_LA CARRIERE DE MARBRE._
En ce tems-là; un philosophe, dans ses voyages, rencontra un jour sur
sa route des monceaux de marbres bruts, posés circulairement sur les
bords d'un large trou qui servoit d'entrée à un vaste souterrein. Il
s'approcha de l'une de ces ouvertures, & apperçut, dans l'enfoncement
ténébreux, des hommes occupés à détacher des blocs.
Les malheureux! dit le sage en s'en allant. Ils s'occupent d'un palais
de marbre, pour loger leur souverain; & peut-être n'ont-ils pas un
toît de chaume pour s'abriter. Heureux encore, si la carriere qu'ils
creusent, pour embellir la demeure de leur roi, ne devient pas un jour
une prison pour eux. En effet, plusieurs palais de rois, de princes &
de prélats ont fini par devenir des prisons: telles que la tour de
Londres & Bridewell en Angleterre; Vincennes à Paris, &c. &c. &c.