PROCÉDÉS DE FABRICATION

Les tapis turcs, connus sous le nom de tapis de Smyrne, se fabriquent

dans toute l’Anatolie, mais principalement dans trois villes: Ouchak,

Gheurdès et Koula, qui donnent chacune à leurs produits un cachet

particulier.

C’est à Ouchak surtout que se fabriquent les tapis à haute laine. Les

femmes turques s’en occupent presque seules. Il n’a été permis que

depuis quelques années aux femmes grecques de tisser des tapis à haute

laine; par contre, les femmes grecques fabriquent exclusivement cet

autre produit à double face, appelé dans le pays Kilim grec.

Les procédés de fabrication sont simples et faciles: un grand châssis

posé verticalement porte dans le haut un cylindre en bois sur lequel on

passe la chaîne, qui est tendue par une traverse également en bois. A la

partie inférieure de ce châssis, un autre cylindre reçoit le tapis à

mesure qu’il est exécuté.

Les ouvrières sont assises devant le cadre qui porte la chaîne. Pour

composer le dessin elles prennent les fils de laine teinte et préparés

d’avance et les nouent à la chaîne par des nœuds coulants. Elles passent

ensuite la trame à la main, serrent les nœuds avec un grand peigne de

bois et enfin nivellent la partie tissée avec des ciseaux. Tout ce

travail est exécuté avec une dextérité et une précision incroyables.

D’ordinaire, chaque ouvrière n’exécute que la partie du dessin qui lui

est assignée. Aussi connaît-elle de mémoire le nombre des fils qu’elle

doit employer et n’est-elle jamais indécise pour composer une nuance.

Mais quand il s’agit d’exécuter un nouveau dessin, on choisit l’ouvrière

la plus experte, pour composer sur le croquis qui lui est soumis un

modèle qu’elle livre ensuite aux autres femmes qui doivent tisser le

tapis. Ces dernières se servent de l’envers du modèle pour en compter

les points et confectionner la pièce voulue. Avec cette méthode de

fabrication, le tapis ne présente aux regards que les têtes des laines

égalisées, sans laisser voir ni la chaîne ni la trame. La durée de

pareils tapis est indéfinie.

On compte à Ouchak 2,000 métiers, dont 600 environ sont en activité

toute l’année.

La fabrication occupe en moyenne 4,000 ouvrières et ouvriers, soit 3,000

femmes et 500 jeunes filles pour le tissage, et 500 hommes pour le

lavage des laines et la teinture.

Le salaire des ouvrières est de 4 fr. à 4 fr. 80 cent. par semaine.

Chaque femme tisse par jour, en moyenne, de 20 à 25 centimètres de

longueur, sur 68 centimètres de large.

Pour l’exécution d’un tapis d’environ 4 mètres de large, on emploie

ordinairement six femmes, qui travaillent à 68 centimètres environ les

unes des autres.

En Turquie d'Asie · 第 75 / 156 题