11 février.

J’ai enfin pu partir aujourd’hui.

Mais, avant de partir, je dois terminer mes notes sur El-Oued par la

mention des prix des objets que le hasard m’a fait voir. Les cotonnades

anglaises avec le nom de John Rose et qui viennent de Tunis se vendent

15 fr. la pièce de 75 draa[37]. Le musc de la Mekke, venant de l’Inde,

se vend, du moins j’en ai acheté à 1 fr. l’ouzena[38]. Ordinairement il

est plus cher. J’ai acheté à un prix ordinaire un haïk djeridi arrivé la

veille, pour 47 fr. 50.

Les poules sont bon marché : j’en ai acheté sept à 1 fr. pièce, j’ai eu

dix-huit œufs pour 50 centimes.

Le khalifa ne veut pas me laisser partir sans me donner des oranges

venant de Tunisie et un œuf d’autruche.

En sortant d’El-Oued, nous avons suivi la route de Temassin pendant

quelque temps jusqu’au puits situé dans la dépression de Haouad-Tounsi.

Les dunes que nous avons à traverser, les plus hautes que j’aie vues

dans cette partie du Sahara, sont dépourvues de végétation.

Du puits ci-dessus nommé, nous plongeâmes vers le sud. La caravane que

je suivais et pour laquelle j’avais attendu un jour à El-Oued, voulut

choisir la voie la plus courte par Bir-Righi et Matmata, mais comme

j’avais intérêt à voir la route de Hassi-Omran, je fis route à part,

menaçant de rendre compte au khalifa de ce que feraient les autres

membres de la caravane. Néanmoins nous nous séparâmes.

Ce jour-là, nous n’allâmes guère plus loin ; après avoir voyagé quelque

temps dans des dunes de peu d’importance, séparées par des oueds ou

espaces de sables unis et plus garnis de végétation, nous campâmes pour

coucher.

Déjà, ce soir, des députés de la caravane viennent pour parlementer. Je

les renvoie sans rien changer à ce que j’ai dit hier.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 17 / 241 题