Chapitre .xi.
Une bource qu’on dit une aulmosniere
Nous convient pendre a ceste ceinturette
D’or & de parles bien brodee par maniere
Tant qu’elle appere de grant valeur & chere
Madame vault d’avoir chose si faicte
La bource doit pour estre plus parfaicte
Avoir fermans pour seurement garder
Ce que princesse veult tenir ou donner
La bource peult & si est bien lyee
La bource garde aulmosnes & biensfaitz
Que princesse doit donner la journee
Sans la bource dame n’est pas douee
Ne ses utilz necessaires parfaitz
En approuvant ce que je dis parfaictz
La bource aura en fructuosité
Le propre nom de liberalité
La bource peult sur ce devons entendre
Que noble cueur doit en l’air tousjours estre
Pour aulmosner pour donner pour despendre
Qu’on le demande/ on ne le doit attendre
Qui scet donner il est des cueurs le maistre
Les serrans sont le secret de la lettre
Signifiant la bource non ouverte
Pour avoir loz ou pour don sans desserte
L’aumosne doit estre sans vaine gloire
Mais doit donner a la necessité
Tant qu’aux biens fais on ne le doit acroire
Qui fait plaisir guerdonner & ancoire
Cueur liberal n’a jamais povreté
Mais garder fault que prodigalité
Ne face tant que nous soyons souffrans
Pource sont mis es bources les clouans
Chascune femme ne peult pas bource avoir
D’or & de soye richement estoffee
Et si ne peult de partir tel avoir
Q’ung autre riche de terre & de manoir
Donner pour Dieu ne autre grant souldee
Face des biens selon qu’elle est rentee
Du povre/ Dieu agree le denier
Souvent plusfort que du riche ung millier
Faisons aumosne sans nul ypocrisie
Donnons des biens selon nostre puissance
Secourons ceulx que fortune apourie
Ayons regard au leal qui mendie
La doit pitié faire sa remonstrance
Qui le desert ayez en congnoissance
Mais que vertu soit cause du service
C’est don perdu qui est acquis par vice