Paris, jeudi soir, 2 août 1843.
Je suis moins poétique que vous. La Ïθὡν εá½ÏÏ
οδεἱη, c'est-à -dire la
large terre, malgré le mackintosh, était encore plus froide que vous,
et j'en suis enrhumé, mais sans rancune. J'en aurais à lire tout ce
que vous me dites et que vous croyez agréable. Combien de _mais_
toujours! que vous êtes ingénieuse à ôter aux autres et à vous-même
l'enchantement qu'ils peuvent avoir! Je dis enchantement, et j'ai tort
sans doute; car je ne crois pas que les marmottes en aient. Vous étiez
un de ces jolis animaux-là avant que Brahma envoyât votre âme dans
un corps de femme. à la vérité, vous vous réveillez quelquefois, et,
comme vous dites fort bien, c'est pour quereller. Soyez donc bonne et
gracieuse comme vous savez l'être. Malgré ma mauvaise humeur, j'aime
mieux vous voir avec vos grands airs indifférents que de ne pas vous
voir du tout. Je vous disais bien que toute cette botanique ne valait
rien; mais vous voulez toujours faire à votre tête. J'ai découvert des
choses encore plus curieuses que des courses champêtres sur des indices
moins évidents. Croyez-moi, jetez au feu toutes ces fleurs fanées, et
venez en chercher de nouvelles.
Adieu.