ÉPILEPSIE

Il faut ajouter aux maladies dont nous venons de parler l'épilepsie,

qui est souvent une cause d'affaiblissement psychique et qui peut

donner naissance à tous les faits de satisfaction sexuelle brutale

dont nous venons de parler.

D'ailleurs, chez beaucoup d'épileptiques, l'instinct génital est très

vif. Dans la plupart des cas, il est satisfait par la masturbation,

parfois par des actes obscènes avec des enfants, par la pédérastie. La

perversion de l'instinct suivie d'actes sexuels pervers ne semble se

rencontrer que rarement.

De beaucoup plus importants sont les cas,--qu'on cite de plus en plus

fréquemment dans les ouvrages spéciaux,--les cas dans lesquels les

épileptiques ne présentent pendant certains intervalles aucun

symptôme de sexualité excessive, mais seulement au moment des accès

épileptiques, quand ils sont dans un état d'exception psychique

équivalent ou post-épileptique.

Ces cas ont été jusqu'ici à peine analysés au point de vue clinique,

et nullement au point de vue médico-légal; ils méritent pourtant une

étude approfondie, car on pourrait ainsi mieux juger certains actes

contre la morale et certains viols, et éviter par ce moyen certains

arrêts injustes des tribunaux.

Les faits suivants feront clairement ressortir que les altérations

du cerveau, qui se produisent à la suite des affections épileptiques,

peuvent occasionner une excitation morbide de la vie sexuelle[99].

[Note 99: Arndt (_Lehrbuch. d. Psych._, p. 140), relève

particulièrement l'état de rut qui existe chez les épileptiques. «J'ai

connu des épileptiques qui se sont enflammés de la passion la plus

sensuelle pour leur propre mère et d'autres qui étaient suspectés par

leur père d'avoir des rapports sexuels avec leur mère.» Mais Arndt est

dans l'erreur quand il prétend que partout où il y a une vie sexuelle

anormale, il faut supposer l'existence d'un élément épileptique.]

De plus, dans les états d'exception psychique, l'épileptique a les

sens troublés et se trouve sans résistance contre ses impulsions

sexuelles.

Depuis des années, je vois un jeune épileptique, très taré, qui,

toutes les fois qu'il a eu des accès réitérés, s'élance sur sa mère

et veut la stuprer. Le malade reprend ses sens après un certain

temps, mais avec amnésie pour les faits qui se sont passés. Dans les

intervalles, c'est un homme d'une moralité sévère et qui n'a pas de

besoins sexuels.

Il y a quelques années, j'ai connu un valet de ferme qui, au moment

de ses accès épileptiques, se livrait à une masturbation effrénée.

Pendant les intervalles, sa conduite était irréprochable.

Simon (_Crimes et délits_, p. 220), fait mention d'une fille

épileptique de vingt-trois ans, de la meilleure éducation et d'une

moralité des plus sévères, qui, dans l'attaque de vertige, murmure

quelques paroles obscènes, soulève ensuite ses jupons, fait des

mouvements lascifs et cherche à déchirer son pantalon fermé.

Kiernan (_Alienist und Neurologiste_, janvier 1884) raconte qu'un

épileptique avait toujours comme _aura_ de ses accès la vision d'une

belle femme en position lascive et qu'il en avait de l'éjaculation.

Après des années et à la suite d'un traitement bromuré, cette vision a

été remplacée par celle d'un diable qui l'attaque avec un trident. Au

moment où celui-ci l'atteint, il perd conscience.

Le même auteur fait mention d'un homme très respectable qui avait deux

à trois fois par an des accès épileptiques suivis de rage dysthymique

et des impulsions à la pédérastie qui duraient huit à quinze jours;

il parle ensuite d'une dame qui, à la ménopause, avait des accès

épileptiques avec des impulsions sexuelles pour un garçon.

OBSERVATION 150.--W..., sans tare, autrefois sain,

intellectuellement normal, tranquille, bon, de moeurs

décentes, non adonné à la boisson, manqua d'appétit le 13

avril 1877. Le 14 au matin, en présence de sa femme et de ses

enfants, il se leva brusquement de son siège, s'élança sur une

amie de sa femme, la conjura et conjura sa femme ensuite de

lui accorder le coït. Repoussé, il fut atteint immédiatement

d'une crise épileptiforme, à la suite de laquelle il se mit à

rager, cassant ce qu'il trouvait, jetant de l'eau bouillante

à ceux qui voulaient l'approcher et jetant un enfant dans le

foyer. Bientôt après il devint calme, resta troublé pendant

quelques jours encore et recouvrit ensuite ses sens mais

avec une amnésie complète pour tout ce qui s'était passé

(Howalewsky, _Jahrbuescher f. Psych._, 1879).

Un autre cas étudié par Casper (_Klin. Novellen_, p. 267) dans lequel

un homme ordinairement très convenable, attaqua à peu d'intervalle

quatre femmes dans la rue (une fois même devant deux témoins) et en

viola une, quoique son épouse, jeune, jolie et saine, habitât tout

près,--peut être aussi rattaché à une épilepsie larvée, d'autant plus

que l'individu en question avait de l'amnésie de ses actes scandaleux.

La nature épileptique des actes sexuels est incontestable et claire

dans les observations suivantes.

OBSERVATION 151.--L..., fonctionnaire, quarante ans, époux

affectueux, bon père, commit, en quatre années, vingt-cinq

délits graves contre les moeurs pour lesquels il eut à

purger des peines d'emprisonnement d'assez longue durée.

Comme premier chef, il était accusé d'avoir, en passant à

cheval, mis à nu ses parties génitales devant des filles de

onze à treize ans et attiré l'attention de celles-ci par

des paroles obscènes. Même étant en prison, il s'est

montré(_genitalibus denudatis_) à la fenêtre qui donnait sur

une promenade très fréquentée.

Le père de L... était un aliéné, le frère de L... a été un

jour rencontré dans la rue, vêtu seulement d'une chemise.

Pendant son service militaire, L... eut deux fois des syncopes

très graves. Depuis 1859, il souffrait d'étranges accès de

vertige qui devenaient de plus en plus fréquents; il devenait

alors tout faible, tremblait de tout son corps, devenait d'une

pâleur de mort; un voile obscurcissait ses yeux, il voyait de

petites étincelles scintiller; il était obligé de s'appuyer

pour ne pas tomber. Après des attaques plus violentes, grande

fatigue et sueurs profuses.

Depuis 1861, grande irascibilité qui attirait des blâmes

sévères à ce fonctionnaire dont on avait toujours à se louer

dans le service. Sa femme le trouvait changé: il y avait des

jours où il se démenait comme un fou à la maison, se tenait la

tête entre les mains, la cognait contre le mur et se plaignait

de maux de tête. Pendant l'été de 1869, le malade est tombé

quatre fois par terre, restant engourdi et les yeux ouverts.

On a constaté aussi des états de crépuscule intellectuel.

L... prétend ne rien savoir des délits qu'on lui reproche.

L'observation a fait constater d'autres accès plus violents de

_vertigo epileptica_. L... n'a pas été condamné. En 1875,

il s'est développé chez lui une _dementia paralytica_ qui se

dénoua bientôt par la mort. (Westphal, _Archiv f. Psych._,

VII, p. 113).

OBSERVATION 152.--Un homme de vingt-six ans, ayant de la

fortune, vivait depuis un an avec une fille qu'il aimait

beaucoup. Il faisait le coït rarement, ne se montrait jamais

pervers. Pendant cette année, il a eu deux fois, après des

excès alcooliques, des crises épileptiques. Le soir, après

un dîner où il avait bu beaucoup de vin, il alla dans

l'appartement de sa maîtresse, entra d'un pas ferme dans la

chambre à coucher bien que la fille de chambre lui eût dit

que sa maîtresse était sortie. De là il alla dans une autre

chambre où un garçon de quatorze ans dormait: il se mit à le

violer. Aux cris du garçon qu'il avait blessé au prépuce et à

la main, la bonne accourut. Alors le malade laissa le garçon

et fit violence à la bonne. Il se coucha ensuite et dormit

pendant douze heures. En se réveillant, il ne se rappelait que

sommairement de son ivresse et du coït. Plus tard, il a eu à

plusieurs reprises des crises épileptiques. (Tarnowsky, _op.

cit._, p. 52).

OBSERVATION 153.--X..., homme du meilleur monde, mène

depuis quelque temps une vie très dissolue et a des attaques

d'épilepsie. Il se fiance ensuite. Le jour fixé pour le

mariage, peu de temps avant la cérémonie nuptiale, il paraît

au bras de son frère dans la salle remplie d'invités pour

la noce. Arrivé devant sa fiancée, _denudat coram publico

genitalia et masturbare incipit_. On l'amène immédiatement

dans une clinique psychiatrique; en route il se masturbe sans

cesse et il est encore, pendant quelques jours en proie à

cette tentation. Le paroxysme passé, le malade n'avait qu'un

souvenir très vague des incidents qui venaient de se passer,

et il ne put donner aucune explication de sa manière d'agir.

(_Le même._)

OBSERVATION 154.--Z..., vingt-sept ans, très chargé de tares

héréditaires, épileptique, viole une fille de onze ans et

la tue ensuite. Il nie le fait. Amnésie. L'état d'exception

psychique au moment du crime n'a pas été démontré. (Pugliese,

_Arch. di Psich._, VIII, p. 622.)

OBSERVATION 155.--V..., soixante ans, médecin, a commis des

actes obscènes avec des enfants; il a été condamné à deux ans

de prison. Le docteur Marandon a constaté plus tard des

accès de peur épileptoïdes, démence, délire érotique et

hypocondriaque par moments, accès d'angoisse. (Lacassagne,

_Lyon médical_, 1887, nº 51.)

OBSERVATION 156.--Le 4 août 1878, la fille H..., âgée de

presque quinze ans, cueillait, en compagnie de plusieurs

petites filles et petits garçons, des groseilles sur la route

publique. Tout d'un coup, H... terrassa la petite L..., âgée

de neuf ans et demi, la dénuda, la tint ferme et invita A...

âgé de sept ans et demi et O... âgé de cinq ans à exécuter une

_conjunctio membrorum_ avec la fille, ce que ces deux petits

garçons firent réellement.

H... avait une bonne réputation. Depuis cinq ans elle

souffrait d'irritabilité nerveuse, de maux de tête, de

vertiges, d'accès épileptiques et s'était arrêtée dans son

développement physique et intellectuel. Elle n'est pas encore

menstruée, mais elle présente le _molimen menstruale_. Sa

mère est suspectée d'épilepsie. Depuis trois mois, H... avait

souvent, après ses accès, fait des choses de travers sans en

avoir souvenance.

H... paraît déflorée. Elle ne présente pas de défectuosités

intellectuelles. Elle déclare ne rien savoir de l'acte dont on

l'accuse.

D'après le témoignage de sa mère, elle avait eu le matin du

4 août un accès épileptique et sa mère lui avait, pour cette

raison, donné l'ordre de ne pas quitter la maison. (Purkhauer,

_Friedreichs Blætter f. ger. Med._, 1879, II. 3.)

OBSERVATION 157. (_Actes d'impudicité en état d'inconscience

morbide chez un épileptique_).--T..., percepteur d'impôts,

cinquante-deux ans, marié, est accusé d'avoir pratiqué depuis

dix-sept ans des actes d'impudicité avec des garçons en les

masturbant ou en se faisant masturber par eux. L'accusé,

un fonctionnaire jouissant de la plus grande estime, est

consterné de cette accusation terrible, et prétend ne savoir

absolument rien des actes qu'on lui impute. Son intégrité

mentale paraît douteuse. Son médecin particulier, qui le

connaît depuis vingt ans, fait remarquer le caractère sombre

et renfermé de T..., ainsi que ses fréquents changements

d'humeur.

Mme T..., de son côté, rapporte que son mari a voulu un jour

la jeter à l'eau, qu'il avait de temps en temps des accès

pendant lesquels il arrachait ses vêtements et voulait se

jeter par la fenêtre. T... ne sait rien non plus de ces faits.

D'autres témoins aussi rapportent des changements d'humeur

surprenants et des bizarreries de caractère de l'inculpé. Un

médecin prétend avoir constaté chez lui par moments des accès

de vertige.

La grand'mère de T... était une aliénée, son père était tombé

dans l'alcoolisme chronique et avait, dans ses dernières

années, des accès épileptiformes; le frère de ce dernier était

un aliéné qui, dans un accès de délire, avait tué un parent.

Un autre oncle de T... s'est suicidé. Des trois enfants de

T.... l'un était idiot, un autre louchait, et le troisième

a souffert de convulsions. L'accusé déclare avoir eu, par

moments, des accès pendant lesquels sa conscience s'était

troublée, de sorte qu'il ne savait plus ce qu'il faisait. Ces

accès étaient précédés d'une douleur en forme d'aura dans

la nuque. Il éprouvait alors le besoin de respirer de l'air

frais. Il ne savait pas où il allait. Sa femme le satisfaisait

bien sexuellement. Depuis dix-huit ans il a un eczéma

chronique au scrotum (ce fait a été prouvé) qui lui cause une

excitation sexuelle extraordinaire. Les avis des six médecins

étaient contradictoires (facultés mentales intactes--accès

d'épilepsie larvée); les voix des jurés furent partagées, de

sorte qu'il y eut acquittement. Le docteur Legrand du Saulle,

appelé comme expert, constata que jusqu'à l'âge de vingt-deux

ans T... avait chaque année uriné dix à dix-huit fois dans le

lit. Après cette époque l'incontinence nocturne avait cessé,

mais depuis il y avait des heures pendant lesquelles

l'esprit de T... était voilé et il avait de temps en temps de

l'amnésie. Bientôt après T... fut de nouveau poursuivi pour

outrage aux moeurs commis en public; cette fois, il fut

condamné à quinze mois de prison. En prison il était toujours

malade et ses facultés mentales s'affaiblissaient à vue

d'oeil. Pour ce motif il fut gracié, mais sa faiblesse

mentale progressait de plus en plus. À plusieurs reprises on

constata chez lui des accès épileptiformes (crampes toniques

avec perte de la conscience et tremblements). (Auzouy, _Annal.

méd.-psychol._, 1874, novembre; Legrand du Saulle, _Étude

méd.-légales_, etc., p. 99.)

Nous allons clore cette énumération si importante au point de vue

médico-légal par le cas suivant d'un délit de moeurs commis avec

des enfants, cas que l'auteur a personnellement observé et ensuite

rapporté dans _Friedreichs Blætter_[100].

[Note 100: Comparez encore Liman: _Zweifelhafte Geistessustaende_,

cas 6; le travail de Lasègue sur les exhibitionnistes (_Union méd._,

1871); Ball et Chamburd, _Somnambulisme_ (_Dict. des sciences méd._,

1881).]

Le cas est d'autant plus curieux qu'on a pu établir avec certitude

qu'au moment de l'acte, il y avait inconscience épileptique et

que--ainsi qu'il ressort des _species facti_ donnés en latin pour des

raisons qu'on comprendra,--les procédés de raffinement sont pourtant

possibles dans cet état.

OBSERVATION 158.--P..., quarante-neuf ans, marié, interne d'un

hospice, est accusé d'avoir, le 25 mai 1883, commis dans

sa chambre les horribles délits de moeurs suivants sur la

personne de la petite D..., âgée de dix ans, et sur la petite

G..., âgée de neuf ans.

Voici la déposition de la petite D.:

J'étais avec G..., et ma petite soeur J..., âgée de trois

ans, dans le pré. P..., nous appela dans sa chambre de travail

et en ferma la porte aux verrous. _Tum nos exosculabatur,

linguam in os meum demittere tentabat, faciem que mihi

lambebat; sustulit me in gremium, bracas aperuit, vestes meas

sublevavit, digitis me in genitalibus titillabat et membro

vulvam meam fricabat ita ut humidam fierem._ Lorsque je criai,

il me donna douze kreutzers et me menaça de me tuer d'un

coup de fusil si je disais un mot de ce qui s'était passé.

Finalement il m'invita à revenir le lendemain.

Voici la déposition de la petite G.:

_P., nates et genitalia D..., se exosculatus, iisdem me

conatibus aggresus est. Deinde filiotum quoque tres annos

natum in manus acceptum osculatus est nudatumque parti suæ

virili appressit. Postea quæ nobis essent nomina interrogavit,

ac censuit genitalia D..æ meis multo esse majora. Quia

etiam nos impulit, ut membrum suum intueremur, manibus

comprehenderemus et videremus, quantopere id esset erectum._

Dans son interrogatoire du 29 mai, P..., allègue qu'il ne se

souvient que vaguement d'avoir, il y a peu de temps, caressé

et embrassé des petites filles et leur avoir donné des

cadeaux. S'il a fait autre chose, il ne doit avoir agi ainsi

que dans un état d'irresponsabilité complète. D'ailleurs,

depuis qu'il a fait une chute, il y a plusieurs années, il

souffre de maux de tête. Le 22 juin il ne sait rien des faits

du 25 mai, et il ne se souvient pas plus de son interrogatoire

du 29 mai. Cette amnésie est pleinement confirmée au cours des

débats contradictoires.

P..., est issu d'une famille de cérébraux; un de ses frères

est épileptique. P... était autrefois adonné à la boisson.

Il est exact qu'il a eu une lésion à la tête il y a plusieurs

années. Depuis il eut pendant des intervalles de plusieurs

semaines ou de quelques mois, des accès de troubles mentaux

précédés de morosité, d'irritabilité, un penchant à l'abus

de l'alcool, de l'angoisse, un délire de la persécution qui

allait jusqu'aux menaces dangereuses et aux actes de violence.

En même temps, il avait de l'hyperesthésie acoustique, des

vertiges, des maux de tête, des congestions cérébrales. Tout

cela lui causait un grand trouble d'esprit et une amnésie pour

la période d'accès qui durait souvent des semaines entières.

Dans les intervalles, il souffrait de maux de tête au niveau

de sa blessure (petite cicatrice cutanée à la tempe droite,

douloureuse à la pression). Par l'exacerbation du mal de tête

il devient irrité, morose au point d'être las de la vie; il

a une certaine exaltation du sensorium. En 1879, P..., se

trouvant dans cet état, a commis tout à fait impulsivement

une tentative de suicide, dont il ne se souvenait plus après.

Bientôt après, reçu à l'hôpital, il faisait l'impression d'un

épileptique et fut pendant une période prolongée soumis à un

traitement par le bromure de potassium. Reçu vers la fin de

1879 à l'hospice des infirmes, on n'observa jamais chez lui de

crise épileptique proprement dite.

Dans les intervalles, c'était un brave homme, laborieux et

bon, et qui n'a jamais montré trace d'excitation sexuelle,

même dans son état d'exception; d'ailleurs il eut jusqu'à ces

derniers temps des rapports sexuels avec sa femme. À l'époque

de l'acte incriminé, P... présenta les symptômes d'un accès

imminent et pria le médecin de lui faire donner du bromure de

potassium.

P..., affirme que, depuis sa chute, il ne peut plus supporter

les excès de chaleur ni d'alcool qui lui causent des maux

de tête, et qu'il a tout de suite les sens troublés.

L'observation médicale confirme ses autres assertions

concernant sa faiblesse de mémoire, sa faiblesse d'esprit, son

irascibilité, son mauvais sommeil.

Si l'on exerce une pression vigoureuse sur l'endroit de la

_trauma_, P..., devient congestif, irrité, troublé; alors

il tremble de tout son corps, paraît excité avec trouble des

sens, et reste dans cet état pendant des heures entières.

Dans les moments ou il est exempt de ces sensations dont le

point de départ est toujours la cicatrice, il paraît poli,

expressif, franc, libre, serviable, mais toujours avec des

facultés mentales faibles et un esprit voilé. P..., n'a pas

été condamné. (Rapport détaillé dans _Friedreichs Blætter_.)

Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis avec recherches spéciales sur l'inversion sexuelle · 第 57 / 88 题