Le point de départ est l'arrêt de Montesquieu (dans la 117e des _Lettres
persanes_) sur le catholicisme «qui ne peut durer cinq cents ans.»
Il n'eut jamais d'éclipse plus forte que sous la Régence. On ne le
combattit pas; on l'oublia.
Le jugement de Dieu, qu'il attestait toujours, avait deux fois prononcé
contre lui. Vaincu deux fois, avec Philippe II, avec Louis XIV, il
paraissait fini. Il l'était bien plus en lui-même, ayant dans
l'_Unigenitus_ condamné l'Évangile, et les propres mots de Jésus.
Montesquieu ne s'amuse pas à faire la petite guerre, noter tel scandale,
tel abus. Il va à la vraie question: Si le catholicisme meurt, est-ce un
effet de ses abus qui l'écartent de l'Évangile? ou l'effet naturel,
nécessaire, du principe chrétien?--Quel est-il, ce principe, et quelle
est sa portée?
Regardant l'avenir, dédaignant le présent et méprisant ce monde,
condamnant toute occupation mondaine, maudissant la nature, il est
essentiellement stérile et dépopulateur (_Lettre_ 144).--Il est le père
des moines, mais il en est le fils, issu du monachisme oriental, si fort
en Égypte, en Syrie, avant Jésus, plus fort dans la mort de l'Empire, ce
grand tombeau des nations. Au monde défaillant qui n'agissait plus
guère, qui n'espérait plus rien, il interdit l'espoir, _défendit
l'action_.
* * * * *