Séparation des trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. C'est

le principe générateur de la liberté politique, le principal obstacle à

la tyrannie.

Que le régime représentatif est le mode de gouvernement le mieux

approprié aux temps modernes. Conciliation de l'ordre et de la liberté.

Justice, base essentielle du gouvernement. Le Monarque qui pratiquerait

aujourd'hui les maximes du _Traité du Prince_ serait mis au ban de

l'Europe.

Machiavel soutient que ses maximes n'ont pas cessé de prévaloir dans la

politique des princes.--Il offre de le prouver.

QUATRIÈME DIALOGUE

Machiavel fait la critique du régime constitutionnel. Les pouvoirs

resteront immobiles ou sortiront violemment de leur orbite.

Masse du peuple indifférente aux libertés publiques dont la jouissance

réelle lui échappe.

Régime représentatif inconciliable avec le principe de la souveraineté

populaire et l'équilibre des pouvoirs.

Révolutions. Que la souveraineté populaire conduit à l'anarchie et

l'anarchie au despotisme.

État moral et social des peuples modernes incompatible avec la liberté.

Le salut est dans la centralisation.

Césarisme du Bas-Empire. Inde et Chine.

CINQUIÈME DIALOGUE

La fatalité du despotisme est une idée que Montesquieu continue à

combattre.

Machiavel a pris pour des lois universelles des faits qui ne sont que

des accidents.

Développement progressif des institutions libérales depuis le système

féodal jusqu'au régime représentatif.

Les institutions ne se corrompent qu'avec la perte de la liberté. Il

faut donc la maintenir avec soin dans l'économie des pouvoirs.

Montesquieu n'admet pas sans réserve le principe de la souveraineté

populaire. Comment il entend ce principe. Du droit divin, du droit

humain.

SIXIÈME DIALOGUE

Continuation du même sujet.--Antiquité du principe électif. Il est la

base primordiale de la souveraineté.

Conséquences extrêmes de la souveraineté du peuple.--Les révolutions ne

seront pas plus fréquentes sous l'empire de ce principe.

Rôle considérable de l'industrie dans la civilisation moderne.

L'industrie est aussi inconciliable avec les révolutions qu'avec le

despotisme.

Le despotisme est tellement sorti des moeurs dans les sociétés les plus

avancées de l'Europe, que Montesquieu défie Machiavel de trouver le

moyen de l'y ramener.

Machiavel accepte le défi, et le dialogue s'engage sur cette donnée.

SEPTIÈME DIALOGUE

Machiavel généralise d'abord le système qu'il se propose d'employer.

Ses doctrines sont de tous les temps; dans le siècle même, il a des

petits-fils qui savent le prix de ses leçons.

Il ne s'agit que de mettre le despotisme en harmonie avec les moeurs

modernes.--Principales règles qu'il déduit pour arrêter le mouvement

dans les sociétés contemporaines.

Politique intérieure, politique extérieure.

Nouvelles règles empruntées au régime industriel.

Comment on peut se servir de la presse, de la tribune et des subtilités

du droit.

A qui il faut donner le pouvoir.

Que par ces divers moyens on change le caractère de la nation la plus

indomptable et on la rend aussi docile à la tyrannie qu'un petit peuple

de l'Asie.

Montesquieu engage Machiavel à sortir des généralités; il le met en

présence d'un État fondé sur des institutions représentatives et lui

demande comment il pourra retourner de là au pouvoir absolu.

2e PARTIE.--HUITIÈME DIALOGUE.--_La politique de Machiavel en action_

On a raison, par un coup d'État, de l'ordre de choses constitué.

On s'appuie sur le peuple et pendant la dictature on remanie toute la

législation.

Nécessité d'imprimer la terreur, au lendemain d'un coup d'État. Pacte du

sang avec l'armée. Que l'usurpateur doit frapper toute la monnaie à son

effigie.

Il fera une constitution nouvelle et ne craindra pas de lui donner pour

base les grands principes du droit moderne.

Comment il s'y prendra pour ne pas appliquer ces principes et les

écarter successivement.

NEUVIÈME DIALOGUE.--_La Constitution_

Continuation du même sujet. On fait ratifier par le peuple le coup

d'État.

On établit le suffrage universel; il en sort l'absolutisme.

La constitution doit être l'oeuvre d'un seul homme; soumise au suffrage

sans discussion, présentée en bloc, acceptée en bloc.

Pour changer la complexion politique de l'État, il suffit de changer la

disposition des organes: Sénat, Corps législatif, Conseil d'État, etc.

_Du Corps législatif_. Suppression de la responsabilité ministérielle et

de l'initiative parlementaire. La proposition des lois n'appartient

qu'au Prince.

On se garantit contre la souveraineté du peuple par le droit d'appel au

peuple et le droit de déclarer l'état de siége.

Suppression du droit d'amendement. Restriction du nombre des

députés.--Salariat des députés. Raccourcissement des sessions.--Pouvoir

discrétionnaire de convocation, de prorogation et de dissolution.

DIXIÈME DIALOGUE.--La Constitution. (Suite.)

_Du Sénat et de son organisation_. Le Sénat ne doit être qu'un simulacre

de corps politique destiné à couvrir l'action du Prince et à lui

transmettre le pouvoir absolu et discrétionnaire sur toutes les lois.

_Du Conseil d'État_. Il doit jouer dans une autre sphère le même rôle

que le Sénat. Il transmet au Prince le pouvoir réglementaire et

judiciaire.

La Constitution est faite. Récapitulation des diverses manières dont le

Prince fait la loi dans ce système. Il la fait de sept manières.

Aussitôt après la Constitution, le Prince doit décréter une série de

lois qui écarteront, par voie d'exception, les principes de droit public

reconnus en bloc dans la constitution.

ONZIÈME DIALOGUE.--_Des lois_

_De la presse_. Esprit des lois de Machiavel. Sa définition de la

liberté est empruntée à Montesquieu.

Machiavel s'occupe d'abord de la législation de la Presse dans son

royaume. Elle s'étendra aux journaux comme aux livres.

Autorisation du Gouvernement pour fonder un journal et pour tous

changements dans le personnel de la rédaction.

Mesures fiscales pour enrayer l'industrie de la Presse. Abolition du

jury en matière de Presse.--Pénalités par voie administrative et

judiciaire. Système des avertissements. Interdiction des comptes rendus

législatifs et des procès de Presse.

Répression des fausses nouvelles,--cordons de ceinture contre les

journaux étrangers. Défense d'importer des écrits non autorisés.--Lois

contre les nationaux qui écriront à l'étranger contre le

gouvernement.--Lois du même genre imposées aux petits États-frontières

contre leurs propres nationaux.--Les correspondants étrangers doivent

être à la solde du gouvernement.

Moyens de refréner les livres.--Brevets délivrés par le gouvernement

aux imprimeurs, éditeurs et libraires.--Retraits facultatifs de ces

brevets.--Responsabilité pénale des imprimeurs. Elle oblige ces derniers

à faire eux-mêmes la police des livres et à en référer aux agents de

l'administration.

DOUZIÈME DIALOGUE.--_De la Presse_ (suite)

Comment le gouvernement de Machiavel annihilera la Presse en se faisant

journaliste.

Les feuilles dévouées au gouvernement seront deux fois plus nombreuses

que les feuilles indépendantes. Journaux officiels, semi-officiels,

officieux, semi-officieux.

Journaux libéraux, démocratiques, révolutionnaires tenus à la solde du

gouvernement à l'insu du public. Mode d'organisation et de direction.

Maniement de l'opinion. Tactique, manéges, ballons d'essais.

Journaux de province. Importance de leur rôle.

Censure administrative sur les journaux.--Communiqués.--Interdiction de

reproduire certaines nouvelles privées.

Les discours, les rapports et les comptes-rendus officiels sont une

annexe de la Presse gouvernementale.--Procédés de langage, artifices et

style nécessaires pour s'emparer de l'opinion publique.

Éloge perpétuel du gouvernement.--Reproduction de prétendus articles de

journaux étrangers qui rendent hommage à la politique du

gouvernement.--Critique des anciens gouvernements.--Tolérance en fait de

discussions religieuses et de littérature légère.

TREIZIÈME DIALOGUE.--_Des complots_

Compte de victimes à faire pour assurer la tranquillité.

_Des sociétés secrètes_. Leur danger.--Déportation et proscription en

masse de ceux qui en auront fait partie.

Déportation facultative de ceux qui resteront sur le territoire.

Lois pénales contre ceux qui s'affilieront à l'avenir.

Existence légale donnée à certaines sociétés secrètes dont le

gouvernement nommera les chefs, afin de tout savoir et de tout diriger.

Lois contre le droit de réunion et d'association.

Modification de l'organisation judiciaire. Moyens d'agir sur la

magistrature sans abroger expressément l'inamovibilité des juges.

QUATORZIÈME DIALOGUE.--_Des institutions antérieurement existantes_

Ressources que Machiavel leur emprunte.

_Garantie constitutionnelle_. Que c'est une immensité absolue, mais

nécessaire, accordée aux agents du gouvernement.

_Du ministère public_. Parti que l'on peut tirer de cette institution.

_Cour de Cassation_; danger que présenterait cette juridiction si elle

était trop indépendante.

Des ressources que présente l'art de la jurisprudence dans l'application

des lois qui touchent à l'exercice des droits politiques.

Comment on supplée à un texte de loi par un arrêt. Exemples.

Moyen de prévenir autant que possible, dans certains cas délicats, le

recours des citoyens aux tribunaux.--Déclarations officieuses de

l'administration que la loi s'applique à tel ou tel cas ou dans tel et

tel sens. Résultat de ces déclarations.

QUINZIÈME DIALOGUE.--_Du suffrage_

Des difficultés à éviter dans l'application du suffrage universel.

Il faut enlever à l'élection la nomination des chefs de corps dans tous

les conseils d'administration qui sont issus du suffrage.

Que le suffrage universel ne saurait, sans le plus grand péril, être

abandonné à lui-même pour l'élection des députés.

Il faut lier les candidats par un serment préalable.--Le gouvernement

doit poser ses candidats en face des électeurs, et faire concourir à

leur nomination tous les agents dont il dispose.

Les électeurs ne doivent pas avoir la faculté de se réunir pour

concerter leur vote. On doit éviter de les faire voter dans les centres

d'agglomération.

Suppression du scrutin de liste: Démembrement des circonscriptions

électorales où l'opposition se fait sentir.--Comment ou peut gagner le

suffrage sans l'acheter directement.

De l'opposition dans les Chambres. De la stratégie parlementaire et de

l'art d'enlever le vote.

SEIZIÈME DIALOGUE.--_De certaines corporations_

Danger que présentent les forces collectives en général.

_Des gardes nationales_. Nécessité de les dissoudre. Organisation et

désorganisation facultatives.

_De l'Université_. Qu'elle doit être entièrement sous la dépendance de

l'État, afin que le gouvernement puisse diriger l'esprit de la

jeunesse.--Suppression des chaires de droit constitutionnel.--Que

l'enseignement et l'apologie de l'histoire contemporaine seraient

très-utiles pour imprimer l'amour et la vénération du Prince dans les

générations futures.--Mobilisation de l'influence gouvernementale au

moyen de cours libres faits par les professeurs d'université.

_Du Barreau_. Réformes désirables. Les avocats doivent exercer leur

profession sous le contrôle du gouvernement et être nommés par lui.

_Du Clergé_. De la possibilité pour un Prince de cumuler la souveraineté

spirituelle avec la souveraineté politique. Danger que l'indépendance du

sacerdoce fait courir à l'État.

De la politique à tenir avec le souverain pontife. Menace perpétuelle

d'un schisme très-efficace pour le contenir.

Que le meilleur moyen serait de pouvoir tenir garnison à Rome, à moins

que l'on ne se décide à détruire le pouvoir temporel.

DIX-SEPTIÈME DIALOGUE.--_De la police_

Vaste développement qu'il faut donner à cette institution.

Ministère de la police. Changement de nom si le nom déplaît.--Police

intérieure, police extérieure.--Services correspondants dans tous les

ministères.--Services de police internationale.

Rôle que l'on peut faire jouer à un Prince du sang.

Rétablissement du cabinet noir nécessaire.

Des fausses conspirations. Leur utilité. Moyen d'exciter la popularité

en faveur du Prince et d'obtenir des lois d'État exceptionnelles.

Escouades invisibles qui doivent environner le Prince quand il sort.

Perfectionnements de la civilisation moderne à cet égard.

Diffusion de la police dans tous les rangs de la société.

Qu'il est à propos d'user d'une certaine tolérance quand on a entre les

mains toute la puissance de la force armée et de la police.

Comme quoi le droit de statuer sur la liberté individuelle doit

appartenir à un magistrat unique et non à un conseil.

Assimilation des délits politiques aux délits de droit commun. Effet

salutaire.

Listes du jury criminel composées par les agents du gouvernement. De la

juridiction en matière de simple délit politique.

3e PARTIE.--DIX-HUITIÈME DIALOGUE. _Des Finances et de leur esprit_

Objections de Montesquieu. Le despotisme ne peut s'allier qu'avec le

système des conquêtes et le gouvernement militaire.

Obstacles dans le régime économique. L'absolutisme ébranle le droit de

propriété.

Obstacles dans le régime financier. L'arbitraire en politique implique

l'arbitraire en finances. Vote de l'impôt, principe fondamental.

Réponse de Machiavel. Il s'appuie sur le prolétariat qui est

désintéressé dans les combinaisons financières, et ses députés sont

salariés.

Montesquieu répond que le mécanisme financier des États modernes résiste

de lui-même aux exigences du pouvoir absolu. Des budgets. Leur mode de

confection.

DIX-NEUVIÈME DIALOGUE. _Du système budgétaire_ (suite)

Garanties que présente ce système d'après Montesquieu. Équilibre

nécessaire des recettes et des dépenses. Vote distinct du budget des

recettes et du budget des dépenses. Interdiction d'ouvrir des crédits

supplémentaires et extraordinaires. Vote du budget par chapitre. Cour

des comptes.

Réponse de Machiavel. Les finances sont de toutes les parties de la

politique celle qui se prête le mieux aux doctrines du machiavélisme.

Il ne touchera pas à la Cour des comptes, qu'il regarde comme une

institution ingénue. Il se réjouit de la régularité de la perception des

deniers publics et des merveilles de la comptabilité.

Il abroge les lois qui garantissent l'équilibre des budgets, le contrôle

et la limitation des dépenses.

VINGTIÈME DIALOGUE. _Continuation du même sujet_

Que les budgets ne sont que des cadres élastiques qui doivent s'étendre

à volonté. Le vote législatif n'est au fond qu'une homologation pure et

simple.

De l'art de présenter le budget, de grouper les chiffres. Importance de

la distinction entre le budget ordinaire et le budget extraordinaire.

Artifices pour masquer les dépenses et le déficit. Que le formalisme

financier doit être impénétrable.

Des Emprunts. Montesquieu explique que l'amortissement est un obstacle

indirect à la dépense. Machiavel n'amortira pas; raisons qu'il en donne.

Que l'administration des finances est en grande partie une affaire de

presse. Parti qu'on peut tirer des comptes-rendus et des rapports

officiels.

Phrases, formules et procédés de langage, promesses, espérances dont on

doit user soit pour donner de la confiance aux contribuables, soit pour

préparer à l'avance un déficit, soit pour l'atténuer quand il est

produit.

Que parfois il faut avouer hardiment qu'on s'est trop engagé et annoncer

de sévères résolutions d'économie. Parti que l'on tire de ces

déclarations.

VINGT ET UNIÈME DIALOGUE.--_Des Emprunts_ (suite)

Machiavel fait l'apologie des emprunts. Nouveaux procédés d'emprunt par

les États. Souscriptions publiques.

Autres moyens de se procurer des fonds. Bons du trésor. Prêts par les

banques publiques, par les provinces et par les villes. Mobilisation en

rentes des biens des communes et des établissements publics. Vente des

domaines nationaux.

Institutions de crédit et de prévoyance. Sont un moyen de disposer de

toute la fortune publique et de lier le sort des citoyens au maintien du

pouvoir établi.

Comment on paie. Augmentation des impôts. Conversion. Consolidation.

Guerres.

Comment on soutient le crédit public. Grands établissements de crédit

dont la mission ostensible est de prêter à l'industrie, dont le but

caché est de soutenir le cours des fonds publics.

IVe PARTIE.--VINGT-DEUXIÈME DIALOGUE.--_Grandeurs du règne_

Les actes de Machiavel seront en rapport avec l'étendue des ressources

dont il dispose.--Il va justifier la théorie _que le bien sort du mal_.

Guerres dans les quatre parties du monde. Il suivra les traces des plus

grands conquérants.

Au dedans, constructions gigantesques. Essor donné à l'esprit de

spéculation et d'entreprise. Libertés industrielles. Amélioration du

sort des classes ouvrières.

Réflexions de Montesquieu sur toutes ces choses.

VINGT-TROISIÈME DIALOGUE.--_Des divers autres moyens que Machiavel

emploiera pour consolider son empire et perpétuer sa dynastie_

Établissement d'une garde prétorienne prête à fondre sur les parties

chancelantes de l'empire.

Retour sur les constructions et sur leur utilité politique. Réalisation

de l'idée de l'organisation du travail.--Jacquerie préparée en cas de

renversement du pouvoir.

Voies stratégiques, bastilles, cités ouvrières dans la prévision des

insurrections. Le peuple construisant contre lui-même des forteresses.

_Des petits moyens_.--Trophées, emblèmes, images et statues qui

rappellent de toutes parts la grandeur du Prince.

Le nom Royal donné à toutes les institutions et à toutes les charges.

Rues, places publiques et carrefours doivent porter les noms historiques

du règne.

De la bureaucratie.--Qu'il faut multiplier les emplois.

Des décorations et de leur usage. Moyens de se faire d'innombrables

partisans à peu de frais.

Création de titres et restauration des plus grands noms depuis

Charlemagne.

Utilité du cérémonial et de l'étiquette. Des pompes et des fêtes.--De

l'excitation au luxe et aux jouissances sensuelles comme diversion aux

préoccupations politiques.

_Des moyens moraux_. Appauvrissement des caractères. De la misère morale

et de son utilité.

Comme quoi d'ailleurs aucun de ces moyens ne nuit à la considération du

Prince et à la dignité de son règne.

VINGT-QUATRIÈME DIALOGUE.--_Particularités de la physionomie du Prince

tel que Machiavel le conçoit_

Impénétrabilité de ses desseins. Prestige qu'elle donne au Prince.--Mot

sur Borgia et Alexandre VI.

Moyens de prévenir la coalition des puissances étrangères trompées tour

à tour. Reconstitution d'un État déchu qui donne trois cent mille hommes

de plus contre l'Europe armée.

Des conseils et de l'usage que le Prince doit en faire.

Que certains vices sont des vertus dans le Prince. De la duplicité.

Combien elle est nécessaire. Tout consiste à créer en toutes choses des

apparences.

Mots qui signifieront le contraire de ce qu'ils paraîtront indiquer.

Langage que le Prince doit tenir dans un État à base démocratique.

Que le Prince doit se proposer pour modèle un grand homme des temps

passés et écrire sa vie.

Comme quoi il est nécessaire que le Prince soit vindicatif. Avec quelle

facilité les victimes oublient: Mot de Tacite.

Que les récompenses doivent suivre immédiatement le service rendu.

Utilité de la superstition. Elle habitue le peuple à compter sur

l'étoile du Prince. Machiavel est le plus heureux des joueurs et sa

chance ne peut jamais tourner.

Nécessité de la galanterie. Elle attache la plus belle moitié des

sujets.

Combien il est facile de gouverner avec le pouvoir absolu. Joies de

toutes sortes que Machiavel donnera à son peuple.--Guerres au nom de

l'indépendance européenne. Il embrassera la liberté de l'Europe, mais

pour l'étouffer.

École d'hommes politiques formés par les soins du Prince. L'État sera

rempli de Machiavels au petit pied.

VINGT-CINQUIÈME ET DERNIER DIALOGUE.--_Le dernier mot_

Douze ans de règne dans ces conditions. L'oeuvre de Machiavel est

consommé. L'esprit public est détruit. Le caractère de la nation est

changé.

Restitution de certaines libertés. Rien n'est changé au système. Les

concessions ne sont que des apparences. On est seulement sorti de la

période de la terreur.

Stigmate infligé par Montesquieu. Il ne veut plus rien entendre.

Anecdote de Dion sur Auguste. Citation vengeresse de Montesquieu.

Apologie de Machiavel couronné. Il est plus grand que Louis XIV,

qu'Henri IV et que Washington. Le peuple l'adore.

Montesquieu traite de visions et de chimères le système de gouvernement

que vient d'échafauder Machiavel.

Machiavel répond que tout ce qu'il vient de dire existe identiquement

sur un point du globe.

Montesquieu presse Machiavel de lui nommer le royaume où les choses se

passent ainsi.

Machiavel va parler; un tourbillon d'âmes l'emporte.

FIN DE LA TABLE.

Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu ou la politique de Machiavel au XIXe Siècle par un contemporain · 第 15 / 15 段