotie qui a arrêté le développement de la pudeur et
qui, selon les circonstances, se trouve alliée à l'érotisme chez des
individus de sexe féminin, sont les éléments qui facilitent les actes
incestueux. Les conditions extérieures qui facilitent le développement
de cette aberration sont la promiscuité des sexes dons les familles
prolétaires.
Nous avons rencontré l'inceste comme phénomène certainement
pathologique dans des cas de débilité mentale congénitale ou acquises,
puis dans des cas isolés d'épilepsie et de paranoïa.
Dans un grand nombre de cas, la majorité peut-être, on ne peut
cependant pas montrer les causes pathologiques d'un acte qui non
seulement offense les liens du sang, mais aussi les sentiments de
toute population civilisée. Dans bien des cas pourtant, qui sont
rapportés dans les publications spéciales, on peut, pour l'honneur de
l'humanité, supposer un fondement psychopathique.
Dans le cas de Feldtmann (_Marc-Ideber_, I, p. 15) un père a commis
des attentats aux moeurs répétés sur sa fille adulte, et finalement
l'a tuée. Ce père dénaturé était atteint d'imbécillité et probablement
aussi de troubles cérébraux périodiques. Dans un autre cas d'inceste
entre père et fille (_loc. cit._, p. 244), c'était cette dernière
qui était idiote. Lombroso _(Archiv. di Psichiatria_, VIII, p. 519)
rapporte le cas d'un paysan âgé de quarante-deux ans qui fit l'inceste
avec ses filles âgées de vingt-deux ans, de dix-neuf et de onze ans,
qui força même sa fille de onze ans à la prostitution, et la visitait
au bordel. L'examen médico-légal a fait constater des tares, de
l'imbécillité intellectuelle et morale, du _potatorium_.
Les cas comme celui qui a été rapproché par Schuermayer (_Deutsche
Zeitschr. für Staatsarzneikunde_, XXII, fasc. 1) n'ont pas été
analysés au point de vue psychique. Dans le cas en question, une femme
a mis sur son ventre son fils âgé de cinq ans et demi et l'a violé.
Dans un autre cas rapporté par Lafarque (_Journ. de méd. de Bordeaux_,
1877), une fille de dix-sept ans a pris sur elle son frère âgé de
treize ans, a procédé à la _membrorum conjunctionem_ et l'a masturbé.
Les cas suivants concernent des individus chargés de tares. Magnan
(_Ann. méd.-psych._, 1885) fait mention d'une demoiselle de vingt-neuf
ans qui, indifférente aux autres enfants et aux hommes, souffrait
beaucoup à la vue de ses neveux, et ne pouvait résister à l'impulsion
de cohabiter avec eux. Mais cette _pica_ sexuelle ne subsista que tant
que ses neveux furent tout jeunes.
Legrand (_Ann. méd.-psych._, 1876, mai) fait mention d'une jeune fille
de quinze ans qui avait entraîné son frère à toutes sortes d'excès
sexuels; quand après deux années de rapports incestueux le frère est
mort, elle fit une tentative d'assassinat sur un parent. Dans le
même endroit on trouve rapporté le cas d'une femme mariée, âgée de
trente-six ans, qui laissait pendre par la fenêtre ses seins nus et
qui faisait de l'inceste avec son frère âgé de dix-huit ans; il cite
ensuite une mère âgée de trente-neuf ans qui faisait de l'inceste
avec son fils dont elle était amoureuse à en mourir et qui, devenue
enceinte de lui, provoqua un avortement.
Nous savons par Casper que, dans les grandes villes, des mères
perverties éduquent leurs petites filles d'une façon abominable pour
les préparer aux usages sexuels des débauchés. Cet acte criminel
rentre dans une autre catégorie.