Jusqu'à ce jour, la parfaite justice d'en haut ou d'en bas continuera
d'exiger impérieusement qu'on l'exècre en le vomissant. Rigoureusement,
je sais bien que les Israélites peuvent être appelés nos «frères»,--au
même titre, j'en ai peur, que les plantes ou les animaux dénommés ainsi
par le séraphique saint François, qui ne s'est jamais trompé. Mais les
aimer comme _tels_ est une proposition qui révolte la nature. C'est le
surfaste miraculeux de la sainteté la plus transcendante ou l'illusion
d'une religiosité imbécile.
Il n'a pas fallu moins que l'autorité d'un des Douze pour certifier
qu'«Élie fut semblable à nous», car ce prophète qui eut le Feu pour
serviteur, paraît avoir été beaucoup plus qu'un homme; mais les Juifs
nés ou à naître depuis la Grand'Messe du premier Vendredi Saint ne
peuvent jamais être nos _semblables_.
Leur chair triste, réfractaire à tout mélange pendant un si grand nombre
de siècles, nous avertit surabondamment de leur prodigieux état
d'exception dans l'humanité.
C'est la Souche, malgré tout, de Notre Seigneur Jésus-Christ, _réservée_
par conséquent, inarrachable, immortelle,--effroyablement ébranchée,
sans doute, au lendemain du solennel «Crucifigatur», mais intacte en son
support et dont les racines adhèrent au plus profond des entrailles de
la Volonté divine.
C'est pour cela qu'ils sont tous imperturbablement identiques et si
complètement résorbés dans la personne extérieure de leurs paniques
vieillards. Les haillons noirs et la puanteur sénile n'y changent
absolument rien, et c'est parce que je voyais avec précision tous les
millionnaires contemporains, mâles ou femelles, qui font l'orgueil de
nos synagogues parfumées, dans les trois carcasses mentionnées plus
haut, qu'elles m'impressionnèrent si durablement.
L'histoire des Juifs barre l'histoire du genre humain comme une digue
barre un fleuve, pour en élever le niveau. Ils sont immobiles à jamais
et tout ce qu'on peut faire c'est de les franchir en bondissant avec
plus où moins de fracas, sans aucun espoir de les démolir.
On l'a suffisamment essayé, n'est-ce pas? et l'expérience d'une
soixantaine de générations est irrécusable. Des maîtres à qui rien ne
résistait entreprirent de les effacer. Des multitudes inconsolables de
l'Affront du Dieu vivant se ruèrent à leur tuerie. La Vigne symbolique
du Testament de Rédemption fut infatigablement sarclée de ces parasites
vénéneux; et ce peuple disséminé dans vingt peuples, sous la tutelle
sans merci de plusieurs milliers de princes chrétiens, accomplit, tout
le long des temps, son destin de fer qui consistait simplement à ne pas
mourir, à préserver toujours et partout, dans les rafales ou dans les
cyclones, la poignée de _boue_ merveilleuse dont il est parlé dans le
saint Livre et qu'il croit être le Feu divin.[5]
[5] _Machabées_, Livre II, ch. 1.
Cette nuque de désobéissants et de perfides, que Moïse trouvait si dure,
a fatigué la fureur des hommes comme une enclume d'un métal puissant qui
userait tous les marteaux. L'épée de la Chevalerie s'y est ébréchée et
le sabre finement trempé du chef musulman s'y est rompu aussi bien que
le bâton de la populace.
Il est donc bien démontré que rien n'est à faire, et, considérant ce que
Dieu supporte, il convient, assurément, à des âmes religieuses de se
demander une bonne fois, sans présomption ni rage imbécile et face à
face avec les Ténèbres, si quelque mystère infiniment adorable ne se
cache pas, après tout, sous les espèces de l'ignominie sans rivale du
Peuple Orphelin condamné dans toutes les assises de l'Espérance, mais
qui, peut-être, au jour marqué, ne sera pas trouvé sans pourvoi.