QUALITÉS OCQUES KILOGRAMMES

Japonais 81,634 104,659

Indigènes 12,618 16,177

Bagdads 14,308 18,343

Bouharas 8,059 10,333

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116,619 149,512

Il a été importé, en 1880-81, des contrées environnant Brousse ou

d’autres régions séricicoles une quantité de 104,659 ocques ou 134,178

kilogrammes de cocons à l’état sec de diverses races, parmi lesquelles

les japonais dominaient dans les proportions ci-dessus.

* * * * *

Récapitulation:

Cocons vendus à Brousse à l’état frais. 116,500 ocq. ou 149,350 k.

-- -- -- sec. 116,619 149,512

Cocons à l’état sec provenant des environs 104,639 134,178

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Total général: 337,778 ocques 433,040 k.

Il y a dans le vilayet de Hudavendighiar deux marchés importants où

s’approvisionnent généralement les filateurs de soie de la province:

Brousse et Bilédjik.

La quantité ci-dessus représente le produit des contrées environnant

Brousse et qui alimentent les filatures de cette ville.

Quant aux produits des régions qui fournissent Bilédjik, nous en ferons

mention sommairement aussi afin de faire ressortir l’ensemble de la

production du vilayet.

* * * * *

_Place de Brousse._--La quantité de 433,040 kilogrammes de cocons

secs, total général de la récapitulation précédente, formant

l’approvisionnement des filateurs de Brousse, a été convertie en soie

dans les diverses filatures de cette ville (45 fabriques à la française,

2,100 tours environ), du mois de juin 1880 au mois de mai 1881. Elle a

produit 928 balles de soies grèges, de premier ordre, filées en grande

partie dans les titres fins, sur lesquels la demande a spécialement

porté l’année dernière. Ces 928 balles, qui pèsent de 80 à 100 kilos

chacune, représentent environ 83,520 kilogrammes de soies.

Cette quantité de grèges calculée, dans l’ensemble (comme en 1855 et

1864), sur la base de 62 fr. 80 le kilogramme, bien que ce prix soit le

cours le plus élevé de la campagne de 1880-81, représente une somme de

5,245,000 francs, qui est la valeur approximative des soies produites à

Brousse en 1880-81.

* * * * *

_Place de Bilédjik._--Si l’on se reporte à la moyenne de la production

des dix dernières années, on constate que cette place fournit

ordinairement la moitié de la quantité de grèges fabriquées à Brousse.

Les qualités et partant le rendement des cocons qui se consomment à

Bilédjik sont identiquement les mêmes que ceux de la matière première

employée ici. Les races japonaises s’y trouvent peut-être en plus grande

proportion. L’élevage des vers s’y fait du reste de la même manière,

et le résultat de chaque campagne--comme plus ou moins de

réussite--concorde généralement avec celui de Brousse. La campagne de

1880-81 ne s’est guère écartée de cette règle, puisque les fabriques

réunies de Bilédjik, Kuplu, Seughud et Lefké (1,100 tours environ,

système français) ont fourni près de 400 balles de grèges formant

ensemble 36,000 kilogrammes; ce qui représente à peu près le 43 % de la

production obtenue dans les autres régions séricicoles du vilayet.

Les 400 balles ou 36,000 kilogrammes de soies fabriquées à Bilédjik et

ses dépendances, estimées également au même cours de 62 fr. 80 le

kilogramme (ces grèges sont aussi dénommées _soies_ de Brousse sur les

marchés européens), forment un montant de 2,260,000 francs, comme valeur

approximative de la production soyeuse en 1880-81 dans les contrées

séricicoles environnant Brousse.

* * * * *

Ce chiffre ajouté à celui ci-dessus de 5,245,000 francs donne un total

de 7,505,000 francs, ce qui représente--au cours nominal de 62 francs 80

c. le kilogramme de grège--la valeur approximative des soies produites

dans toute la province, durant la campagne séricicole de 1880-81.

* * * * *

Ces soies,--à l’exception de quelques balles dirigées sur

Marseille,--ont été expédiées ou consignées sur le marché de Lyon.

En 1870-71, pendant la guerre franco-allemande, Londres et Nottingham

avaient reçu à peu près 30 % de la production soyeuse du vilayet. Après

1871, ce chiffre avait baissé presque immédiatement à 10 %, puis à 5 %,

puis à 1 %. Pendant la campagne 1880-81 rien n’a été exporté de Brousse

pour les marchés anglais.

Déchets de soie provenant de toutes les contrées séricicoles du vilayet.

Ce qui relève dans une faible mesure l’infériorité du chiffre total

ci-dessus, comme valeur de la production actuelle en comparaison du

chiffre auquel s’élevait le montant des produits soyeux du pays, il y a

seize années, ce sont les _déchets de soie_, dont la valeur et la

quantité ont augmenté d’une manière très sensible durant ces derniers

temps, pendant que l’article principal, la grège, éprouvait, dans la

même période, une réaction contraire.

Ainsi, tels débris de soie ou de cocons dont on ne tirait aucun parti

avant 1865, offrent aujourd’hui une ressource importante aux fabricants

ou négociants du pays. Parmi ces débris, il y en a qui servaient

d’engrais, il n’y a pas encore longtemps, aux jardins mûriers qui

entourent les villes ou les villages où sont installées des filatures.

On supportait même quelques frais pour débarrasser les fabriques de

certains déchets très inférieurs à cause de leur exhalaison fétide. Ces

mêmes déchets font en ce moment l’objet d’un commerce très actif entre

Brousse et Marseille.

L’augmentation des déchets de soie, dans la proportion actuellement

existante, est la preuve la plus manifeste que l’on puisse donner à

l’appui de la décadence des races de cocons dans ce pays. Car il est

avéré que lorsque les cocons produits sont _sains_, c’est-à-dire de

qualité supérieure, la plus grande partie de la matière soyeuse dont ils

se composent pouvant être convertie en soie, _il y a peu de déchets_;

tandis que les années où les cocons obtenus sont de qualité inférieure,

soit que l’éducation des vers ait été par trop contrariée à la suite

d’intempéries pendant la période délicate de l’élevage, soit que la

quantité générale de la graine mise à l’éclosion ait été infectée à un

degré plus ou moins grand, ce qui est ici l’effet du hasard, la quantité

des déchets produits accuse immédiatement une augmentation très

sensible.

* * * * *

Voici le relevé approximatif des déchets de soie qui ont été exportés,

durant la campagne 1880-81, pour le marché de Marseille presque

exclusivement:

Qualités Quantités en kil. Valeur en fr.

Frison blanc, vert et jaune 36,000 432,000

Doupion fin et ferme 5,000 80,000

Bourre de soie 3,000 30,000

Cocons percés mélangés 75,000 337,500

Chiques, piqués, ratis et rouillés 37,500 150,000

Cocons doubles (par exception) 5,000 20,000

Frisonnets crus et cuits 30,000 45,000

Bassinets et crapauds 300,000 450,000

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491,500 1,544,500

En comparaison des cours actuels de la soie, la valeur de ces diverses

qualités de déchet se trouve disproportionnellement élevée. Ainsi

l’article frison étant coté 22 francs le kilogramme au moment où la

grège de Brousse valait 145 francs le kilogramme, en 1868, ne devrait

valoir que 9 francs 60 le kilogramme, du moment que le coût de la soie

est réduit à 63 francs. On paye les frisons 12 et même 13 francs. Cette

disproportion qui existe, dans des limites plus accentuées, sur presque

tous les autres déchets, explique la valeur acquise par certains débris

de soie dont on ne se préoccupait pas avant cet état de choses.

Le commerce de la soie se fait à Brousse sur _ocque_ qui représente 1225

grammes, et par _livre turque_, qui équivaut en moyenne à 23 francs. Le

cours de change de cette monnaie dont le marché régulateur est

Constantinople, varie de 22 fr. 80 à 23 fr. 70, ce dont il faut tenir

compte dans le coût des achats.

Le commerce des cocons et des déchets de soie se fait aussi sur

_ocques_, mais par _piastres_. Actuellement 108 piastres valent une

livre turque. Ce taux varie également suivant la prime que l’or acquiert

sur les diverses espèces de monnaie argent ou cuivre du pays.

Le gouvernement turc perçoit, à la vente des cocons sur les divers

marchés du vilayet, un droit de 10 et demi % que le producteur supporte

comme dîme.

Ce droit est perçu par l’administration des six contributions indirectes

dont les revenus sont concédés à un groupe de banquiers de

Constantinople.

La soie provenant des cocons qui ont acquitté la dîme de 10 et demi %,

paye au moment de l’exportation à l’étranger un droit fixe de 1 % que

l’administration des douanes encaisse en évaluant la soie grège au prix

invariable de 217 1/2 piastres l’ocque (39 francs le kilog.). Les cocons

exportés à l’état brut payent, outre la dîme, le même droit fixe de 1 %

sur la base d’estimation de 74 1/2 piastres l’ocque (13 fr. 35 le

kilog.).--Les déchets exportés sont taxés _ad valorem_.

* * * * *

En réunissant le dernier chiffre ci-dessus de 1,544,500 francs,

représentant la valeur des déchets de soie, avec celui de 7,505,000

francs montant des grèges, la valeur approximative des produits soyeux

du vilayet de Hudavendighiar exportés pour la France durant la campagne

1880-81 atteint le total général de 9,049,500 francs.

Cette somme, qu’il faut considérer comme le produit des récoltes

moyennes que la province a eues depuis 1864, n’arrive même pas au total

obtenu cette année-là, lequel était de 12,076,400 francs contre

28,178,400 francs en 1855.

* * * * *

Il n’est pas superflu de faire ressortir ici qu’en vue d’établir une

comparaison, aussi précise que possible, entre les résultats de ces

diverses périodes séricicoles, c’est le prix fixe de 62 fr. 80 par

kilog. de soie grège qui a uniformément servi de base d’estimation aux

produits de 1855, 1864 et 1880. Or, comme, dans ce laps de temps de

vingt-cinq années, la soie écrue a passé par tous les prix, depuis 50

jusqu’à 145 francs le kilog., les valeurs énumérées ci-dessus ont pu,

selon les fluctuations du cours de la grège, doubler en faveur de

certaines campagnes séricicoles, ou subir une diminution au désavantage

de certaines autres années; mais il reste bien établi que la moins-value

constatée dans les résultats depuis 1855 n’a jamais cessé d’exister dans

les mêmes proportions que celles indiquées ci-dessus, puisque cette

moins-value repose sur la diminution matérielle des récoltes[9].

[9] Rapport à de M. Grégoire Bay. Ce rapport, en raison de la

compétence spéciale de son auteur, est le plus complet qui ait

encore été adressé au département des affaires étrangères sur

l’industrie de la soie à Brousse.

V

AVANTAGES QUE PRÉSENTERAIT LA CRÉATION D’UNE CONDITION DES SOIES A

BROUSSE

Il arrive très fréquemment que des contestations surgissent entre

certains fabricants de soie et les maisons avec lesquelles ils sont en

relations commerciales à Londres, Nottingham, Lyon, Marseille, Paris.

Ces contestations sont assez généralement motivées par un déficit de

poids qu’accusent les balles expédiées en France et en Angleterre.

Ce déficit doit-il être attribué ou à l’humidité de la soie à son départ

de Brousse, ou à une soustraction qui aurait été opérée pendant le

trajet, ou à toute autre cause, c’est ce qu’il est assez difficile et

délicat de déterminer exactement.

[Illustration: TOMBEAU DE MEHMED Ier

à Brousse.]

Quoi qu’il en soit, il n’en est pas moins certain que malheureusement

les contestations entre vendeurs et acheteurs sont fréquentes.

Il conviendrait donc, dans l’intérêt général du commerce français avec

Brousse et le vilayet de Hudavendighiar:

1º Ou d’instituer à Brousse une _Condition publique des soies_ placée

sous le patronage exclusif du gouvernement français et dont on

obtiendrait le privilège par firman impérial, ce à quoi la France peut

et doit prétendre étant presque exclusivement intéressée dans ce

commerce;

2º Ou d’établir un système mettant à même le Vice-Consulat de France à

Brousse de délivrer aux expéditeurs des certificats spéciaux

d’expédition pouvant avoir pleine créance sur les places françaises.

Dans les deux cas la question paraît devoir être résolue. Il s’agit donc

d’appliquer le mode qui conviendrait le mieux.

La première initiative créerait en Asie un établissement

_essentiellement français_. C’est là un point de vue de la question

qu’il ne faut pas dédaigner si l’on tient compte des progrès commerciaux

incessants que les Anglais et les Américains font en Asie-Mineure,

progrès commerciaux habilement dissimulés sous couleur de propagande

religieuse.

Il serait même très intéressant à ce sujet d’établir un parallèle entre

les résultats pratiques que la France recueille actuellement de sa

longue tradition de protection des intérêts chrétiens en Levant et les

résultats déjà obtenus par les missions protestantes anglaises et

américaines, missions peu anciennes d’ailleurs. On verrait ceci; c’est

que les missions étrangères ne se servent, en Orient, des intérêts

religieux que pour ouvrir des débouchés au commerce de leurs pays, et

que la protection séculaire des intérêts chrétiens en Levant, si elle ne

ferme pas précisément à la France des débouchés commerciaux, n’est pas

employée à lui en créer de nouveaux.

Pour en revenir à la question principale, nous répétons que si une

Condition publique des soies était créée à Brousse elle aurait tout

d’abord l’avantage d’être un établissement essentiellement français.

Elle aurait également un autre avantage. Elle pourrait chercher à

propager à Brousse les graines de vers à soie de reproduction française

et fournirait aux Chambres de commerce françaises des données techniques

sinon statistiques sur les récoltes soyeuses du pays.

Cet établissement subsisterait par les taxes de conditionnement des

mille balles de soie produites annuellement par les deux villes de

Brousse et de Bilédjik, balles qui toutes auraient incontestablement

avantage à passer par la condition des soies.

On établirait un tarif _ad hoc_ et naturellement plus élevé que les

tarifs de conditionnement en France. L’intérêt que les négociants d’Asie

trouveraient à faire conditionner leur soie avant l’expédition est un

sûr garant de la faveur qui accueillerait l’établissement que nous

préconisons.

Si la seconde initiative seule était adoptée, les certificats spéciaux

d’expédition que délivrerait le Vice-Consulat pourraient être basés, ou

sur une attestation émanant de l’administration des contributions

indirectes du pays, constatant que telle balle contient tant d’ocques,

tant de flottes, ou sur la vérification officielle faite au consulat

même sur des bascules de précision.

L’une ou l’autre de ces institutions serait bien vue par les industriels

de Brousse. Tous, croyons-nous, souscriraient à l’idée de

l’établissement par la France d’une Condition publique des soies.

Si l’intérêt du Trésor doit entrer ici en ligne de compte il faut

observer que si l’une de ces idées était adoptée les recettes du

Vice-Consulat au lieu de se tenir dans une moyenne annuelle de cinq à

six cents francs s’élèveraient immédiatement à douze ou quinze mille

francs au minimum[10].

[10] Rapport de M. E. Dutemple, vice-consul de France à Brousse,

décembre 1880.

En Turquie d'Asie · 第 72 / 156 题