Nous partîmes de Gafsa assez longtemps après le lever du soleil, car le
seul moment où je puis dormir dans cette ville est précisément le matin,
où les puces qui font aussi le ramadan me laissent un peu de repos.
La route qui nous mène à Hamma était trop longue pour l’heure de notre
départ. Nous suivîmes tantôt de près tantôt de loin le cours de l’oued
Beyâch, qui change plusieurs fois de nom en cette petite étendue de
pays. L’oued forme le fond d’une large vallée ou plaine bordée à gauche
par le Djebel-Chareb, et à droite par la continuation des montagnes de
Gafsa. Il finit réellement à Tarfaouï où nous traversâmes une sorte de
chott sablonneux, mais cependant plus loin, et jusqu’à près d’El-Hamma,
je pus voir le fond de la plaine occupé par une sebkha allongée
ressemblant à un oued.
Vers la fin de la journée nous nous rapprochâmes des dernières hauteurs
du Chareb ; nous rencontrâmes là plusieurs piétons hammāma qui nous
firent hâter la marche ; je ne puis pas m’expliquer la terreur que ces
gens inspirent à mes compagnons de route. Cependant un chaouch alla voir
ce qu’ils voulaient, et nous trouvâmes de simples voyageurs comme nous.
Un de ces Hammāma se joignit à nous.
Nous n’atteignîmes El-Hamma que bien tard dans la nuit ; j’arrêtai mon
itinéraire à la Hadjra Soûda, pour le reprendre demain. A notre arrivée,
nous fûmes reçus par un ami de Si ʿAli Saci auquel ce seigneur nous
avait recommandés.