J. CAUSSE.

«FRANCE-ITALIE» ET «ITALIA-FRANCIA»

Dans la jolie villa Cavalieri s'est constitué à Rome, récemment, le

comité Italia-Francia qui, sous la présidence honoraire du marquis

Visconti-Venosta, travaillera de concert avec le comité France-Italie

présidé par M. Pichon, à resserrer les liens qui unissent les deux pays.

On remarquait parmi les assistants à la réunion: M. Luigi Luzzatti,

ancien président du Conseil; le chef socialiste réformiste, le député

Bissolati; M. Salvatore Barzilai, l'un des meilleurs orateurs du

Parlement; le leader républicain Eugenio Chiesa; le sénateur Martini,

ancien gouverneur de l'Érythrée; M. Carcano, conservateur,

vice-président de la Chambre; le sénateur Pompéo Molmenti, bien connu;

le sculpteur Léonardo Bistolfi; M. Guglielmo Ferrero, l'historien si

apprécié en France.

Le comité qui s'est formé a désigné comme secrétaire général le

commandeur Enea Cavalieri.

Celui-ci, avec beaucoup d'amabilité, a bien voulu, en quelques mots, me

dire, pour _l'Illustration_, quelles étaient les intentions du nouveau

comité:

«En nommant comme président d'honneur un diplomate tel que le marquis

Visconti-Venosta, dont personne en France n'a oublié le rôle à la

conférence d'Algésiras, nous avons voulu, me dit-il, montrer la

tradition de la politique italienne qui a été toujours la plus cordiale

vis-à-vis de la France.

» Notre comité n'a pas, nominalement, de président effectif, mais, comme

M. Luzzatti se trouve en tête des fondateurs du comité Italia-Francia,

c'est lui qui remplit effectivement cette charge.

» Nos statuts visent à la constitution de deux bureaux: l'un qui aura

pour objet les études littéraires ou artistiques intéressant les deux

pays, l'autre qui s'occupera des questions politiques et économiques.

» Remarquez bien que nous ne voulons pas que notre activité économique

devienne purement commerciale; certes, si de grandes questions touchant

nos deux pays sont en jeu, nous y donnerons toute notre attention, mais

nous ne voulons pas chercher à conclure des affaires.

» Ce que nous désirons, c'est encourager tout ce qui se fait en Italie,

pour mieux faire connaître et apprécier la France.

» Nous organiserons des conférences, nous soutiendrons les institutions

qui s'occupent de propager en Italie la langue et la culture françaises.

» Nous espérons pouvoir bientôt envoyer une forte délégation porter au

comité France-Italie à Paris les salutations de notre comité italien.»

La presse a salué avec sympathie la formation du nouveau comité et les

grands journaux romains y ont consacré leur éditorial.

A peine constitué, le comité Italia-Francia a reçu de nombreuses

adhésions de toutes les parties de l'Italie et il compte actuellement

parmi ses membres la plupart des noms qui, à l'étranger, personnifient

l'Italie intellectuelle.

Il a devant lui un bel avenir pour le plus grand bien des deux nations

latines.

L'Illustration, No. 3658, 5 Avril 1913 · 第 19 / 42 题