27 mars.

Nous partîmes de Gafsa assez longtemps après le lever du soleil, car le

seul moment où je puis dormir dans cette ville est précisément le matin,

où les puces qui font aussi le ramadan me laissent un peu de repos.

La route qui nous mène à Hamma était trop longue pour l’heure de notre

départ. Nous suivîmes tantôt de près tantôt de loin le cours de l’oued

Beyâch, qui change plusieurs fois de nom en cette petite étendue de

pays. L’oued forme le fond d’une large vallée ou plaine bordée à gauche

par le Djebel-Chareb, et à droite par la continuation des montagnes de

Gafsa. Il finit réellement à Tarfaouï où nous traversâmes une sorte de

chott sablonneux, mais cependant plus loin, et jusqu’à près d’El-Hamma,

je pus voir le fond de la plaine occupé par une sebkha allongée

ressemblant à un oued.

Vers la fin de la journée nous nous rapprochâmes des dernières hauteurs

du Chareb ; nous rencontrâmes là plusieurs piétons hammāma qui nous

firent hâter la marche ; je ne puis pas m’expliquer la terreur que ces

gens inspirent à mes compagnons de route. Cependant un chaouch alla voir

ce qu’ils voulaient, et nous trouvâmes de simples voyageurs comme nous.

Un de ces Hammāma se joignit à nous.

Nous n’atteignîmes El-Hamma que bien tard dans la nuit ; j’arrêtai mon

itinéraire à la Hadjra Soûda, pour le reprendre demain. A notre arrivée,

nous fûmes reçus par un ami de Si ʿAli Saci auquel ce seigneur nous

avait recommandés.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 68 / 241 题