L'ordonnateur des lazarets se rendra à Mathariéh, et fera avec
les conservateurs de santé les visites et autres dispositions
nécessaires pour mettre à exécution le présent ordre.
_Signé_ BONAPARTE.
Le 22, l'armée alla coucher au Santon;
Le 23, à Belbéis.
Le 24, séjour, pendant lequel j'adressai une lettre à l'ordonnateur en
chef sur la nécessité de déterminer un mode régulier pour la rentrée des
convalescents de l'épidémie dans leurs corps, où l'on faisait souvent
des difficultés pour les recevoir (nº 240 de ma correspondance). Le
général en chef prit à ce sujet un arrêté qui fut inséré comme
supplément à l'ordre du jour.
L'armée vint camper le 25 à êl-Mark, et l'ordre du jour portait:
«En conséquence de l'arrêté du général en chef du 21 prairial,
concernant les dispositions sanitaires, le citoyen Blanc,
ordonnateur des lazarets, a arrêté que l'armée pourra entrer
demain au Kaire sous les conditions ci-après:
Les officiers de santé des différents corps, le citoyen
Desgenettes, pour le quartier-général, reconnaîtront qu'il n'y a
aucune maladie contagieuse dans les corps, et en adresseront le
certificat ce soir au quartier-général.
Le chef de l'état-major, l'ordonnateur en chef, les généraux de
division, passeront en revue, et ordonneront que tous les effets
turcs et de fabrique de Syrie seront laissés en quarantaine à la
Qoubbéh; chaque corps en fera un paquet.
Le général en chef ordonne la stricte exécution des présentes
dispositions, et en rend les généraux et chefs de corps
responsables.
Tous les hommes qui seraient reconnus malades au quartier
général et dans les divisions d'après la visite des officiers de
santé resteront à la Qoubbéh pour y faire quarantaine.»
_Signé_ ALEX. BERTHIER,
_Général de division, Chef de l'État-Major général._
Je remis le même soir, en exécution de l'ordre précédent, la note
suivante à l'ordonnateur des lazarets (nº 241 de ma correspondance):
Au camp d'êl-Mark, le 25 prairial an VII.
«Le médecin en chef de l'armée déclare au citoyen ordonnateur des
lazarets qu'il a, conformément aux ordres du général en chef du
21 et d'aujourd'hui, constaté l'état de santé des divers
individus composant l'état-major-général, ou se trouvant à sa
suite, et qu'il n'existe parmi eux aucune maladie contagieuse.»
Les autres rapports ayant été également favorables, l'armée rentra au
Kaire le 26.
On a eu lieu de s'assurer en Syrie que les exutoires permanents tels que
les cautères et les sétons; les éruptions cutanées, telles que les
dartres, la gale; les maladies vénériennes, les plaies récentes ou les
ulcères avec une abondante suppuration ne mettaient point à l'abri de
l'épidémie.
Les femmes, les jeunes gens, les enfants même à la mamelle, ont
généralement plus résisté à l'épidémie que les hommes les plus robustes.
Une Alsacienne, épouse d'un guide, qui allaitait son enfant, a fait plus
de soixante lieues derrière la voiture du général en chef, presque
toujours assise entre deux pestiférés, sans qu'il en soit rien résulté
de malheureux.
Il a péri plus de douze à quinze cents chameaux tandis que les ânes ont
parfaitement résisté à la fatigue.
Des bandes de chiens affamés, comme ceux qui dévorèrent Jésabel,
rodaient continuellement autour de nos ambulances: on les vit se jeter
avec avidité sur des cataplasmes qui avaient recouvert des bubons,
manger des chairs charbonnées, se repaître de cadavres de pestiférés,
sans qu'ils aient contracté de maladie; au moins en voyait-on rarement
de morts aux environs de nos établissements.
J'ai oublié de dire que l'on a tiré un grand parti des oignons de scille
cuits et appliqués sur les bubons.
Ces tumeurs critiques étaient généralement dans les aines; quelques
malades en avaient dans les aines et sous les aisselles; on en a vu
jusqu'à quatre dans le même individu.
Les charbons n'avaient pas de siège bien déterminé. Ils étaient souvent
multipliés dans le même malade, et j'en ai fréquemment vu jusqu'à
trois.
La rétrocession des bubons, surtout des parotides, à toutes les époques,
mais plus particulièrement au commencement, était presque toujours
funeste. Il y a cependant eu quelques exemples mais très rares du
contraire.
Les bubons pestilentiels sont des engorgements des glandes lymphatiques
qui s'opèrent évidemment par un mouvement inverse du système absorbant.
Les charbons éminemment contagieux se communiquent au contraire par
absorption directe, c'est-à-dire dans l'ordre ordinaire et par la voie
la plus courte et le plus simple contact.
J'ai observé dans les marches et au retour que les blessés attaqués du
tétanos souffraient beaucoup plus de la variation de l'atmosphère que du
plus haut degré de chaleur.
On a je crois parlé ailleurs des sangsues que nos soldats trouvèrent, à
leur retour, dans des eaux saumâtres, et qui s'étant attachées au voile
du palais et aux parties voisines causèrent des hémorragies. Quelquefois
un gargarisme fait avec un peu de vinaigre suffit pour les détacher, et
d'autres fois nos chirurgiens furent forcés d'aller les chercher avec
des pinces.
D'après les renseignements les plus exacts, l'armée a perdu en Syrie,
par l'épidémie, environ sept cent hommes.
En rappelant les obligations que j'ai au citoyen Jacotin, j'emprunte
encore de lui le résultat suivant pour terminer ce qui concerne
l'expédition de Syrie.
Je me suis également servi pour le retour de l'armée d'un itinéraire
publié par le citoyen Costaz; nº 31 et 32 du Courier d'Égypte.
_Résultat des routes pendant l'expédition de Syrie._
Distance du Kaire à Ssalehhyéh 23 lieues
De Ssalehhyéh à Cathiéh 16-3/4
De Cathiéh à êl-A'rich 24
D'êl-A'rich à Gaza 17
De Gaza à Jaffa 18-3/4
De Jaffa à Acre 23-1/2
------
Cette route de 123 lieues
a été faite dans 38 jours, desquels il faut déduire; savoir,
Pour le siège d'êl-A'rich 3 jours}
Pour celui de Jaffa 4 } 7} 18
Pour séjour 11}
---------
Il reste pour la marche effective 20 jours;
ce qui donne pour terme moyen une marche de 6 lieues 3/20 par jour.
La marche moyenne des convois, les chameaux portant environ 3 quintaux,
est d'environ 1/4 de lieue à l'heure; ainsi la marche moyenne a été de 8
heures environ.
Cette marche considérée quant au sol, l'armée a fait; savoir,
Dans le désert 52 lieues 1/2
Dans le pays habité ou cultivé 70 1/2
-----------------
De ces 123 lieues il y
en a, en supposant les limites de l'Asie et de l'Afrique aux colonnes de
Réfa; savoir,
En Asie 50 lieues 1/2
En Afrique 72 1/2
----------------
La route de retour n'a été que de 119 lieues 1/2
================
L'armée a suivi la mer 20 lieues
Et marché dans l'intérieur du pays 99 1/2
----------------
Ces 119 lieues 1/2
ont été faites en 25 jours;
{ en séjour 8 }
Savoir,{ } 25; ce qui fait par
{ en marche 17 }
jour de marche pour terme moyen 7 lieues, et en temps 9 heures 21
minutes.
En allant en Syrie de Kan-Iounes à Acre (distance 47 lieues 1/2) l'armée
a passé dans trois villes, et dans quinze villages, et quarante-neuf
rivières, torrents, etc; savoir,
{ sur des ponts 3 }
Rivières passées { } 8
{ à gué 5 }
{ à sec 3 }
Ruisseaux ou torrents passés { } 35
{ à gué 32 }
Marais et mauvais passages 6
--------
TOTAL 49
========
Le retour d'Acre à Kan-Iounes, par la route indiquée ci-dessus, n'a été
que de 44 lieues 1/4; on a passé dans cinq villes, et douze villages.
{ subsistantes 3 }
Villes { } 5
{ ruinées 2 }
L'armée a passé vingt-trois rivières, torrents, ou ruisseaux; savoir,
{ sur ponts de pierre 2 }
{ ponts de bois jetés }
Rivières passées { par l'armée 3 } 23
{ à gué 5 }
{ à sec (le Rubin) 1 }
Torrents et ruisseaux passés à sec 12 }
De Kan-Iounes à Acre, l'armée a marché 10 jours effectifs, et elle a
fait 47 lieues et demi; savoir,
En pays de montagnes 4 }
de coteaux 21 } 47-1/2
Et en plaine 22-1/2 }
L'invasion de Syrie a duré 125 jours; savoir,
{ en allant 20 }
En marches { } 37
{ au retour 17 }
{ en allant 11 }
En séjour { } 16
{ au retour 5 }
{ en allant 7 }
{ devant Acre 62 }
En sièges { au retour, pour } 72
{ faire sauter les }
{ fortific. de Jaffa 3 }
Enfin de ces 125 j.,
l'armée en a passé, savoir,
En Asie 98 }
} 125
En Afrique 27 }
Le citoyen Emeric, que j'avais chargé de me suppléer en Égypte, et qui
l'a fait de manière à mériter la reconnaissance de l'armée, me remit, à
mon retour de Syrie, un compte fort exact et fort détaillé du service
médical.
J'ai relevé, tant de ses rapports que des mouvements qui m'ont été
fournis par l'administration, qu'il était mort dans les hôpitaux ou
lazarets de l'Égypte, en pluviôse an 7, trois cents dix-huit hommes,
dont cent trente à Alexandrie, par continuation de l'épidémie;
En ventôse, deux cents soixante-sept hommes, dont cent trente à
Alexandrie;
En germinal, trois cents onze, dont cent quarante-quatre à Alexandrie;
En floréal, deux cents huit, dont quatre-vingt-quinze à Alexandrie;
En prairial, cent vingt-un, dont quarante-sept à Alexandrie;
Ce qui fait un total de mille deux cents vingt-cinq ci:
Morts en pluviôse an 7 318
Idem en ventôse 267
Idem en germinal 311
Idem en floréal 208
Idem en prairial 121
----
TOTAL 1225
====
Je fis mettre à l'ordre du jour l'avis suivant (nº 246 de ma
correspondance):
Au quartier-général du Kaire, le 3 messidor an VII.
«On croit utile de rappeler à l'armée dans ce moment l'avis
inséré dans un ordre du jour de fructidor an 6, relativement aux
bains (voyez page 16).
«Dans la saison où nous nous trouvons maintenant notre attention
principale doit être dirigée sur l'état de la transpiration,
c'est-à-dire que nous devons nous tenir, autant qu'il est
possible, dans une température égale: ainsi il est dangereux de
passer les nuits à l'air et nu; il en résulte des maladies des
yeux assez connues, souvent des diarrhées incommodes, et même des
dysenteries, presque toujours funestes dans de grands
rassemblements d'hommes.
L'eau du Nil est d'une excellente qualité; il est malgré cela
prudent, quand on a chaud, de ne la boire qu'après s'être rincé
la bouche avec, ou en avoir versé sur ses mains.
L'usage exclusif de la viande n'est pas avantageux dans les
chaleurs.
Les spiritueux tels que l'eau-de-vie, pris en quantité, font
autant de mal qu'ils font de bien pris modérément.
Personne ne peut ignorer que les fruits qui ne sont pas bien mûrs
sont nuisibles.
La nombreuse garnison du Kaire, et les corps de troupes
considérables qui s'y trouvent momentanément, ainsi que dans les
environs, ne fournissent pas cent cinquante fiévreux aux
hôpitaux.»
J'adressai le même jour au général chef de l'état-major-général la
lettre suivante (nº 247 de ma correspondance):
Au quartier-général du Kaire, le 3 messidor an VII.
«GÉNÉRAL, j'ai visité aujourd'hui les prisons de la citadelle;
tous les cachots, sans exception, sont inhabitables: l'air n'y
plonge que par des ouvertures très étroites; il y a déjà
longtemps que le général en chef avait ordonné de les agrandir.
Ce qui m'engage à réclamer de nouveau sur cet objet, c'est
qu'indépendamment du mal qui en résulte pour les prisonniers, ils
peuvent souvent porter dans les hôpitaux ou au-dehors des
maladies dangereuses.
Les distributions d'aliments ne se font pas toujours avec
exactitude: l'eau manque souvent dans la proportion nécessaire
pour entretenir la santé.
Les Anglais, les Turcs, et les Grecs, qui ont la liberté de
respirer l'air pur, ne se plaignent de rien relativement au
régime.
La proximité des prisons avec un hôpital considérable, et qui
dans ce moment est bien tenu, exige qu'on les surveille d'une
manière particulière.»
Le 9, j'envoyai au général chef de l'état-major-général le résultat
circonstancié des visites de salubrité faites, d'après mes ordres, dans
tous les établissements militaires du grand et du vieux Kaire, de
Gizeh, de Boulak, et environs; il se faisait de semblables visites sur
tous les autres points de l'armée.
Le 15, les convalescents de Syrie étaient définitivement rentrés dans
leurs corps respectifs.
Le 21, on arrêta diverses mesures d'organisation pour les hôpitaux, et
les officiers de santé en chef relevèrent un abus préjudiciable par la
lettre suivante, adressée à l'ordonnateur en chef (nº 260 de ma
correspondance):
Au quartier-général du Kaire, le 21 messidor an VII.
«CITOYEN, les différentes dispositions prises pour assurer aux
militaires une distribution plus abondante de légumes en
déduction de la viande étant restées sans exécution, nous vous
prions d'ordonner que le règlement soit suivi ponctuellement sur
l'article des aliments.»
_Signé_ les officiers de santé en chef de l'armée.
Les hôpitaux étaient généralement mal tenus et mal approvisionnés; les
autorités supérieures, et les surveillants intermédiaires, n'avaient
point eu assez d'énergie ou de crédit pendant l'absence du général en
chef pour maintenir l'ordre dans toutes les parties de ce service
délicat.
On perdit en messidor quatre-vingts malades, presque tous de la
dysenterie, ci... 80 morts.
Le 27, on organisa le service de santé destiné à suivre le corps
d'armée, qui, commandé par le général en chef en personne, anéantit,
dans les premiers jours de thermidor, une armée formidable, sur cette
même plage d'Aboukir, devenue trop célèbre par les inconstances de la
fortune.
La saison était belle, et le moment de l'activité n'est pas celui des
maladies: nous perdîmes dans les hôpitaux, en thermidor,
quatre-vingt-trois malades, ci.............. 83 morts.
Le général Bonaparte quitta l'armée le 5 fructidor, et en laissa le
commandement au général Kléber.
Pendant l'intervalle qui s'écoula entre la nomination et l'arrivée du
général en chef au Kaire, l'administration sanitaire, avertie par des
rapports qui avaient même une sorte de caractère officiel, éleva des
soupçons sur la nature des maladies régnantes à la citadelle; je fus
forcé d'adresser à ce sujet au général Dugua, commandant de la ville et
de la province, ainsi qu'au conservateur chef par intérim de
l'administration sanitaire, des notes, qui, rendues publiques, calmèrent
et satisfirent les esprits trompés par des exagérations (nº 278 et 279
de ma correspondance).
Le général en chef, par un arrêté du 24, ordonna la formation d'une
commission, composée de l'ordonnateur en chef, du général commandant du
génie, de l'ordonnateur des lazarets, des trois officiers de santé en
chef, et chargée d'arrêter les comptes de l'administration sanitaire,
ainsi que de proposer dans le plus court délai des vues sur son
amélioration.
Cette commission adressa le rapport suivant au général en chef (nº 291
de ma correspondance).
Au quartier-général du Kaire, le 26 fructidor an VII.
«La commission formée par l'arrêté du général en chef du 24 du
courant s'est assemblée cejourd'hui 26, quoiqu'elle fût convoquée
pour le 25, à cause de l'absence de quelques uns de ses membres.
Remise a été faite à la commission du rapport adressé par le
citoyen Blanc, ordonnateur des lazarets, au général en chef.
Il est résulté de son examen que l'on a reconnu l'insuffisance
des moyens d'isolement adoptés jusqu'à ce jour en Égypte dans les
lazarets d'Alexandrie, de Rosette, de Lesbéh, et du Kaire, qui
n'ont jamais été et sont hors d'état de remplir les vues de
sûreté que se propose le gouvernement.
Pour atteindre ce but, il faudrait de grandes
constructions, portées par appenti, et pour cette
année, à soixante mille livres, ci 60,000 l.
Dépenses extraordinaires pour cette année,
soixante mille livres, ci 60,000
Un personnel annuel de cent soixante-neuf
mille livres, ci 169,000
-------
TOTAL 289,000
=======
La commission est obligée de prévenir le général en chef que les
établissements nécessaires ne peuvent être construits avant la
saison ordinaire de la peste, qui s'avance rapidement.
On doit donc se borner à faire quelques améliorations aux
établissements existants, telles que les enclore plus exactement,
y former des abris, et en surveiller plus soigneusement le
service; porter surtout ces améliorations sur les lazarets
d'Alexandrie, de Rosette, et celui de Lesbéh, qui doit être
établi sur la rive gauche du Nil.
Le général commandant le génie présentera des plans relatifs aux
constructions et réparations.
L'ordonnateur des lazarets présentera des règlements pour
l'administration.
Les officiers de santé en chef de l'armée organiseront et
surveilleront le service des lazarets.
_Signés_ H. DAURE, SAMSON, D. J. LARREY,
BLANC, ROYER, et R. DESGENETTES.
Je faisais renouveler les visites de salubrité dans les établissements
militaires, et j'adressai, le 29 et le 6e jour complémentaire, des
rapports à ce sujet au général de division Damas, chef de
l'état-major-général (nº 292 et 302 de ma correspondance).
L'ordre du jour du 5e jour complémentaire portait:
«La charge de contribuer au soulagement des défenseurs de la
patrie blessés ou malades, en surveillant sévèrement les
hôpitaux, est un des plus beaux attributs attachés aux fonctions
de commissaire des guerres.
Mais l'abandon scandaleux dans lequel le général en chef a trouvé
celui d'Ibrahim bey prouve assez combien peu ils sont l'objet de
leur sollicitude.
En conséquence, le général en chef ordonne ce qui suit:
Le 6e jour complémentaire, l'adjudant-général faisant les
fonctions de sous-chef de l'état-major se rendra à l'hôpital
d'Ibrahim bey et à celui de la citadelle, accompagné du
commissaire des guerres chargé de la police, et d'un officier du
génie chargé de l'entretien et de la réparation de ces hôpitaux.
Il fera constater le besoin des fournitures de toute espèce
nécessaires aux malades, l'état des réparations et constructions
utiles pour la propreté et la salubrité; il recueillera les
réclamations des soldats et officiers malades, et celles des
infirmiers, et fera de tout un rapport circonstancié et par écrit
au chef de l'état-major-général.
Indépendamment des officiers commandés pour l'inspection et la
police journalière, il y aura chaque jour un officier
d'état-major qui fera la visite de ces hôpitaux, et rendra compte
au sous-chef de l'état-major; le sous-chef de l'état-major fera
lui-même cette visite de surveillance tous les dix jours, et le
chef de l'état-major deux fois par mois.
Il sera de suite mis un fonds extraordinaire de quatre mille
livres à la disposition de l'ordonnateur en chef pour achat de
draps de lit, couvertures, et autres fournitures nécessaires aux
deux hôpitaux ci-dessus.
Il sera fourni trois cents pintes de vin à celui d'Ibrahim bey,
et deux cents à celui de la citadelle.»
Le général de division, chef de l'état-major-général,
_Signé_ DAMAS.
L'administration sanitaire fut supprimée par un arrêté du même jour. On
ne peut nier qu'elle a été utile, et on lui a dû, dans l'an 7, le
dessèchement du khalich qui traverse le Kaire, exécuté par les
ingénieurs des ponts et chaussées.
Cette opération s'est faite sur une étendue de
canal de quatre mille deux cents cinquante
toises, ci 4250 toises.
Dont neuf cent cinquante de l'embouchure
à la prise d'eau jusqu'à la
ville, ci 950