On m’apporte le soir un dîner fort peu convenable ; je le fais envoyer
au kaïd en le priant de m’y trouver un morceau de viande. Le kaïd frappe
d’une amende de 200 francs le cheikh qui a apporté le dîner, et il
m’envoie le sien avec d’excellente viande grasse.
Le 20 juin.
Je suis parti aujourd’hui de Gomar. En passant devant les jardins, je
remarquai deux arbres fruitiers : figuier et grenadier. On était en
train d’arroser les plates-bandes. Nous voyageâmes d’abord à travers une
région de sables, qui, comme toutes celles qui avoisinent les villes du
Souf, est tout à fait dénudée. Puis nous revîmes la végétation, qui dans
cette région consiste principalement en drin et alenda. Nous avons le
sirocco toute la journée, mais nonobstant nous marchons bien ; et nous
campons un peu en deçà de Mouïa el Ferdjān.