18 juin.

J’arrive de bonne heure à Gomār, après avoir traversé une zone de sables

dénudée, absolument semblable à celle qui sépare El-Ouad d’Ezgoum. Je

trouve que le qadhi a tenu sa promesse et m’apporte une copie de Cheikh

el’Adouāni ; cependant je dois noter ici que le qadhi et même Si

Mohammed el’Aïd déclarent que ce livre contient avec du vrai beaucoup de

fantaisie. Il faudra débrouiller cela.

Le kaïd arrive d’El-Ouad dans la matinée, nous allons ensemble chez le

marabout Si Mohammed el’Aïd que nous trouvons dans une maison assez

belle, mais couché sur un lit déchiré et vêtu d’un haïk à peine propre.

Cette fois, le marabout se montre très poli et daigne causer avec nous

de mille et un sujets. Il a reçu les lettres du général et toutes celles

que je lui ai apportées. Il me promet tout son concours ; en somme, je

suis content de cette entrevue. Nous déjeunons là ; on nous apporte, en

fait de friandises, du concombre frais et une pastèque verte, mais

mangeable.

Le 19 juin.

Je fais une visite à Si Mohammed el’Aïd qui me donne son _ouerd_ et qui

me remet différentes lettres pour les Touareg Cheikh Othman et Cheikh

Ikhenoukhen. Le marabout cause d’une manière très aimable comme hier. Il

veut me faire son mokaddem à Paris.

J’ai oublié de noter que pour le commerce d’El-Ouad la monnaie de compte

est le réal _bou cherchour_, équivalant à 1 fr. 35. Il vaut à Tunis deux

réals tounsi dits _nehas_. On le divise en quarts « _rouba’_ » ou en

huitièmes « _themen_ ». Un réal a 94 _nasri_.

Je visite les puits de Gomar, et j’en choisis 4.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 131 / 241 题