3 février.

Aujourd’hui je me rendis à Merhaier, la première oasis de l’Oued-Righ,

en venant du nord.

Le cheikh étant absent, je me vis sur le point de manquer de guides pour

traverser le pays désert qui sépare ce point de l’Oued-Souf. Cependant,

heureusement pour moi, le cheikh arriva dans la soirée, et, après avoir

lu la lettre du colonel Séroka, il me dit que le lendemain je pourrais

partir à l’heure qui me conviendrait, avec cinq hommes à pied comme

escorte et un guide à cheval.

Les plantations de palmiers de Merhaier, arrosées par des sources

artésiennes, sont, du moins dans cette saison, très pauvres en produits

de potager. Les arbres fruitiers y sont même fort rares ; c’est à peine

si on y voit un figuier et un pêcher égarés.

Les eaux des fossés abondent en grenouilles.

Les Rouâgha dont la race commence ici, sont remarquables par leur

physique et surtout par leur teint, qui approche beaucoup du type nègre.

Certains d’entre eux sont même plus noirs que les gens du nord du

Haoussa (Madja, etc.). Les femmes se vêtissent de bleu. Elles ne mettent

rien d’autre sur leur tête que leur vêtement ou haïk, absolument comme

on peint la madone. — Mais combien peu d’entre elles pourraient laisser

un doute à ce sujet et jouter de grâce et d’élégance de formes avec les

portraits de Raphaël ! Les femmes me paraissent jouir de la liberté à

laquelle elles ont droit.

Journal de route de Henri Duveyrier · 第 11 / 241 题