Monsieur le Sous-Secrétaire d’État aux Beaux-Arts,
J’ai l’honneur d’appeler votre bienveillante attention sur la mission
des sœurs de Charité établie à Brousse. J’ai été à même, pendant le
séjour que j’ai fait dans le vilayet de Hudavendighiar, de constater les
réels services que cette mission rend à la France, en propageant notre
langue parmi les populations raias.
L’établissement des sœurs à Brousse, qui a eu des commencements
difficiles et une période d’interruption après le tremblement de terre
de 1855, est loin d’être riche; sa prospérité est toute morale.
Les sœurs sont cependant parvenues, au prix de sacrifices provenant de
l’initiative privée, à édifier à Brousse une église catholique
française. Mais cette église, aujourd’hui définitivement achevée, est, à
l’intérieur, dépourvue d’ornements, désavantage qui a son importance en
Orient, où toutes les églises des diverses communions chrétiennes
(arméniennes ou grecques) sont richement ornées.
Un autre désavantage plus réel encore: le clocher de cette église
française est le seul, de tous ceux des églises de Brousse, qui n’a pas
encore de cloche, et il est à craindre que les ressources pour se
procurer une cloche ne manquent encore longtemps.
Si votre Département, Monsieur le Sous-Secrétaire d’État, pouvait
disposer de quelques copies de tableaux religieux, et d’un faible crédit
qui permettrait d’acheter une cloche pour l’église de Brousse, il y
aurait là, j’en ai la conviction, un réel service à rendre au point de
vue du prestige de la colonie française. Veuillez, je vous prie,
agréer...--E. D.