[95] LUTHER, _Grand Catéchisme_, t. X. de ses _Oeuvres complètes._
[96] Les catholiques appliquent également le même principe, lorsque
c'est au profit de leur boutique.
Marotte, vicaire général de l'évêque de Verdun (1874), dit: page 181 de
son _Cours complet d'instruction chrétienne à l'usage des écoles
chrétiennes_, ouvrage publié avec l'approbation des évêques.
Est-il permis de commettre une mauvaise action ou de s'en réjouir, quel
que soit le profit qu'elle rapporte?
Il n'est jamais permis de commettre une mauvaise action ou de s'en
réjouir à cause du profit qu'elle rapporte. Mois il est permis de se
réjouir à cause d'un profit, même s'il provient d'une mauvaise action.
Par exemple, un fils peut, avec plaisir, hériter de son père mort
assassiné.
Est-on toujours coupable de vol lorsqu'on prend le bien d'autrui? Non.
Car le cas peut se présenter que celui dont on s'approprie le bien n'a
pas le droit de protester, ce qui arrive, par exemple, lorsque celui qui
prend le bien d'autrui se trouve dans une profonde misère, et qu'il se
contente de prendre seulement le nécessaire pour se sauver ou qu'il
prend secrètement à son prochain, à titre de restitution, ce que
celui-ci lui doit réellement et qu'il ne peut obtenir d'une autre
manière.
Et à la page 276:
Peut-on être exempté quelquefois de l'obligation de restituer la chose
volée? Oui.
Quelles sont les raisons qui permettent de ne pas faire cette
restitution?
Ces raisons sont: 1° Impuissance physique, c'est-à-dire que le débiteur
ne possède rien ou se trouve dans un état de profonde misère; 2°
impuissance morale, c'est-à-dire que le débiteur ne peut pas restituer
sans perdre sa position acquise, sans se ruiner ou entraîner sa famille
dans la misère, sans s'exposer au danger de perdre sa bonne réputation.