29 janvier 1881.

Monsieur le Sous-Secrétaire d’État aux Beaux-Arts,

J’ai l’honneur d’appeler votre bienveillante attention sur la mission

des sœurs de Charité établie à Brousse. J’ai été à même, pendant le

séjour que j’ai fait dans le vilayet de Hudavendighiar, de constater les

réels services que cette mission rend à la France, en propageant notre

langue parmi les populations raias.

L’établissement des sœurs à Brousse, qui a eu des commencements

difficiles et une période d’interruption après le tremblement de terre

de 1855, est loin d’être riche; sa prospérité est toute morale.

Les sœurs sont cependant parvenues, au prix de sacrifices provenant de

l’initiative privée, à édifier à Brousse une église catholique

française. Mais cette église, aujourd’hui définitivement achevée, est, à

l’intérieur, dépourvue d’ornements, désavantage qui a son importance en

Orient, où toutes les églises des diverses communions chrétiennes

(arméniennes ou grecques) sont richement ornées.

Un autre désavantage plus réel encore: le clocher de cette église

française est le seul, de tous ceux des églises de Brousse, qui n’a pas

encore de cloche, et il est à craindre que les ressources pour se

procurer une cloche ne manquent encore longtemps.

Si votre Département, Monsieur le Sous-Secrétaire d’État, pouvait

disposer de quelques copies de tableaux religieux, et d’un faible crédit

qui permettrait d’acheter une cloche pour l’église de Brousse, il y

aurait là, j’en ai la conviction, un réel service à rendre au point de

vue du prestige de la colonie française. Veuillez, je vous prie,

agréer...--E. D.

En Turquie d'Asie · 第 41 / 156 题