Désorganisation de l'armée française à son arrivée sur le

Rhin. -- Détresse de nos troupes en Italie et en Espagne. --

Opérations du prince Eugène dans le Frioul pendant l'automne de

1813, et sa retraite sur l'Adige. -- Opérations du maréchal Soult

en Navarre, et ses efforts infructueux pour sauver

Saint-Sébastien et Pampelune. -- Retraite de ce maréchal sur la

Nive et l'Adour. -- Retraite du maréchal Suchet sur la Catalogne.

-- Déplorable situation de la France, où tout avait été disposé

pour la conquête et rien pour la défense. -- Soulèvement des

esprits contre Napoléon parce qu'il n'avait point conclu la paix

après les victoires de Lutzen et de Bautzen. -- Les coalisés

ignorent cette situation. -- Effrayés à la seule idée de franchir

le Rhin, ils songent à faire à Napoléon de nouvelles propositions

de paix. -- Les plus disposés à transiger sont l'empereur

François et M. de Metternich. -- Causes de leur disposition

pacifique -- M. de Saint-Aignan, ministre de France à Weimar, se

trouvant en ce moment à Francfort, est chargé de se rendre à

Paris, et d'offrir la paix à Napoléon sur la base des frontières

naturelles de la France. -- Départ immédiat de M. de Saint-Aignan

pour Paris. -- Accueil qu'il reçoit. -- Craignant de s'affaiblir

par trop d'empressement à accepter les propositions de Francfort,

Napoléon admet la réunion d'un congrès à Manheim, sans

s'expliquer sur les bases de pacification proposées. -- Premières

occupations de Napoléon dès son retour à Paris. -- Irritation du

public contre M. de Bassano accusé d'avoir encouragé la politique

de la guerre. -- Son remplacement par M. de Caulaincourt. --

Quelques autres changements moins importants dans le personnel

administratif. -- Levée de 600 mille hommes, et résolution

d'ajouter des centimes additionnels à toutes les contributions.

-- Convocation immédiate du Sénat pour lui soumettre les levées

d'hommes et d'impôts ordonnées par simple décret. -- Emploi que

Napoléon se propose de faire des ressources mises à sa

disposition. -- Il espère, si la coalition lui laisse l'hiver

pour se préparer, pouvoir la rejeter au delà du Rhin. -- Ses

mesures pour conserver la Hollande et l'Italie. -- Négociation

secrète avec Ferdinand VII, et offre de lui rendre la liberté et

le trône, à condition qu'il fera cesser la guerre, et refusera

aux Anglais le territoire espagnol. -- Traité de Valençay. --

Envoi du duc de San-Carlos pour faire agréer ce traité aux

Espagnols. -- Conduite de Murat. -- Son abattement bientôt suivi

de l'ambition de devenir roi d'Italie. -- Ses doubles menées à

Vienne et à Paris. -- Il demande à Napoléon de lui abandonner

l'Italie. -- Napoléon indigné veut d'abord lui exprimer les

sentiments qu'il éprouve, et puis se borne à ne pas répondre. --

Pendant que Napoléon s'occupe de ses préparatifs, M. de

Metternich peu satisfait de la réponse évasive faite aux

propositions de Francfort, demande qu'on s'explique formellement

à leur sujet. -- Napoléon se décide enfin à les accepter, consent

à négocier sur la base des frontières naturelles, et réitère

l'offre d'un congrès à Manheim. -- Malheureusement pendant le

mois qu'on a perdu tout a changé de face dans les conseils de la

coalition. -- État intérieur de la coalition. -- Un parti

violent, à la tête duquel se trouvent les Prussiens, voudrait

qu'on poussât la guerre à outrance, qu'on détrônât Napoléon, et

qu'on réduisît la France à ses frontières de 1790. -- Ce parti

désapprouve hautement les propositions de Francfort. -- Alexandre

flatte tous les partis pour les dominer. -- L'Angleterre

appuierait l'Autriche dans ses vues pacifiques, si un événement

récent ne la portait à continuer la guerre. -- En effet à

l'approche des armées coalisées la Hollande s'est soulevée, et la

Belgique menace de suivre cet exemple. -- L'espérance d'ôter

Anvers à la France décide dès lors l'Angleterre pour la

continuation de la guerre, et pour le passage immédiat du Rhin.

-- L'Autriche, de son côté, entraînée par l'espérance de

recouvrer l'Italie, finit par adhérer aux vues de l'Angleterre et

par consentir à la continuation de la guerre. -- On renonce aux

propositions de Francfort, et on répond à M. de Caulaincourt

qu'on communiquera aux puissances alliées son acceptation tardive

des bases proposées, mais on évite de s'expliquer sur la

continuation des hostilités. -- Forces dont disposent les

puissances pour le cas d'une reprise immédiate des opérations. --

Elles ont pour les premiers mouvements 220 mille hommes, qu'au

printemps elles doivent porter à 600 mille. -- Elles se flattent

que Napoléon n'en aura pas actuellement 100 mille à leur opposer.

-- Plans divers pour le passage du Rhin. -- Les Prussiens veulent

marcher directement sur Metz et Paris; les Autrichiens au

contraire songent à remonter vers la Suisse, pour opérer une

contre-révolution dans cette contrée, et isoler l'Italie de la

France. -- Le plan des Autrichiens prévaut. -- Passage du Rhin à

Bâle le 21 décembre 1813, et révolution en Suisse. -- Abolition

de l'acte de médiation. -- Vains efforts de l'empereur Alexandre

en faveur de la Suisse. -- Marche de la coalition vers l'est de

la France. -- Arrivée de la grande armée coalisée à Langres, et

du maréchal Blucher à Nancy. -- Napoléon surpris par cette

brusque invasion ne peut plus songer aux vastes préparatifs qu'il

avait d'abord projetés, et se trouve presque réduit aux forces

qui lui restaient à la fin de 1813. -- Il reploie sur Paris les

dépôts des régiments, et y fait verser à la hâte les conscrits

tirés du centre et de l'ouest de la France. -- Il crée à Paris

des ateliers extraordinaires pour l'équipement des nouvelles

recrues, et forme de ces recrues des divisions de réserve et des

divisions de jeune garde. -- Napoléon prescrit aux maréchaux

Suchet et Soult de lui envoyer chacun un détachement de leur

armée, et dirige celui du maréchal Suchet sur Lyon, celui du

maréchal Soult sur Paris. -- Napoléon envoie d'abord la vieille

garde sous Mortier à Langres, la jeune sous Ney à Épinal, puis

ordonne aux maréchaux Victor, Marmont, Macdonald, de se replier

avec les débris des armées d'Allemagne sur les maréchaux Ney et

Mortier dans les environs de Châlons, où il se propose de les

rejoindre avec les troupes organisées à Paris. -- Avant de

quitter la capitale, Napoléon assemble le Corps législatif. --

Communications au Sénat et au Corps législatif. -- État d'esprit

de ces deux assemblées. -- Désir du Corps législatif de savoir ce

qui s'est passé dans les dernières négociations. --

Communications faites à ce corps. -- Rapport de M. Lainé sur ces

communications. -- Ajournement du Corps législatif. -- Violents

reproches adressés par Napoléon aux membres de cette assemblée.

-- Tentative pour reprendre les négociations de Francfort. --

Envoi de M. de Caulaincourt aux avant-postes des armées

coalisées. -- Réponse évasive de M. de Metternich, qui sans

s'expliquer sur la reprise des négociations, déclare qu'on attend

lord Castlereagh actuellement en route pour le quartier général

des alliés. -- Dernières mesures de Napoléon en quittant Paris.

-- Ses adieux à sa femme et à son fils qu'il ne devait plus

revoir. 1 à 213

LIVRE CINQUANTE-DEUXIÈME.

BRIENNE ET MONTMIRAIL.

Arrivée de Napoléon à Châlons-sur-Marne le 25 janvier. --

Abattement des maréchaux, et assurance de Napoléon. -- Son plan

de campagne. -- Son projet de manoeuvrer entre la Seine et la

Marne, dans la conviction que les armées coalisées se diviseront

pour suivre le cours de ces deux rivières. -- Soupçonnant que le

maréchal Blucher s'est porté sur l'Aube pour se réunir au prince

de Schwarzenberg, il se décide à se jeter d'abord sur le général

prussien. -- Brillant combat de Brienne livré le 29 janvier. --

Blucher est rejeté sur la Rothière avec une perte assez notable.

-- En ce moment les souverains réunis autour du prince de

Schwarzenberg, délibèrent s'il faut s'arrêter à Langres, pour y

négocier avant de pousser la guerre plus loin. -- Arrivée de lord

Castlereagh au camp des alliés. -- Caractère et influence de ce

personnage. -- Les Prussiens par esprit de vengeance, Alexandre

par orgueil blessé, veulent pousser la guerre à outrance. -- Les

Autrichiens désirent traiter avec Napoléon dès qu'on le pourra

honorablement. -- Lord Castlereagh vient renforcer ces derniers,

à condition qu'on obligera la France à rentrer dans ses limites

de 1790, et que lui ôtant la Belgique et la Hollande, on en

formera un grand royaume pour la maison d'Orange. -- Empressement

de tous les partis à satisfaire l'Angleterre. -- Lord Castlereagh

ayant obtenu ce qu'il désirait, décide les cours alliées à

l'ouverture d'un congrès à Châtillon, où l'on appelle M. de

Caulaincourt pour lui offrir le retour de la France à ses

anciennes limites. -- La question politique étant résolue de la

sorte, la question militaire se trouve résolue par l'engagement

survenu entre Blucher et Napoléon. -- Le prince de Schwarzenberg

vient au secours du général prussien avec toute l'armée de

Bohême. -- Position de Napoléon ayant sa droite à l'Aube, son

centre à la Rothière, sa gauche aux bois d'Ajou. -- Sanglante

bataille de la Rothière livrée le 1er février 1814, dans laquelle

Napoléon, avec 32 mille hommes, tient tête toute une journée à

100 mille combattants. -- Retraite en bon ordre sur Troyes le 2

février. -- Position presque désespérée de Napoléon. -- Replié

sur Troyes, il n'a pas 50 mille hommes à opposer aux armées

coalisées, qui peuvent en réunir 220 mille. -- En proie aux

sentiments les plus douloureux, il ne perd cependant pas courage,

et fait ses dispositions dans la prévoyance d'une faute capitale

de la part de l'ennemi. -- Ses mesures pour l'évacuation de

l'Italie, et pour l'appel à Paris d'une partie des armées qui

défendent les Pyrénées. -- Ordre de disputer Paris à outrance

pendant qu'il manoeuvrera, et d'en faire sortir sa femme et son

fils. -- Réunion du congrès de Châtillon. -- Propositions

outrageantes faites à M. de Caulaincourt, lesquelles consistent à

ramener la France aux limites de 1790, en l'obligeant en outre de

rester étrangère à tous les arrangements européens. -- Douleur et

désespoir de M. de Caulaincourt. -- Pendant ce temps la faute

militaire que Napoléon prévoyait s'accomplit. -- Les coalisés se

divisent en deux masses: l'une sous Blucher doit suivre la Marne,

et déborder Napoléon par sa gauche, pour l'obliger à se replier

sur Paris, tandis que l'autre, descendant la Seine, le poussera

également sur Paris pour l'y accabler sous les forces réunies de

la coalition. -- Napoléon partant le 9 février au soir de Nogent

avec la garde et le corps de Marmont, se porte sur Champaubert.

-- Il y trouve l'armée de Silésie divisée en quatre corps. --

Combats de Champaubert, de Montmirail, de Château-Thierry, de

Vauchamp, livrés les 10, 11, 12 et 14 février. -- Napoléon fait

20 mille prisonniers à l'armée de Silésie, et lui tue 10 mille

hommes, sans presque aucune perte de son côté. -- À peine délivré

de Blucher, il se rejette par Guignes sur Schwarzenberg qui avait

franchi la Seine, et l'oblige à la repasser en désordre. --

Combats de Nangis et de Montereau les 18 et 19 février. -- Pertes

considérables des Russes, des Bavarois et des Wurtembergeois. --

Un retard survenu à Montereau permet au corps de Colloredo, qu'on

allait prendre tout entier, de se sauver. -- Grands résultats

obtenus en quelques jours par Napoléon. -- Situation complétement

changée. -- Événements militaires en Belgique, à Lyon, en Italie,

et sur la frontière d'Espagne. -- Révocation des ordres envoyés

au prince Eugène pour l'évacuation de l'Italie. -- Renvoi de

Ferdinand VII en Espagne, et du Pape en Italie. -- La coalition,

frappée de ses échecs, se décide à demander un armistice. --

Envoi du prince Wenceslas de Liechtenstein à Napoléon. --

Napoléon feint de le bien accueillir, mais résolu à poursuivre

les coalisés sans relâche, se borne à une convention verbale pour

l'occupation pacifique de la ville de Troyes. -- Résultat

inespéré de cette première période de la campagne. 214 à 386

LIVRE CINQUANTE-TROISIÈME.

PREMIÈRE ABDICATION.

État intérieur de Paris pendant les dernières opérations

militaires de Napoléon. -- Secrètes menées des partis. --

Attitude de M. de Talleyrand; ses vues; envoi de M. de Vitrolles

au camp des alliés. -- Conférences de Lusigny; instructions

données à M. de Flahaut relativement aux conditions de

l'armistice. -- Efforts tentés de notre part pour faire préjuger

la question des frontières en traçant la ligne de séparation des

armées. -- Retraite du prince de Schwarzenberg jusqu'à Langres.

-- Grand conseil des coalisés. -- Le parti de la guerre à

outrance veut qu'on adjoigne les corps de Wintzingerode et de

Bulow à l'armée de Blucher, afin de procurer à celui-ci les

moyens de marcher sur Paris. -- La difficulté d'ôter ces corps à

Bernadotte levée extraordinairement par lord Castlereagh. -- Ce

dernier profite de cette occasion pour proposer le traité de

Chaumont, qui lie la coalition pour vingt ans, et devient ainsi

le fondement de la Sainte-Alliance. -- Joie de Blucher et de son

parti; sa marche pour rallier Bulow et Wintzingerode. -- Danger

du maréchal Mortier envoyé au delà de la Marne, et de Marmont

laissé entre l'Aube et la Marne. -- Ces deux maréchaux

parviennent à se réunir, et à contenir Blucher pendant que

Napoléon vole à leur secours. -- Marche rapide de Napoléon sur

Meaux. -- Difficulté de passer la Marne. -- Blucher, couvert par

la Marne, veut accabler les deux maréchaux qui ont pris position

derrière l'Ourcq. -- Napoléon franchit la Marne, rallie les deux

maréchaux, et se met à la poursuite de Blucher, qui est obligé de

se retirer sur l'Aisne. -- Situation presque désespérée de

Blucher menacé d'être jeté dans l'Aisne par Napoléon. -- La

reddition de Soissons, qui livre aux alliés le pont de l'Aisne,

sauve Blucher d'une destruction certaine, et lui procure un

renfort de cinquante mille hommes par la réunion de

Wintzingerode et de Bulow. -- Situation critique de Napoléon et

son impassible fermeté en présence de ce subit changement de

fortune. -- Première conception du projet de marcher sur les

places fortes pour y rallier les garnisons, et tomber à la tête

de cent mille hommes sur les derrières de l'ennemi. -- Il est

nécessaire auparavant d'aborder Blucher et de lui livrer

bataille. -- Napoléon enlève le pont de Berry-au-Bac, et passe

l'Aisne avec cinquante mille hommes en présence des cent mille

hommes de Blucher. -- Dangers de la bataille qu'il faut livrer

avec cinquante mille combattants contre cent mille. -- Raisons

qui décident Napoléon à enlever le plateau de Craonne pour se

porter sur Laon par la route de Soissons. -- Sanglante bataille

de Craonne, livrée le 7 mars, dans laquelle Napoléon enlève les

formidables positions de l'ennemi. -- Après s'être emparé de la

route de Soissons, Napoléon veut pénétrer dans la plaine de Laon

pour achever la défaite de Blucher. -- Nouvelle et plus sanglante

bataille de Laon, livrée les 9 et 10 mars, et restée indécise par

la faute de Marmont qui s'est laissé surprendre. -- Napoléon est

réduit à battre en retraite sur Soissons. -- Son indomptable

énergie dans une situation presque désespérée. -- Le corps de

Saint-Priest s'étant approché de lui, il fond sur ce corps qu'il

met en pièces dans les environs de Reims, après en avoir tué le

général. -- Napoléon menacé d'être étouffé entre Blucher et

Schwarzenberg, se résout à exécuter son grand projet de marcher

sur les places, pour en rallier les garnisons et tomber sur les

derrières des alliés. -- Ses instructions pour la défense de

Paris pendant son absence. -- Consternation de cette capitale. --

Le conseil de régence consulté veut qu'on accepte les

propositions du congrès de Châtillon. -- Indignation de Napoléon,

qui menace d'enfermer à Vincennes Joseph et ceux qui parlent de

se soumettre aux conditions de l'ennemi. -- Événements qui se

sont passés dans le Midi, et bataille d'Orthez, à la suite de

laquelle le maréchal Soult s'est porté sur Toulouse, et a laissé

Bordeaux découvert. -- Entrée des Anglais dans Bordeaux, et

proclamation des Bourbons dans cette ville le 12 mars. -- Fâcheux

retentissement de ces événements à Paris. -- Napoléon en voyant

l'effroi de la capitale, vers laquelle le prince de Schwarzenberg

s'est sensiblement avancé, se décide, avant de marcher sur les

places, à faire une apparition sur les derrières de Schwarzenberg

pour le détourner de Paris en l'attirant à lui. -- Mouvement de

la Marne à la Seine, et passage de la Seine à Méry. -- Napoléon

se trouve à l'improviste en face de toute l'armée de Bohême. --

Bataille d'Arcis-sur-Aube, livrée le 22 mars, dans laquelle vingt

mille Français tiennent tête pendant une journée à

quatre-vingt-dix mille Russes et Autrichiens. -- Napoléon prend

enfin le parti de repasser l'Aube et de se couvrir de cette

rivière. -- Il se porte sur Saint-Dizier dans l'espérance d'avoir

attiré l'armée de Bohême à sa suite. -- Son projet de s'avancer

jusqu'à Nancy pour y rallier quarante à cinquante mille hommes

des diverses garnisons. -- En route il est rejoint par M. de

Caulaincourt, lequel a été obligé de quitter le congrès de

Châtillon par suite du refus d'admettre les propositions des

alliés. -- Fin du congrès de Châtillon et des conférences de

Lusigny. -- Napoléon n'a aucun regret de ce qu'il a fait, et ne

désespère pas encore de sa fortune. -- Pendant ce temps les

armées de Silésie et de Bohême, entre lesquelles il a cessé de

s'interposer, se sont réunies dans les plaines de Châlons, et

délibèrent sur la marche à adopter. -- Grand conseil des

coalisés. -- La raison militaire conseillerait de suivre

Napoléon, la raison politique de le négliger, pour se porter sur

Paris et y opérer une révolution.. -- Des lettres interceptées de

l'Impératrice et des ministres décident la marche sur Paris. --

Influence du comte Pozzo di Borgo en cette circonstance. --

Mouvement des alliés vers la capitale. -- Marmont et Mortier

s'étant laissé couper de Napoléon, rencontrent l'armée entière

des coalisés. -- Triste journée de Fère-Champenoise. -- Retraite

des deux maréchaux. -- Apparition de la grande armée coalisée

sous les murs de Paris. -- Incapacité du ministre de la guerre et

incurie de Joseph, qui n'ont rien préparé pour la défense de la

capitale. -- Conseil de régence où l'on décide la retraite du

gouvernement et de la cour à Blois. -- Au lieu d'organiser une

défense populaire dans l'intérieur de Paris, on a la folle idée

de livrer bataille en dehors de ses murs. -- Bataille de Paris

livrée le 30 mars avec vingt-cinq mille Français contre cent

soixante-dix mille coalisés. -- Bravoure de Marmont et de

Mortier. -- Capitulation forcée de Paris. -- M. de Talleyrand

s'applique à rester dans Paris, et à s'emparer de l'esprit de

Marmont. -- Entrée des alliés dans la capitale; leurs

ménagements; attitude à leur égard des diverses classes de la

population. -- Empressement des souverains auprès de M. de

Talleyrand, qu'ils font en quelque sorte l'arbitre des destinées

de la France. -- Événements qui se passent à l'armée pendant la

marche des coalisés sur Paris. -- Brillant combat de

Saint-Dizier; circonstance fortuite qui détrompe Napoléon, et lui

apprend enfin qu'il n'est pas suivi par les alliés. -- Le danger

évident de la capitale et le cri de l'armée le décident à

rebrousser chemin. -- Son retour précipité. -- Napoléon pour

arriver plus tôt se sépare de ses troupes, et parvient à

Fromenteau entre onze heures du soir et minuit, au moment même où

l'on signait la capitulation de Paris. -- Son désespoir, son

irritation, sa promptitude à se remettre. -- Tout à coup il forme

le projet de se jeter sur les coalisés disséminés dans la

capitale et partagés sur les deux rives de la Seine, mais comme

il n'a pas encore son armée sous la main, il se propose de gagner

en négociant les trois ou quatre jours dont il a besoin pour la

ramener. -- Il charge M. de Caulaincourt d'aller à Paris afin

d'occuper Alexandre en négociant, et se retire à Fontainebleau

dans l'intention d'y concentrer l'armée. -- M. de Caulaincourt

accepte la mission qui lui est donnée, mais avec la secrète

résolution de signer la paix à tout prix. -- Accueil fait par

l'empereur Alexandre à M. de Caulaincourt. -- Ce prince désarmé

par le succès redevient le plus généreux des vainqueurs. --

Cependant il ne promet rien, si ce n'est un traitement convenable

pour la personne de Napoléon. -- Les souverains alliés, moins

l'empereur François retiré à Dijon, tiennent conseil chez M. de

Talleyrand pour décider du gouvernement qu'il convient de donner

à la France. -- Principe de la légitimité heureusement exprimé et

fortement soutenu par M. de Talleyrand. -- Déclaration des

souverains qu'ils ne traiteront plus avec Napoléon. --

Convocation du Sénat, formation d'un gouvernement provisoire à la

tête duquel se trouve M. de Talleyrand. -- Joie des royalistes;

leurs efforts pour faire proclamer immédiatement les Bourbons;

voyage de M. de Vitrolles pour aller chercher le comte d'Artois.

-- M. de Talleyrand et quelques hommes éclairés dont il s'est

entouré, modèrent le mouvement des royalistes, et veulent qu'on

rédige une constitution, qui sera la condition expresse du retour

des Bourbons. -- Empressement d'Alexandre à entrer dans ces

idées. -- Déchéance de Napoléon prononcée le 3 avril, et

rédaction par le Sénat d'une constitution la fois monarchique et

libérale. -- Vains efforts de M. de Caulaincourt en faveur de

Napoléon, soit auprès d'Alexandre, soit auprès du prince de

Schwarzenberg. -- On le renvoie à Fontainebleau pour persuader à

Napoléon d'abdiquer; en même temps on cherche à détacher les

chefs de l'armée. -- D'après le conseil de M. de Talleyrand,

toutes les tentatives de séduction sont dirigées sur le maréchal

Marmont, qui forme à Essonne la tête de colonne de l'armée. --

Événements à Fontainebleau pendant les événements de Paris. --

Grands projets de Napoléon. -- Sa conviction, s'il est secondé,

d'écraser les alliés dans Paris. -- Ses dispositions militaires

et son extrême confiance dans Marmont qu'il a placé sur

l'Essonne. -- Réponses évasives qu'il fait à M. de Caulaincourt,

et ses secrètes résolutions pour le lendemain. -- Le lendemain, 4

avril, il assemble l'armée, et annonce la détermination de

marcher sur Paris. -- Enthousiasme des soldats et des officiers

naguère abattus, et consternation des maréchaux. -- Ceux-ci, se

faisant les interprètes de tous les hommes fatigués, adressent à

Napoléon de vives représentations. -- Napoléon leur demande s'ils

veulent vivre sous les Bourbons. -- Sur leur réponse unanime

qu'ils veulent vivre sous le Roi de Rome, il a l'idée de les

envoyer à Paris avec M. de Caulaincourt pour obtenir la

transmission de la couronne à son fils. -- Tandis qu'il feint

d'accepter cette transaction, il est toujours résolu à la grande

bataille dans Paris, et en fait tous les préparatifs. -- Départ

des maréchaux Ney et Macdonald, avec M. de Caulaincourt, pour

aller négocier la régence de Marie-Louise au prix de l'abdication

de Napoléon. -- Leur rencontre avec Marmont à Essonne. --

Embarras de celui-ci qui leur avoue qu'il a traité secrètement

avec le prince de Schwarzenberg, et promis de passer avec son

corps d'armée du côté du gouvernement provisoire. -- Sur leurs

observations il retire la parole donnée au prince de

Schwarzenberg, ordonne à ses généraux, qu'il avait mis dans sa

confidence, de suspendre tout mouvement, et suit à Paris la

députation chargée d'y négocier pour le Roi de Rome. -- Entrevue

des maréchaux avec l'empereur Alexandre. -- Ce prince, un moment

ébranlé, remet la décision au lendemain. -- Pendant ce temps

Napoléon ayant mandé Marmont à Fontainebleau pour préparer sa

grande opération militaire, les généraux du 6e corps se croient

découverts, quittent l'Essonne, et exécutent le projet suspendu

de Marmont. -- Cette nouvelle achève de décider les souverains

alliés, et la cause du Roi de Rome est définitivement abandonnée.

-- M. de Caulaincourt renvoyé auprès de Napoléon pour obtenir son

abdication pure et simple. -- Napoléon, privé du corps de

Marmont, et ne pouvant plus dès lors rien tenter de sérieux,

prend le parti d'abdiquer. -- Retour de M. de Caulaincourt à

Paris et ses efforts pour obtenir un traitement convenable en

faveur de Napoléon et de la famille impériale. -- Générosité

d'Alexandre. -- M. de Caulaincourt obtient l'île d'Elbe pour

Napoléon, le grand-duché de Parme pour Marie-Louise et le Roi de

Rome, et des pensions pour tous les princes de la famille

impériale. -- Son retour à Fontainebleau. -- Tentative de

Napoléon pour se donner la mort. -- Sa résignation. -- Élévation

de ses pensées et de son langage. -- Constitution du Sénat, et

entrée de M. le comte d'Artois dans Paris le 12 avril. --

Enthousiasme et espérances des Parisiens. -- Départ de Napoléon

pour l'île d'Elbe. -- Coup d'oeil général sur les grandeurs et

les fautes du règne impérial. 387 à 900

NOTE. 901

FIN DE LA TABLE DU DIX-SEPTIÈME VOLUME.

[Note au lecteur de ce fichier numérique:

Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été

corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.

Les lettres supérieures inhabituelles ont été entourées de

parenthèses.

--Page 606: Le titre de l'illustration "Armée" a été rajouté lors de

la création de ce fichier; le titre original étant illisible.

--Page 830: De même pour le titre de l'illustration "Napoléon".]

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 17/20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 65 / 65 段