Dans la matinée vient me voir le petit brigand Ihemma ; il me raconte
encore qu’il veut assommer un Targui qui s’est servi d’un de ses
chameaux sans sa permission. Il m’annonce le premier qu’Ikhenoukhen est
arrivé, avec très peu de monde et deux chameaux seulement.
Ikhenoukhen est arrivé d’un côté et Othman est parti de l’autre, de
sorte qu’ils se sont croisés ; cependant Othman revient lui-même dans
l’après-midi, et me dit que les nouvelles sont bonnes. Ikhenoukhen est
très occupé ; il est encombré de visites ; le moudir va le voir et une
foule de Ghadāmsia ; on traite l’affaire du vol des chameaux et puis
celle du départ de la caravane du Touat. Il paraît qu’il n’est pas bien
disposé pour les Hogar, et qu’il défend aux Ghadāmsia de prendre des
chameliers Sakomaren qui sont ici (ils sont imrhad des Hogar) ; il veut
que les chameliers soient Azgar ou Ifoghas[259] ; les Hogar sont
ennemis. Il déclare qu’il brûlerait les charges des chameaux de la
caravane si elle partait avec les Sakomaren. La nouvelle arrive de Rhat,
que l’Aïr a envoyé deux députés à Rhat pour dire que la route du Soudan
était de nouveau ouverte, ce qui cause grande joie aux Ghadāmsia, et
fait espérer qu’il y aura cette année un marché à Rhat, ce dont on
commençait à désespérer. On apporte en même temps la nouvelle que le
Hadj Ahmed, frère de Si ’Othman et chef des Touareg Hogar, va arriver
ici sous peu.
Othman vient me prier, de la part du cheikh Ali, de lui pardonner ce
qu’il a fait avant-hier.