13 février.

Nous n’avons fait qu’une très petite journée. J’ai voulu passer la nuit

au puits de Sidi-el-Bachir pour en prendre la latitude.

Nous n’avons eu que peu de sables à traverser et cela seulement dans la

Chara de Sidi-el-Bachir que nous avons longée longtemps et enfin

traversée pour arriver au puits.

La végétation a été la même que précédemment, sauf l’apparition de

_halma_ et de _sefâr_ (graminées) ; le _drin_ et le _markh_ dominaient.

A notre arrivée au puits, nous y avons trouvé deux Touaregs avec leurs

enfants et un esclave qui abreuvaient leurs chameaux. Ce sont des gens

du Matmata, en route pour El-Oued où ils vont acheter du grain.

Ils nous donnent la nouvelle que, hier ou avant-hier, les Oulad’Amar

(Oued-Righ) ont eu une querelle avec les Chaànba de Ouarglă, à cause de

leurs chameaux. Un des gens des Chaànba, un homme marquant, a été tué.

Les deux tribus sont sur le point de s’attaquer.

Aujourd’hui j’ai vu, sur le sable, les traces d’un petit carnassier que

nos guides appellent _sefchi_ سڢشى, qu’ils dépeignent comme tigré de

blanc et de noir. C’est peut-être une espèce nouvelle.

Je suis tout à fait guéri de mes douleurs rhumatismales dans les

épaules. Mais je subis le soir une diarrhée épouvantable. L’eau du puits

a un plus mauvais goût que celle des précédents, mais elle est

supérieure à celle de Tougourt.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 19 / 241 题