Galeotto, banni des appartements particuliers depuis plusieurs jours
sans en savoir la cause, avait beaucoup compté sur le moment où il lui
serait permis d'approcher de la princesse. Il avait fait part a Julien
de l'intention où il était de nuire au comte de Steinach, tout en
feignant de le servir et tout en travaillant pour son propre compte.
Mais, quoique ces projets ne fussent point un secret pour lui, il était
vivement contrarié de l'avoir pour témoin de sa conduite. Rien ne
paralyse la ruse comme l'œil d'un juge prêt à censurer notre maladresse
ou à s'effrayer de notre perfidie.
Néanmoins il fallait parler. Il donna quelques mots d'une explication
moitié plaisante, moitié mystérieuse, et finit en tirant de son sein une
lettre renfermée sous trois enveloppes.
Mais Quintilia, devant qui le page avait mis un genou en terre, n'avança
point la main pour recevoir la lettre, et lui ordonna de la décacheter
et de la lire tout haut.