Nous n’avons fait qu’une très petite journée. J’ai voulu passer la nuit
au puits de Sidi-el-Bachir pour en prendre la latitude.
Nous n’avons eu que peu de sables à traverser et cela seulement dans la
Chara de Sidi-el-Bachir que nous avons longée longtemps et enfin
traversée pour arriver au puits.
La végétation a été la même que précédemment, sauf l’apparition de
_halma_ et de _sefâr_ (graminées) ; le _drin_ et le _markh_ dominaient.
A notre arrivée au puits, nous y avons trouvé deux Touaregs avec leurs
enfants et un esclave qui abreuvaient leurs chameaux. Ce sont des gens
du Matmata, en route pour El-Oued où ils vont acheter du grain.
Ils nous donnent la nouvelle que, hier ou avant-hier, les Oulad’Amar
(Oued-Righ) ont eu une querelle avec les Chaànba de Ouarglă, à cause de
leurs chameaux. Un des gens des Chaànba, un homme marquant, a été tué.
Les deux tribus sont sur le point de s’attaquer.
Aujourd’hui j’ai vu, sur le sable, les traces d’un petit carnassier que
nos guides appellent _sefchi_ سڢشى, qu’ils dépeignent comme tigré de
blanc et de noir. C’est peut-être une espèce nouvelle.
Je suis tout à fait guéri de mes douleurs rhumatismales dans les
épaules. Mais je subis le soir une diarrhée épouvantable. L’eau du puits
a un plus mauvais goût que celle des précédents, mais elle est
supérieure à celle de Tougourt.