J’arrive de bonne heure à Gomār, après avoir traversé une zone de sables
dénudée, absolument semblable à celle qui sépare El-Ouad d’Ezgoum. Je
trouve que le qadhi a tenu sa promesse et m’apporte une copie de Cheikh
el’Adouāni ; cependant je dois noter ici que le qadhi et même Si
Mohammed el’Aïd déclarent que ce livre contient avec du vrai beaucoup de
fantaisie. Il faudra débrouiller cela.
Le kaïd arrive d’El-Ouad dans la matinée, nous allons ensemble chez le
marabout Si Mohammed el’Aïd que nous trouvons dans une maison assez
belle, mais couché sur un lit déchiré et vêtu d’un haïk à peine propre.
Cette fois, le marabout se montre très poli et daigne causer avec nous
de mille et un sujets. Il a reçu les lettres du général et toutes celles
que je lui ai apportées. Il me promet tout son concours ; en somme, je
suis content de cette entrevue. Nous déjeunons là ; on nous apporte, en
fait de friandises, du concombre frais et une pastèque verte, mais
mangeable.
Le 19 juin.
Je fais une visite à Si Mohammed el’Aïd qui me donne son _ouerd_ et qui
me remet différentes lettres pour les Touareg Cheikh Othman et Cheikh
Ikhenoukhen. Le marabout cause d’une manière très aimable comme hier. Il
veut me faire son mokaddem à Paris.
J’ai oublié de noter que pour le commerce d’El-Ouad la monnaie de compte
est le réal _bou cherchour_, équivalant à 1 fr. 35. Il vaut à Tunis deux
réals tounsi dits _nehas_. On le divise en quarts « _rouba’_ » ou en
huitièmes « _themen_ ». Un réal a 94 _nasri_.
Je visite les puits de Gomar, et j’en choisis 4.