Au feu!--Fréquence des incendies.--Indifférence des habitants.--Les
coffres turcs.--Simplification du déménagement.--Les pompiers du comte
Schekenyi.--Les _toulombadji_.--Les incendies en Asie.--Le feu
hygiénique.--Les communautés et leurs pompes.--Un incendie à
Brousse.--Comment on sonne le tocsin.--Les cafés.--Où un pacha
administre à ses sujets une volée de coups de bâton.--Tentative de
révolte des prisonniers.
_Ianghen var! Atech var!_ Au feu! Au feu!
Quand ce cri sinistre se fait entendre, il n’est pas un seul habitant
européen, musulman ou raia qui ne se lève en sursaut, coure sur le seuil
de sa porte et ne cherche à se rendre compte par lui-même de la
situation et de l’importance exacte de l’incendie.
Car en Turquie, et surtout en Asie, il ne faut, dans cette circonstance,
compter que sur soi-même, je ne dirai pas pour sauver sa maison,--car il
n’y a pas d’exemple ici qu’une maison atteinte par le feu ait jamais été
sauvée,--mais simplement pour parvenir à mettre à l’abri, et des flammes
et des voleurs, les menus objets auxquels on attache intérêt ou
souvenir.
Chacun pour soi et Allah pour tous.
Il faut ajouter, il est vrai, que l’on est, en Turquie, à ce point
familiarisé avec les incendies que le sentiment de terreur, d’effroi qui
se manifeste d’ordinaire, en présence de ce fléau, dans les pays de
chrétienté, est chose inconnue ici. On en voit si fréquemment! Ils sont
si considérables, brûlant des quartiers tout entiers!
Et puis on est toujours préparé aux incendies. Il semble que l’on vive
dans une perpétuelle attente du feu. Le soir, en se couchant, au harem,
la _hanoun_ serre dans le coffre en cèdre du Liban les ornements
précieux dont elle s’était parée pour plaire à son seigneur.
Ces coffres jouent un grand rôle dans les intérieurs turcs. De forme
rectangulaire, à couvercle plat, avec une poignée en fer de chaque côté,
ils sont facilement transportables, et grâce à leur volume ne dépassent
pas la demi-charge d’un cheval. Ils remplacent toute la superfétation de
notre mobilier occidental; ils servent d’armoire à linge, de
porte-manteaux, de bibliothèque, de table à ouvrage, de sièges, voir
même de coffre-fort pour les rares indigènes qui pourraient actuellement
en avoir besoin. C’est la simplification du mobilier, c’est l’expression
la plus parfaite d’une race nomade, c’est également la meilleure
garantie contre la fréquence et la rapidité des incendies.
En France, quand une maison brûle, chaque habitant voudrait sauver tout
ce qu’il a de plus précieux. On court dans toutes les pièces, on ouvre
toutes les armoires, on entasse objets sur objets; à chaque seconde on
s’aperçoit que l’on oublie encore ceci, puis cela, et l’on se précipite
pour l’emporter. Mais, le feu gagnant toujours, il faut songer à se
sauver, et, comme rien n’est préparé pour renfermer tous ces objets
disparates, on est obligé pour préserver sa vie de les abandonner et de
fuir.
Chez les Turcs c’est infiniment plus simple. Comme il est peut-être
_écrit_ que l’on brûlera dans la nuit, tout ce qui constitue les choses
mobilières est toujours soigneusement rangé dans les coffres. Aussitôt
que le cri _Ianghen var!_ se fait entendre, le turc se lève, ferme ses
coffres, et les fait transporter loin de l’incendie, en lieu sûr, aussi
tranquillement que s’il opérait une livraison.
* * * * *
Je ne commettrai pas envers mes lecteurs l’impolitesse de leur décrire à
nouveau le terrible incendie qui, en 1870, détruisit tout le quartier de
Péra. Il n’est pas un ouvrage publié sur l’Orient, depuis cette époque,
qui n’en présente une narration très complète, et naturellement toujours
la même. Ce serait d’ailleurs sortir de mon cadre puisque je n’entends
parler ici que des Turcs en Asie.
Avant d’aller plus loin, je crois cependant utile de faire observer que
Constantinople, si souvent éprouvée par les incendies, a commencé à se
préoccuper des moyens propres à les circonscrire et à en atténuer les
effets. Un Hongrois, le comte Edmond Schekenyi a déjà organisé sur le
modèle européen un corps de pompiers assez bien disciplinés et bien
outillés.
Le malheur, c’est que l’ancien corps des _Touloumbadji_ (pompiers),
composé exclusivement d’indigènes, continue à prétendre vouloir éteindre
parallèlement le feu. Quand je dis éteindre, c’est par euphémisme. Car
ces Touloumbadji, recrutés presque exclusivement parmi les raias et les
moins estimables, n’ont jamais eu d’autre préoccupation que celle de
tirer le plus de profit possible de chaque incendie.
Avant l’organisation du corps créé par le comte Schekenyi, aussitôt que
le feu se déclarait, que le canon de Top-hane retentissait, que les
disques rouges scintillaient sur les tours du Séraskieriat et de Galata,
les Touloumbadji, demi-nus, portant des torches, poussant des hurlements
affreux, accouraient, comme une horde de sauvages, sur le lieu du
sinistre; le chef s’adressait aux malheureux dont les flammes menaçaient
les maisons et commençait par réclamer une indemnité pour éteindre
l’incendie. Si l’on ne parvenait pas à s’entendre on laissait brûler et
on s’adressait,--à mesure que l’incendie gagnait,--à d’autres moins
récalcitrants. En attendant, la bande des Touloumbadji faisait main
basse sur tout ce qu’elle pouvait trouver.
Ce sont ces procédés commerciaux par trop primitifs que le comte Edmond
Schekenyi est venu arrêter dans leur développement. Cela n’a pas été
d’ailleurs sans difficultés, et, aujourd’hui encore, à chaque incendie,
ces difficultés se reproduisent. On ne se décide pas ainsi à abandonner
sans contestation une source de gains aussi lucratifs qu’illicites. Les
Touloumbadji ont résisté; ils ont refusé de se dissoudre; ils ont exhibé
un firman, aussi antique que sujet à caution, émanant de je ne sais quel
Sultan et leur conférant le monopole de l’extinction des incendies dans
toute l’étendue de la ville aux sept collines. Quand on connaît les
Touloumbadji on a lieu de supposer que ledit Sultan était un aimable
farceur et qu’il doit bien rire dans sa barbe et dans le paradis de
Mahomet! Il n’en est pas moins vrai que c’est grâce à ce firman que les
Touloumbadji n’ont pas été dispersés.
Aussi, dans les premiers temps, étaient-ce de véritables batailles qui
s’engageaient entre les pompiers de Schekenyi et les Touloumbadji. Avant
que l’on commençât à combattre l’incendie on combattait entre soi; il
s’agissait de savoir à qui la place resterait. Les rixes étaient si
graves que les pompiers de Schekenyi ont été armés d’excellents
winchester. Ils en ont fait quelquefois usage contre ces diables de
Touloumbadji; ceux-ci sont devenus graduellement plus réservés, et, si
aucun incident grave ne survient, il faut espérer qu’une transaction
amiable interviendra,--quand il plaira à Allah!
* * * * *
Quels que soient le caractère peu sociable des Touloumbadji et leur
manque absolu de vergogne, on se prend quelquefois à regretter, dans les
villes d’Anatolie, l’absence de ce corps peu estimable.
Car enfin, quand on parvenait à s’entendre avec le chef, on avait encore
quelque chance d’atténuer l’incendie,--à la condition toutefois de
traiter vite et de payer promptement.
Mais de l’autre côté du Bosphore on n’a même pas cette ressource. Il ne
faut compter que sur soi et sur les quelques rares Européens que l’on
peut parvenir à grouper.
J’ai vu des villages entiers se consumer lentement sans que des efforts
sérieux aient été tentés pour circonscrire l’incendie. Quand les Turcs
ont pu sauver leurs coffres ils s’estiment très heureux, et on les voit
revenir par bandes contempler les ravages du feu. Cela tranquillement,
sans se presser, sans faire un pas plus vite que l’autre, en roulant une
cigarette ou en fumant un petit chibouk, avec la placidité du chameau au
repos.
Puis, quand tout est fini, quand il n’y a plus rien à voir qu’un amas de
décombres fumant, chacun se dirige là où il a porté ses coffres, en
ouvre un, tire une couverture, s’enveloppe soigneusement, et s’endort
paisiblement en murmurant:--_Yaren, bakaloun!_ Demain, nous verrons!
Et le lendemain tout le village se rend à la montagne, coupe des arbres
séculaires et se met à reconstruire des maisons. Il n’est nul besoin
d’architecte ni d’ingénieurs. L’art du bâtiment est très simple sur les
côtes d’Asie-Mineure. On trace un carré sur le sol. Aux quatre angles,
une poutre solide; de distance en distance d’autres poutres plus petites
reliées entre elles par des lamelles de bois mince et flexible; dans les
interstices de la terre gâchée; la toiture est en planches maintenues
par de grosses pierres pour la protéger contre le vent du Sud. Pour tout
outil une hache; le fer sert à équarrir les pièces de bois, le manche
sert à prendre les mesures. Simplicité, économie, rapidité.
Quand, en route, vous entrez dans un village, si vous trouvez par hasard
une voie assez droite, ou simplement un peu moins biscornue que les rues
ordinaires des villages turcs, vous pouvez adresser hardiment au paysan
que vous aurez choisi pour hôte cette simple question:--Quand as-tu eu
le feu ici? Il vous donnera la date sans s’étonner, tant la chose lui
semble simple.
Car c’est le feu qui, dans les villages turcs, joue le rôle
d’expropriateur pour cause d’utilité publique. A ce point de vue il peut
être considéré comme un agent moralisateur et hygiénique. Ce que la
volonté d’un Pacha n’obtiendrait pas--(le percement de voies salubres,
l’assainissement de quartiers sans air et foyers de contagion),--le feu
l’ordonne; on ne lui résiste pas; on lui obéit docilement, et là où il a
passé, on trouve deux mois après des rues où circulent enfin librement
l’air et la lumière.
* * * * *
Dans les grandes villes d’Anatolie, s’il n’existe pas de corps réguliers
de pompiers, il y a cependant un embryon d’organisation qui ne
demanderait qu’à être développé pour rendre de réels services.
La population étant plus considérable peut se grouper plus facilement en
communauté. Et on voit quelquefois ou les grecs, ou les grégoriens, ou
les catholiques s’associer pour se procurer une pompe; mais le défaut
d’entente fait que souvent les ressources deviennent insuffisantes;
quand un incendie éclate, si on a une pompe on s’aperçoit qu’on n’a pas
de tuyaux, ou quand on a des tuyaux on n’a pas de pompe. D’autres fois
une communauté a des tuyaux, une autre a une pompe. Si les dissentiments
religieux n’existaient pas, ces tuyaux iraient bien à cette pompe;
malheureusement les questions de sectes sont là qui empêcheront toujours
ce raccord.
* * * * *
A Constantinople, quand le feu éclate, c’est l’arsenal qui donne le
signal en tirant le canon. Dans les villes d’Anatolie, qui souvent n’ont
pas de canons ou qui, quand elles en ont, les ont en si mauvais état
qu’il faudrait un long labeur pour les rendre propres à un service
quelconque, on remplace le canon par les fusils, les pistolets, les
fusées, les pétards.
Je garderai longtemps le souvenir de la singulière impression que j’ai
eue la première fois où j’ai entendu, au milieu de la nuit, ce vacarme.
Il y avait six jours que j’étais assez gravement indisposé pour ne point
quitter le lit quand une nuit, vers une heure, je suis tout à coup
réveillé en sursaut par des coups de feu tirés devant ma maison. Au même
instant deux pétards lancés du dehors viennent tomber dans ma chambre,
dont les larges fenêtres étaient restées ouvertes en raison de la
chaleur accablante.
A mon appel mon cawas monte aussitôt.
--Que signifie ce tapage?
--Yanghen var!
--Où?
--Auprès du konak (palais du gouverneur).
Et il va à une fenêtre, tire un rideau:
--Regarde, me dit-il.
Le ciel semblait en feu.
Dans la rue, un vacarme assourdissant. Les coups de fusil, de pistolet
se succédaient sans relâche, se mêlant aux cris: _atech! atech! var!
yanghen! serail! konak! atech!_
Je me lève et me traîne jusqu’à la fenêtre. La rue, éclairée par les
reflets de l’incendie, sillonnée par une foule bigarrée, dont chaque
individu, à moitié vêtu, tenant d’une main un falot, de l’autre un fusil
ou un pistolet qu’il chargeait et tirait tout en courant, présentait un
spectacle fantastique. Toutes les fenêtres s’éclairaient, s’ouvraient et
l’on voyait chacun s’habiller en toute hâte.
Ce n’est pas qu’il y eût un danger immédiat pour le quartier où je me
trouvais. Mais l’incendie s’étant déclaré derrière le palais du
gouverneur, dans un amoncellement de petites ruelles, dans un
entassement de vieilles demeures, il était évident que tout ce quartier
n’allait être bientôt qu’un immense brasier. Et si le vent venait à
s’élever, qui pouvait prévoir où le feu s’arrêterait? Je pensais aussi
que précisément la maison occupée par la mission française des sœurs de
Charité, l’ancienne habitation d’Abd-el-Kader, se trouvait dans un rayon
assez rapproché du foyer de l’incendie, et pourrait être bientôt
menacée. Il fallait m’y rendre.
Je m’habille, et soutenu par un domestique je parviens à gagner la rue.
Pouvant à peine marcher, je n’avançais que lentement et encore
fallait-il que mon cawas me fît faire place en administrant
intelligemment des coups de cravache à tous les badauds turcs, grecs,
juifs qui encombraient les rues en fumant tranquillement leur cigarette
à la lueur des flammes jaillissant et sifflant dans les airs.
Quand nous passâmes devant le Konak, tous les cafés étaient déjà
rouverts, les lanternes allumées, et les _cafedji_ s’empressaient à
apporter des sirops et du café aux turcs, accroupis sur les nattes,
aspirant placidement le narghilé, en suivant attentivement, comme de
fins connaisseurs, les progrès du feu.
Enfin, après avoir gravi très péniblement une petite rue, nous arrivons
devant le foyer de l’incendie, à quelque distance de la grande porte du
Konak.
Quel spectacle! Devant ces maisons qui flambaient comme un foyer tout
préparé, ces pans de murs qui s’affaissaient, si fragiles, presque sans
bruit, la cohue la plus invraisemblable et la moins facile à décrire que
l’on puisse imaginer! Il faudrait le crayon de Callot et la palette de
Regnault pour parvenir à donner une faible idée de ce tableau. Entassés
dans une ruelle étroite et se resserrant davantage chaque fois que le
feu s’avançant s’emparait d’une nouvelle maison, plus d’un millier
d’hommes, portant tous les costumes, toutes les coiffures, parlant
toutes les langues, ayant leurs armes à la ceinture, regardaient
simplement, sans s’étonner--en gens qui en ont vu et qui en verront bien
d’autres! Les rouges reflets des flammes serpentaient sur cet assemblage
bariolé de toutes ces couleurs criardes et étonnantes qui, en Orient,
font la joie des artistes français et le bénéfice des manufacturiers
anglais.
Cette masse humaine restait là parfaitement immobile, ne faisant qu’un
simple mouvement de recul, presque automatique, quand les flammes,
poussées par le vent, venaient lécher d’un peu trop près le premier
rang. Aucun ne songeait à porter secours. A quoi bon? c’était _écrit_.
Mais il paraît qu’il était _écrit_ aussi que tout à coup S. A. Ahmed
Vefyk Pacha, gouverneur général du vilayet, apparaîtrait au seuil du
Konak, tenant à la main un énorme gourdin et se mettrait à administrer,
sur les épaules de tous ces badauds qui entravaient les secours
organisés par les hommes de bonne volonté, la plus effroyable volée que
jamais sujet turc ait reçue de son pacha.
Aucun n’avait songé que cette correction pouvait être écrite! Aussi tous
furent-ils à ce point stupéfaits de cette apparition, non moins
frappante que soudaine, qu’au premier moment le gourdin put se lever,
s’abaisser, toucher sans qu’un seul badaud eût l’idée de fuir. Et puis
tout à coup ce fut une débandade, un sauve-qui-peut général; on ne peut
se faire une idée d’une semblable bousculade; la ruelle se vida comme
par enchantement. Un moment, je crus que tous s’étaient jetés dans
l’incendie pour échapper au terrible gourdin. Mais le pacha me rassura
en riant et je ne pus m’empêcher de reconnaître avec lui que son système
avait du bon... en Turquie.
Cette intervention salutaire et énergique était d’autant plus propice
qu’en ce moment les prisonniers,--la prison se trouve dans la vaste
enceinte du Konak,--effrayés par les lueurs de l’incendie, commençaient
à secouer les barreaux et cherchaient à s’enfuir. Or il y avait alors
250 prisonniers. La situation était réellement critique; les murs de la
prison ne sont guère plus solides que ceux des masures décrites plus
haut, et 250 hommes, tous gens de sac et de corde, n’ayant pour la
plupart plus rien à espérer dans la vie, et affolés par la crainte
d’être brûlés vifs, auraient eu vite raison d’une aussi fragile
barrière. Le pacha fit venir dix zaptiés armés de winchesters chargés et
les plaça aux barreaux avec ordre de tirer sur le premier prisonnier qui
bougerait. Tous se calmèrent aussitôt. Je continuai à penser que tous
les systèmes du pacha avaient du bon.
La place étant déblayée et l’ordre rétabli, quelques Européens, aidés de
zaptiés, cherchèrent à arrêter l’incendie. Un négociant français amena
une pompe à lui appartenant; mais elle n’était pas en bon état, et les
moyens de se procurer de l’eau étaient insuffisants. Je vis la même
chose se produire quand j’arrivai à la maison des sœurs de Charité. Là,
un négociant arménien avait envoyé une pompe qu’il possédait. Mais les
tuyaux étaient trop courts, et pour surcroît de malheur ils vinrent à se
crever. Les flammèches voltigeaient déjà sur les toits. On étendit des
draps, des couvertures que l’on imbibait d’eau. Cela n’eût pas été
suffisant pour préserver, si par bonheur le vent n’eût changé tout à
coup et une forte pluie ne fût tombée. Mais déjà alors tout un quartier
était brûlé. Au point de vue hygiénique, la ville ne pourra qu’y gagner,
car c’était là précisément un des quartiers les plus malsains.
Depuis, j’ai vu beaucoup d’autres incendies en Anatolie. J’ai toujours
remarqué que les indigènes comptent moins sur eux-mêmes que sur la
pluie, l’absence du vent ou son changement de direction pour apaiser ou
atténuer les sinistres. C’est d’ailleurs moins fatigant.