21 août.

Dans la matinée vient me voir le petit brigand Ihemma ; il me raconte

encore qu’il veut assommer un Targui qui s’est servi d’un de ses

chameaux sans sa permission. Il m’annonce le premier qu’Ikhenoukhen est

arrivé, avec très peu de monde et deux chameaux seulement.

Ikhenoukhen est arrivé d’un côté et Othman est parti de l’autre, de

sorte qu’ils se sont croisés ; cependant Othman revient lui-même dans

l’après-midi, et me dit que les nouvelles sont bonnes. Ikhenoukhen est

très occupé ; il est encombré de visites ; le moudir va le voir et une

foule de Ghadāmsia ; on traite l’affaire du vol des chameaux et puis

celle du départ de la caravane du Touat. Il paraît qu’il n’est pas bien

disposé pour les Hogar, et qu’il défend aux Ghadāmsia de prendre des

chameliers Sakomaren qui sont ici (ils sont imrhad des Hogar) ; il veut

que les chameliers soient Azgar ou Ifoghas[259] ; les Hogar sont

ennemis. Il déclare qu’il brûlerait les charges des chameaux de la

caravane si elle partait avec les Sakomaren. La nouvelle arrive de Rhat,

que l’Aïr a envoyé deux députés à Rhat pour dire que la route du Soudan

était de nouveau ouverte, ce qui cause grande joie aux Ghadāmsia, et

fait espérer qu’il y aura cette année un marché à Rhat, ce dont on

commençait à désespérer. On apporte en même temps la nouvelle que le

Hadj Ahmed, frère de Si ’Othman et chef des Touareg Hogar, va arriver

ici sous peu.

Othman vient me prier, de la part du cheikh Ali, de lui pardonner ce

qu’il a fait avant-hier.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 178 / 241 题