l'_Arabia felix_, ou _Iémen_, bien au-delà de six cents ans avant le
siècle de David et de Salomon, un peuple civilisé et puissant connu des
Grecs à une époque déjà tardive, sous le nom d'_Homérites_ ou de
_Sabéens_;
2° Que ce peuple eut un gouvernement régulier, et une série de rois dont
l'origine se perd dans la plus haute antiquité;
3° Que l'ordre de succession fut très-souvent interrompu, tantôt par des
guerres civiles, dues au pernicieux usage des rois asiatiques, de
partager leurs états entre leurs enfants; tantôt par des guerres avec
les Éthiopiens-Abissins, qui avaient les mêmes moeurs et la même langue;
4° Que ces rois, habituellement maîtres de l'_Iémen_ proprement dit, le
furent souvent encore du pays de _Hadramaut_ et d'autres cantons
limitrophes, et qu'ils eurent un état au moins six fois plus
considérable que celui des Hébreux, avant le schisme de Samarie;
[Illustration: ROIS ARABES DE SABA,
OU HOMÉRITES.]
/*[2]
ROIS ARABES DE SABA,
OU HOMÉRITES.
Contemperains. Temps vagues {Qahtan ou Ieqtan.
et rois non {
successifs. {Iàrab.
{
{Icchehâb.
1er Abd-el-chems, dit _Saba_.
|
--------------Homeir Kahlan....Amrou Acher.
| | |
Aouf ou Atel 1 Matât
| |
Bazan Saksak 2 |
| |
Aamer-Zou-riâche (_chasse_) Iafar (3) |
| |
et est _chassé_ par...(4)Nâman-el-moafar |
| |
5 Asmah |
6 |
7 |
8 Sabah
9 _le_
10 _petit_
11 |
12 |
13 |
14 Aud,
15 Chedâd.
Ninus 16 Haret Arràïés.
|
17 Elzàh-zou'l-Quarnain.
|
18 Abraha-zou'l-minâr.
|
19 Afriqos; puis son fils
el _Faïder_, (ou selon d'autres)
Amrou zou'l azaar
(frère d'Afriqos).
20 |
21 Cheràhil. |
| |
22 Had-had. |
| |
Salomon. 23 Balqis (sa fille). |
|
--------------------------|
Kêqobad el Roustan. Shamar (ou Chamar) dit Ierâche, ruine Sogd
| qui prit le nom de _Samar-kand_.
Abou-malek.
|
El-aqrân........fonde une colonie au _Sin_
ou Tibet.
*/
5° Que la résidence première et habituelle de ces rois fut la ville de
_Mareb_, appelée aussi _Saba_, c'est-à-dire _la victorieuse_, du nom
d'un ancien roi appelé _Abd-el-chems_ (serviteur du soleil), qui fut
ensuite surnommé _Saba_, c'est-à-dire _vainqueur_, parce qu'il _amena_
une foule de _captifs_[321]_liés_, dont il se servit pour exécuter de
grands ouvrages, entre autres la chaussée ou digue du lac de Mareb;
6° Enfin, que long-temps avant les rois des Hébreux, ceux de l'Iémen
avaient fait des expéditions lointaines, tantôt à l'ouest de la mer
Rouge, par l'intérieur de l'Afrique, vers Tombout et jusqu'à Maroc;
tantôt au nord, jusqu'aux portes Caspiennes, et d'autres fois jusqu'à
l'Inde.
Malheureusement, dans leurs récits vagues et souvent contradictoires sur
la succession de ces rois arabes, nos compilateurs musulmans ne nous
donnent qu'une seule date connue, qui devient notre point d'appui unique
pour tous les calculs précis ou probables que l'on peut dresser.
«Cette date est le règne de Balqis, fille de _Had-had_, fils d'Amrou,
fils de _Cherâhil_, laquelle ayant succédé à son père, par un cas qui a
d'autres exemples en ces contrées, devint, après 20 ans de règne, épouse
de Salomon (selon Hamza), et le suivit en Palestine. Les Homérites
prétendent qu'elle se bâtit un palais à Mareb, et qu'elle construisit la
digue célèbre _du lac_ de cette ville; mais le reste des Iémenais assure
que depuis long-temps la digue était construite, et que Balqis ne fit
que la réparer.»
En partant de cette époque connue, nous pouvons dire que Balqis commença
de régner vers l'an 1030 (puisque Salomon commença de régner l'an 1018):
son père _Had-had_ avait régné, avant elle, 20 ans selon les uns, 75 ans
selon les autres.
A cette occasion nous ferons deux remarques indispensables; l'une, que
les auteurs de M. Schultens varient tellement sur la durée des règnes,
quand ils la donnent, que l'on ne peut en tenir aucun compte.
L'autre, qu'à plusieurs rois antérieurs à Belqis ils donnent des règnes
de 120 et 125, des âges de 300 et de 400 ans, qui ont de l'analogie avec
les récits des Hébreux au temps de Moïse et des Juges, et qui autorisent
et confirment les idées que nous avons développées sur la valeur des
années au-dessous de _douze_ mois, (_Voyez_ 1re partie).
Nos auteurs ne s'accordent pas sur la généalogie de Had-had. L'un le
fait fils immédiat de Cherâhil; d'autres, son petit-fils, par Amrou. Ces
confusions sont faciles chez les Arabes, vu la répétition des mêmes noms
dans les familles. _Aboul-feda_ fait observer que Cherâhil n'était point
fils de roi, mais qu'il fut élu par le peuple, las des guerres que ces
rois ne cessaient de faire en Afrique. L'on cite deux circonstances de
ces guerres qui deviennent un garant de leur réalité.
La première est que le prince homérite, prédécesseur de Cherâhil, fut
surnommé le _seigneur_ des _monstres_ ou des _terreurs_ (_Zou-l-Azâar_),
parce qu'il amena de la Libye des prisonniers d'une race d'hommes petits
et hideux, ayant la tête comme enfoncée dans la poitrine. Or, cette
même, race d'hommes reparaît dans l'histoire des Grecs et des Romains,
qui les appellent _Blemmyes_, et leur aspect causa la même impression
d'horreur dans Rome, lorsqu'ils y furent traînés en triomphe.
La seconde est qu'un autre prince antérieur fut surnommé _Zou-l-Minar_,
_seigneur_ des _phares_, parce que dans une expédition au pays des
Nègres, il fit dresser des tours garnies de _lanternes_, afin de
retrouver sa route à travers l'océan des Sables.
Un troisième prince, après avoir envoyé dans ce désert plusieurs
détachements, qui périrent tous, fit élever sur la frontière des Sables
une colonne munie d'une inscription explicative.
Ces expéditions répétées de plusieurs rois successifs, indiquent des
motifs puissants de curiosité ou d'ambition, soit pour arriver à quelque
pays riche, tel que Tombouctou, soit pour pénétrer jusqu'à l'Océan, dont
ils auraient eu connaissance par les caravanes, ou jusqu'à la
Méditerranée, vers les lieux où bientôt après s'éleva Carthage, et où
déjà florissaient peut-être plusieurs colonies phéniciennes: ce sont
autant d'indications d'un commerce déjà ancien, sur l'histoire duquel le
savant professeur _Heeren_[322] nous a donné des idées neuves et
lumineuses, qui nous expliquent la prospérité de ces contrées à des
époques inconnues.
Quant à la série ascendante de ces rois, elle continue d'être confuse;
car au-dessus de _Cherâhil_, _Aboul-feda_ compte en remontant,
1° Amrou Dou-l-Azaâr; 2° son frère Afriqos, fils 3°
d'Abraha-zou-el-Minar, fils 4° d'El-Sab-Zoul-Qarnain, fils 5° de _Haret
Arraïés_.
Hamza, au contraire, supprime _el Sâb_; prétend qu'Abraha régna 183 ans,
_Afriqos_ 164, et _Zoûl-Azaâr_ 25; tandis que, selon Nouèïri, le
successeur de Haret fut Hàïar, fils de _Galeb_, fils de _Zeid_, lequel
Hàïar régna 120 ans: selon _Ebn Hamdoun_, le successeur d'_Afriqos_
aurait été son fils _El-Faï-der_ Zou-Chanâtir, qui alla en Irâq
(Babylonie), et y périt.
Mais tous ces auteurs s'accordent sur Haret-Arraïès, comme ayant été le
prince le plus remarquable par ses grandes actions.
«A son avènement (dit Hamza), l'Iémen était partagé en deux états, celui
de _Saba_ et celui de Hadramaut. Haret les réunit par conquête. Avant
lui, les Iémenais n'avaient point été rassemblés en un seul corps de
nation (excepté au temps de Homeir). Ce fut à Haret qu'ils se
_réunirent_ tous; ce fut lui qu'ils _suivirent_ tous; d'où lui vint le
surnom de _Tobba_ (celui qui se fait suivre), surnom qui ensuite devint
le titre spécial de tous ses successeurs. Après avoir soumis l'Iémen, il
entreprit de grandes expéditions qui s'étendirent jusqu'au _Hend_
(l'Indus): il vainquit les _Turks_ dans l'_Aderbidjan_, en une bataille
très meurtrière; il en amena une quantité d'enfants en esclavage, et
_rapporta_ en Iémen un _butin_ d'une _richesse immense_; de là lui fut
donné le surnom d'Arraïés, _celui qui enrichit_ (mot à mot, qui _couvre
de plumes_, sans doute parce que la plume d'autruche fut chez ces
peuples le signe de l'opulence).»
Maintenant comparons ces détails à ceux de Ktésias.
_Ninus s'associe au roi d'Arabie_. Les historiens de cette contrée
assurent qu'il n'y eut point d'autres rois _des Arabes_ que ceux de
l'Iémen. Ce roi d'Arabie s'appelait _Ariaios_ ou _Araios_. Haret a le
surnom d'_Arraïés_... _Ariaïos accompagna Ninus contre Pharnus, roi des
Mèdes_. Arraïés livra une _bataille terrible_ dans l'_Aderbidjan_, qui
est la _Médie_ propre et originelle; il la livra aux _Turks_,
c'est-à-dire à des hommes de _teint blanc_, tels que sont les
montagnards de cette contrée, que les auteurs arabes et persans ont
appelés _Turks_, parce que n'ayant aucune idée des _anciens Mèdes_, ils
ont cru que le pays avait toujours été habité par des _Turkmans_, comme
de leur temps. Arraïés poussa jusqu'à l'Indus.--Selon Ktésias, Ninus y
alla aussi. Arraïés importa un butin immense. Ninus combla Ariaïos des
plus riches dépouilles. Avec tant de traits d'une si parfaite
ressemblance, l'on ne saurait douter que l'Arabe _Haret-Arraïés_ ne soit
l'Ariaïos de Ktésias et de Ninus, et nous en verrons une dernière preuve
complémentaire dans les traditions perses sur la dynastie Pichedâd.
Objectera-t-on que l'intervalle entre _Haret_ et _Balqis_ n'est point
rempli d'un nombre suffisant de générations? En effet, les auteurs ne
comptent que cinq ou six princes pour 200 ans: mais de Balqis à
Alexandre ils n'en comptent que sept, dans environ 670 ans. Il est
évident (eux-mêmes s'en plaignent et nous en avertissent) que toutes ces
successions sont fracturées et incomplètes, comme le sont aussi les
dynasties perses de _Kéïan_ et de _Pichedâd_, ainsi que nous le verrons.
Peut-être est-ce pour combler leurs lacunes, que quelque ancien
chronologiste a porté le règne d'Arraïés à 125 ans, selon _Nouèïri_; à
150 selon Hamza; et les règnes d'_Abraha_ et d'_Afriqos_, ses
successeurs, l'un à 164, l'autre à 183, etc.; nombres absurdes, dont les
véritables causes d'erreur sont désormais ignorées. Nous n'avons que des
fragments, et il doit nous suffire d'y trouver les principales
convenances observées. C'en est une de voir _Haret_ placé au moins cinq
ou six règnes avant Balqis, surtout lorsque les récits décousus et
mutilés des auteurs nous laissent apercevoir qu'il y eut des troubles
civils et des changements de dynastie. Par inverse de l'objection citée,
nous devons dire qu'ayant reconnu l'identité de personnage, nous avons
en main les moyens de rectifier ces monuments, et d'apprécier leurs
erreurs. Enfin nous verrons dans les traditions perses, qu'en comparant
les époques respectives des trois Tobbas, surnommés _premier_, _dernier_
et _du milieu_, l'identité de Haret et de Ariaïos se trouve encore
confirmée.
Alors que Haret fut contemporain de Ninus, son règne en Arabie dut
commencer vers 1240; parce qu'avant d'être appelé par Ninus, il lui
fallut un laps de temps pour subjuguer l'Iémen, et en joindre les
diverses principautés à celle de Hadramaut, qui fut son premier
domaine. Ici nous obtenons un moyen de classer un autre événement
remarquable, qui nous est cité par les auteurs de M. Schultens:
«Ils nous disent que quinze pères, _c'est-à-dire quinze générations
avant_ Haret, avait vécu et régné _Homeir_, fils de _Saba_, qui, le
premier de la race de _Qahtan_ (Ieqtan), régna sur tout l'Iémen (Hamza).
Il était fils de _Saba-abd-el-chems_, et il chassa les Arabes _Temoûd_
de l'Iémen dans l'Hedjaz (_Aboulfeda_).
«Ce fut le plus habile cavalier et le plus bel homme de son temps: son
nom de _Homeir_ (rouge) lui vint de ce qu'il était toujours vêtu de
cette couleur. Il fut le premier qui posa sur sa tête une couronne d'or;
il régna 50 ans (Nouèïri).»
Si nous appliquons à ces _quinze pères_ ou _générations_ notre terme
moyen de 27 ans, nous avons 405 ans plus 1240, égale 1645 ans:
c'est-à-dire que _Homeir_ aurait vécu vers 1650 ans avant notre ère.
Notre auteur (Nouèïri) ajoute qu'il fut contemporain de _Qaïder_, fils
d'_Ismaël_, fils d'_Abraham_, ce qui dans le système juif, veut dire le
19e siècle avant notre ère. Voilà donc les Arabes de l'Iémen ayant
des rois et un état social déjà ancien, plus de 600 ans avant le petit
peuple hébreu; et cependant ce n'est pas à beaucoup près l'époque de
leur origine.
Mais, pour revenir à Ninus, comment se fait-il que ce roi des
_Assyriens_, vivant à _Kélané_ ou _Télané_[323], au pays de _Sennar_ en
Mésopotamie, par le 36 ½ degré, ait eu l'idée de rechercher l'alliance
d'un roi des Arabes vivant à _Mareb-Saba_, dans l'_Arabia felix_ par le
12° de latitude, à la distance de près de 500 lieues, à travers les
déserts du _Nadjd_?
Au premier coup d'œil ce fait semble élever une grande difficulté; mais
elle se résout très-plausiblement par diverses circonstances que nous
fournissent les monuments des anciens Arabes.
Ces monuments nous ont déjà dit (_Voyez_ ci-devant, article des Juifs),
«que les plus anciens habitants de l'Arabie furent les tribus d'_Aâd_,
de _Tamoud_, de _Tasm_ et de _Djodaï_; qu'_Aád_ habita _Hadramaut_;
Tamoud le _Hedjaz_ et le _Téhama_; Tasm le Haouas à l'est du Tigre et le
midi de la Perse; Djoudaï le pays de _Hou_, qui est le _Iémama_ et que
ces anciennes nations avaient soumis et possédé l'Iraq (qui est la
Babylonie).»
Ce serait donc celles-là même que Ninus y aurait trouvées; soit qu'elles
s'y fussent réfugiées 400 ans auparavant, à l'époque des guerres de
Saba, soit qu'elles s'y fussent établies dès avant cette époque, comme
il est probable.
Maintenant si, selon ces mêmes traditions, _Haret_ fut un descendant de
Saba le Homérite, il fut un Arabe de race ieqtanide, et par conséquent
l'_ennemi de sang_ des quatre anciennes tribus kushites, et nous voyons
à la fois pourquoi il chassa de l'Iémen celle de Tamoud, et pourquoi il
se lia d'amitié avec l'Assyrien Ninus, ennemi politique des quatre
tribus.
Il est vrai que selon Aboulfeda, Haret comptait au nombre de ses
ancêtres un prince aâdite appelé _Shedâd_; mais outre qu'Aboulfeda ou
ses auteurs peuvent être en erreur, cette circonstance ne changerait
rien au fond des faits, parce que des pacifications ont pu occasioner de
telles alliances, comme il se pratique même encore chez les Arabes.
D'ailleurs n'oublions pas que, selon les traditions conservées par
Helqiah, les Assyriens et les peuples de l'Iémen durent se considérer
comme parents, puisqu'ils reportaient également leur origine à _Sem_,
fils de _Nouh_; et cette parenté semble trouver son appui dans les faits
suivants:
1° Leur langage était construit sur les mêmes principes de grammaire et
de syntaxe.
2° Le mot _ashour_ (assyrien) se traduit littéralement par les mots
latins _felix_, _dives_, heureux et riche... Or, l'Iémen n'a pas d'autre
nom que celui d'_Arabie heureuse_ chez les anciens Latins et Grecs qui
n'ont dû être que les traducteurs des Orientaux: l'Iémen était une
Assyrie.
3° Enfin il semble que les lettres alphabétiques furent les mêmes chez
les Assyriens et chez les anciens Arabes de l'Iémen: les Arabes
modernes, qui depuis le siècle de Mahomet seulement ont adopté
l'alphabet syrien, nous apprennent qu'avant cette époque, les autres
Arabes, et spécialement ceux de l'Iémen, avaient un système alphabétique
totalement différent.
«Nos lettres arabes (disent-ils) s'écrivent de droite à gauche. Celles
des Hémiarites (Homérites) s'écrivent de gauche à droite (comme le grec
et l'éthiopien): elles sont liées (entre elles) comme les lettres
éthiopiennes. On les appelle _Mosnad_, ou _appuyées_, ce qui se dit
aussi de plusieurs autres lettres anciennes, inconnues[324].
«Il y a douze espèces d'écritures, dit _Maula-ebn-Kair_; savoir:
l'arabique, l'_hémiarite_, la grecque, la _persane_, la syrienne,
l'hébraïque, la romaine, la copte, la _berbère_, l'andalouse, l'indienne
et la chinoise.»
Dans cette énumération nous pouvons désigner toutes les espèces,
excepté l'_hémiarite_: par _berbère_ il faut entendre l'éthiopien dont
Ludolf nous a donné le dictionnaire. L'écriture _persane_ est le _zend_,
que nous ont fait connaître Hyde et Anquetil; l'indienne est le
sanscrit; l'andalouse est l'écriture appelée par Velazquez _caractères
inconnus des anciens espagnols_. L'hémiarite reste donc la seule qui
n'aurait pas de type connu; mais puisque dans ce tableau nous ne voyons
pas l'_écriture à clous_ tracée sur les ruines de Persépolis et sur les
briques des murs de fondation de l'ancienne Babylone, n'est-ce pas une
raison de penser que cette écriture à clous doit être l'hémiarite? On
convient que ces murs et ces briques doivent leur origine à l'Assyrienne
Sémiramis; par conséquent ils sont les caractères dont usaient les
Assyriens, ces lettres qu'Hérodote appelle lettres _assyriennes_,
analogues aux caractères de Persépolis, mais plus compliqués: or, si à
l'époque de Nabukodonosor et de Nabonasar, c'est-à-dire lorsque la race
indigène des Chaldéens eut recouvré son indépendance nationale,
l'écriture alphabétique des Babyloniens était ce que nous appelons la
_chaldaïque_, analogue à celle des Syriens et des Phéniciens,
n'avons-nous pas droit de conclure que les Assyriens et les Homérites, à
titre d'enfants de _Sem_, eurent un système de lettres commun et
identique, de même que les Phéniciens et les Arabes Chaldéens, à titre
d'enfants de Kush, en eurent aussi un commun, mais différent des
précédents, dont ils étaient les ennemis? Pour obtenir la démonstration
de cette hypothèse, il nous faudrait la découverte de quelque ancien
monument arabe à _Mareb_, ou en d'autres villes de l'Arabie
heureuse[325].
Quant à l'écriture à clous considérée en elle-même, c'est une autre
énigme qui n'a pas encore trouvé son Œdipe[326]. Voyons si en prenant
toujours Hérodote pour guide, nous serons plus heureux vis-à-vis de deux
sphinx chronologiques, qui jusqu'à ce jour ont fait le désespoir de nos
devanciers.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS CE VOLUME.
/* Page.
CHAPITRE Ier.--PÉRIODE des rois juifs 3
CHAP. II.--Durée des juges 26
CHAP. III.--Secours fournis par Flavius Josephus 41
CHAP. IV.-- Y a-t-il eu un cycle sabbatique 52
CHAP. V.--Des temps antérieurs à Moïse et des livres attribués
à ce législateur 59
CHAP. VI.--Passages du Pentateuque, tendants à indiquer en quel
temps et par qui cet ouvrage a été ou n'a pas été composé 62
CHAP. VII.--Époque de l'apparition du Pentateuque 69
CHAP. VIII.--Suite des preuves 81
CHAP. IX.--Problèmes résolus par l'époque citée 94
CHAP. X.--Suite du précédent 107
CHAP. XI.--Examen de la Genèse en particulier 119
CHAP. XII.--Du déluge 123
CHAP. XIII.--De la tour de Babel, ou pyramide de Bel à Babylone 138
CHAP. XIV.--Du personnage appelé Abraham 148
CHAP. XV.--Des personnages Antédiluviens 164
CHAP. XVI.--Mythologie d'Adam et d'Ève 176
CHAP. XVII.--Mythologie de la création 185
CHAP. XVIII.--Examen du chap. 10 de la Genèse, ou système
géographique des Hébreux 213
CHAP. XIX.--Division de Sem 235
CHRONOLOGIE DES ROIS LYDIENS.
§ I 283
§ II. Solution de quelques difficultés 345
REMARQUES sur la traduction de M. LARCHER 361
CHRONOLOGIE D'HÉRODOTE.
EMPIRE ASSYRIEN DE NINIVE.
§ I. Sa durée. Hérodote et Ktésias opposés quant au temps,
mais non quant aux faits 367
§ II. Idée générale de l'empire assyrien, selon Ktésias, en Diodore,
livre II, page 113 et suivantes, édition de Wesseling 377
§ III. Exposé d'Hérodote, sur la durée de l'empire assyrien 397
§ IV. Calculs d'Hérodote comparés à ceux des Hébreux; dissonance
qui en résulte 402
§ V. Solution de la difficulté 411
§ VI. Coup d'œil sur l'histoire des manuscrits juifs 417
§ VII.--Monument arménien confirmatif de notre solution 422
§ VIII. Analyse de la liste assyrienne de Ktésias 429
§ IX. Époque de la guerre de Troie, selon les Assyriens
et les Phéniciens 439
§ X. Examen de la liste assyrienne de Ktésias 454
§ XI. Chronologie des Arabes homérites, favorable au plan d'Hérodote 476
*/
FIN DE LA TABLE.
[Illustration: Plan de Babylone.]
NOTES:
[1] Fréret, premières pages des Observations générales sur l'Histoire,
tome Ier de ses Œuvres, page 55, et Mémoires de l'Académie des
Inscriptions, tome VI.
[2] A commencer par Africanus, prêtre, vers l'an 220, premier
chronologiste chrétien qui a disloqué toutes les annales _païennes_ pour
les adapter au système juif; puis Eusebius Pamphilus, évêque de
Kaisarié, vers l'an 326; le moine Georges, dit Syncellus, auteur, vers
l'an 800: Joseph-Juste Scaliger, _dévot calviniste_, publie, en 1583,
son livre _de Emendatione temporum_ (Réforme des temps...): Denis Petau,
_jésuite_, son antagoniste, publie, en 1627, sa (vraie) _Doctrine des
Temps_: Usher, dit _Usserius_, théologien, évêque d'Armagh, publie, en
1651, ses _Annales de l'Ancien Testament_, ouvrage dogmatique sans
discussion ni preuve d'opinion: Alphonse Desvignoles, ministre
protestant, publie, en 1732, sa _Chronologie_, qui est le livre le mieux
ordonné en ce genre: voilà les chefs de la science, auxquels il faut
joindre Riccioli, _jésuite_; le chevalier Marsham, _dévot catholique_...
Newton, à l'époque où il commenta l'Apocalypse; l'évêque Bossuet; Pezron
et Hardouin, _jésuites_; l'abbé Fleury; dom Calmet, _bénédictin_;
Rollin, _recteur_ de l'Université; l'abbé Lenglet du Fresnoy; Larcher,
traducteur d'Hérodote, etc., etc., etc.
[3] Paralipom., II, chap. 26, v. 21. _Reg_. II, chap. 15, v. 5.
[4] _Super domum regis constitutus_.
[5] Samuël, ch. 13.
[6] Lib. VI, chap. 18, _in fine_.
[7] _Antiq. jud._, lib. X, cap. 8.
[8] Lib. I, nº 23. Josèphe l'associe à Démétrius de Phalère et à Philon
l'ancien, comme étant les trois historiens les mieux informés sur les
Juifs. Démétrius fut contemporain et témoin de la version grecque.
[9] _Præp. evang._, lib. IX, p. 447.
[10] _Antiq. jud._, lib. X, cap. 8.
[11] _Voyez_ lib. XI, cap. 4, à la fin. Josèphe dit que la monarchie
dura, depuis Saül, 532 ans 6 mois. La traduction de Rufin est d'accord;
et il a plu à Havercamp d'écrire 522 qui est aussi faux. A l'égard des
80 ans de Salomon, qui de Josèphe ou de ses copistes les a imaginés?
Nous l'ignorons; mais l'on ne peut attribuer qu'à lui les 94 ans de vie
qu'il donne à ce prince, et qui sont inconciliables avec le temps de
l'enlèvement de sa mère, vers la 14e ou la 15e année du règne de David;
Salomon dut avoir environ 25 ans à son avènement, et son début ferme et
prudent cadre avec cet âge. Au reste, on ne peut disculper partout
Josèphe de manque de critique et de bons calculs: par exemple, il dit:
«Achaz régna 16 ans, et il en vécut 36... Son fils Ézéqiah régna 29 ans,
et en vécut 54». Donc Ézéqiah avait 25 ans lorsqu'il remplaça Achaz,
lequel n'ayant vécu que 36 ans, se trouve l'avoir engendré à l'âge de 10
ou de 11 ans.
Deux autres contradictions se présentent encore dans Josèphe
relativement à la durée des rois juifs: «Le temple, nous dit-il (lib. X,
cap. 8), fut brûlé par _Nabukodonosor_ l'an 18 de son règne, 11e de
Sédéqiah, 470 ans 6 mois après sa fondation (par Salomon)». D'abord le
_Livre des Rois_ atteste que le temple fut brûlé l'an 19 de
Nabukodonosor, par Nabuzardan, l'un de ses généraux; ensuite ces 470 ans
sont une erreur manifeste: car le temple ayant été fondé l'an 4e de
Salomon, si de la durée totale des rois 493 nous retranchons, 1° les 20
ans de Saül, 2° les 40 de David, 3° les trois premières années de
Salomon, total 63; il ne nous reste que 430 et non pas 470 ans; or la
différence de 430 à 470 est précisément de ces 40 ans, dont Josèphe a
surchargé sans raison, le règne de Salomon, qu'il porte à 80 ans au lieu
de 40... Mais si nous comptons ces 470 à reculons, c'est-à-dire en
rétrogradant depuis l'an 11 de Sédéqiah, nous trouverons que leur
première année coïncide juste à l'an 4 de David, au lieu de l'an 4 de
Salomon. Cette méprise ne peut venir que de Josèphe... elle se reproduit
au liv. XX, chap. 9, lorsqu'il dit: «Il y a eu dix-huit grands-prêtres
depuis la fondation du temple jusqu'à sa ruine, par Nabukodonosor, en un
espace de 466 ½.» Voilà encore une variante de 4 ans qui ne peut venir
que de cet auteur: il est remarquable que ces 466 ½ comptés en
remontant, tombent juste à l'an 8 de David, c'est-à-dire à la 1re année
de l'occupation de Jérusalem, lorsque l'arche y fut transférée par ce
prince; et cela en comptant Salomon pour 40 ans seulement, ce qui est
exact en tout point. Au reste ce passage a le mérite d'indiquer que la
liste des grands-prêtres a été un monument particulier, indépendant de
toute autre chronique, duquel Josèphe, en sa qualité de fils de prêtre,
a eu connaissance, mais dont il a fait emploi sans le discuter ni le
confronter à ses autres calculs et autorités.
[12] _Sam._, lib. I, cap. 17, v. 34
[13] _Ibid._, cap. 16, v. 18.
[14] _Ibid._ lib. I, cap. 12, v. 12.
[15] _Sam._, lib. I,. cap. 25.
[16] _Sam._, lib. I, cap. 5.
[17] _Ibid_., lib. I, cap. 3.
[18] Chap. 12, v. 13 et 26.
[19] C'est l'opinion expresse de Usher, de Petau, de Marsham, de Lejay,
etc.
[20] A raison des 30 ans qu'il faut ajouter pour Josué et les
Vieillards.
[21] _Chronologie_, tome 1, page 69.
[22] Jug., chap. 19, 20 et 21.
[23] _Sam._, lib. II, cap. 2.
[24] _Voyez_ Fabricius, notes sur l'_Hérésie de Philastre_.
[25] Montfaucon, _Antiquité expliquée_, tome 1, page 127.
[26] Hérodote, lib. II, § XLV.
[27] Servins, notes sur l'_Énéide_, lib. IV, v. 196. Notez que chez les
anciens l'Éthiopie est souvent appelée _Inde_.
[28] Ovide, _Fastes_, liv. IV, v. 681 à 712. Cette même fête avait lieu
à Rome vers le 20 avril, au coucher des pluvieuses Hyades. Bochart
remarque qu'à cette époque on coupe les blés en Palestine et dans la
basse-Égypte (_Hierozoicon_, tome II, page 857). Or, peu de jours après
le coucher des Hyades se levait le Renard, à la suite ou queue duquel
venaient les feux ou torches de la canicule, signalés, chez les
Égyptiens, par des marques rouges peintes sur le dos de leurs animaux.
[29] En arabe Shams-on, _Soleil_.
[30] _Antiq. jud._ lib. XI, cap. 4, nº 8.
[31] _Chronologie_, tome 1, pag. 136.
[32] _Antiq. jud._, lib. XX, cap. 10, pag. 700 à 702
[33] _Antiq. jud._, lib. V, cap. 6, _in fine_.
[34] Le livre d'Esdras, quoique canonique, est bien moins exact que
Josèpbe, puisqu'en remontant depuis ce prètre jusqu'à Aaron, il ne
compte que 17 têtes, savoir: d'Esdras à Helkyah, sous Josias, 4 têtes en
160 ans; ce qui est absurde. De là à Achitob, sous David, trois têtes en
420; ce qui est encore plus absurde. De là à Aaron, 10 têtes: en général
les recensements de générations dans les livres juifs, depuis la
captivité de Babylone, sont tronqués et méritent peu de croyance.
[35] _Deuteron._, chap. 15, v. 1, 12 et suivants.
[36] _Nihil in sacris litteris aut in historicis exteris satis expressum
legi unde sciri possit, utrum jubileus etiam in Judæa ipsa, necdum in
aliena regione ac deportatione, Judæi servaverint.--Primus est is quo
Antiochus Eupator, Epiphanis filius, Hierosolymam obsedit._ (Voyez chap.
26, p. 59). Voyez aussi: _Johan. Davidis Michaelis Commentationes;
Bremæ_, 1774, _Commentatio nona: de anno Sabbatico_, où ce savant auteur
déclare aussi que cette loi n'a point eu d'exécution.
[37] Tom. I, p. 694.
[38] _Desvignoles_, tome I, p. 709, où il cite les solides raisons de
Godefroi Vendelin.
[39] [Chap. 25, v. 11.] «Depuis 23 ans, je vous ai porté la parole de
Dieu, vous ne m'avez point écouté; voici ce que dit aujourd'hui le
Seigieur: J'amène Nabukodonosor, roi de Babylone; il va dévaster cette
terre; elle restera déserte, et tous ses peuples seront en servitude 70
ans, et quand 70 ans seront écoulés, je visiterai Babylone à son tour,
et je la détruirai».
[40] [Chap. 29, v. 5-10]. «Bâtissez des maisons à Babylone; plantez-y,
semez-y; mariez-vous-y, etc.; car voici ce que dit le Seigneur: Lorsque
70 ans seront écoulés (pendant votre séjour) à Babylone, je vous
visiterai et vous ramenerai ici».
[41] La différence de 2 ou 3 ans que nous avons citée n'aurait-elle
point pour cause l'intercalation de quelques années, faite dans cet
espace de près de 500 ans, par des procédés que nous ignorons; car, quoi
que l'on en ait dit, nous ne connaissons pas exactement la forme de
l'année juive avant la captivité de Babylone?
[42] _Samuel_, lib. II, cap. 24, v. 2.
[43] _Judic._, tout le chapitre premier.
[44] _Voyez_, entr'autres, le _Tractatus Theologico-Politicus_, publié
en 1665, et l'_Histoire critique du Vieux-Testament_, in-4°, 1685.
[45] Plusieurs traductions latines altèrent ici et ailleurs le vrai sens
des mots, et au lieu de dire _ultrà_, disent _in transitu_ ou _in ripâ_;
mais il est avoué, de tous les hébraïsans, que _b'ăber_ signifie
rigoureusement _au delà, ultrà_.
[46] _Deut._, chap. 4, v. 22, Moïse dit: «Voici que je meurs dans cette
terre, et je ne passerai point le Jourdain».
[47] Cette phrase est repétée chap. 13, v. 7.
[48] _Voyez_ l'_Histoire critique du Vieux-testament_, par R. Simon,
chap. 5 et 6, etc., et le _Tractatus philos. polit._, chap. 8, 9 et 10,
traduit sous le nom de _Recherches curieuses d'un esprit desintéressé_,
etc., Cologne, 1672, in-12.
[49] On sait, et le texte hébreu déclare, qu'un grand nombre ne sont pas
de David: plusieurs chapitres d'Isaïe sont évidemment dans le même cas.
Au chap. 12, v. 2, on trouve un demi-verset tiré du cantique composé à
l'occasion du passage de la mer Rouge (_Exod._, chap. 15, v. 2); mais ce
cantique, qui nous est indiqué par le texte même comme devenu _chant
populaire_, a pu et dû se conserver en d'autres livres.
[50] Son père se nommait Helqiah, comme le grand-prêtre; ils ont pu être
parents.
[51] Cet an 13 de Josiah est l'an 626 avant notre ère, ainsi que nous le
prouverons par la suite.
[52] Les Paralipomènes.
[53] Depuis Alexandre on a peine à prouver l'existence des livres de
Zerdoust. Quant aux Vedas, on a long-temps douté de la leur; et il a
fallu toute la puissance des Anglais pour parvenir à compléter une copie
de ces livres, réduits à un seul manuscrit dont rien ne garantit la
parfaite pureté.
[54] _Voyez_ le chap. 33 et les précédents, livre des Nombres.
[55] _Deut._, ch. 29, v. 1er.
[56] Page 70.
[57] Une autre identité a été remarquée par les critiques. On lit, au
chap. 21 du livre des Nombres, v. 26, 27 et 28: «Or, la ville de Hesbon
avait été enlevée aux Moabites par Séhon, roi amorrhéen; c'est pourquoi
il est dit dans le livre des _Moshalim_: Venez bâtir Hesbon, la ville de
Séhon..... Un feu est sorti de Hesbon, une flamme de la ville de Séhon,
pour dévorer les villages de Moab sur les hauteurs de l'Arnoun: malheur
à toi, ô Moab! il a péri le peuple de Kámôs..., il a livré ses enfants à
la fuite, et ses filles à la captivité».
D'autre part, le chapitre 48 de Jérémie, v. 44, 45 et 46, porte: «A
l'ombre de Hesbon se sont arrêtés les fuyards de Moab; un feu est sorti
de Hesbon, une flamme du milieu de Séhon pour dévorer les pierres
angulaires et les sommets des enfants de Châoun. Malheur à toi, Moab! Le
_peuple de Kámôs a péri_; car ses enfants sont emmenés en esclavage, et
ses filles en captivité.».--On objecte que le livre _des Moshalim_ a pu
être cité par l'auteur des Nombres, comme par Jérémie; mais dans un
temps où un manuscrit était rare et souvent unique, sa citation par deux
auteurs devient un indice de quelques relations habituelles entre eux,
et appuie notre opinion sur celles de Jérémie avec le grand-prêtre
Helqiah.
[58] Genèse, ch. 49.
[59] Les interprètes traduisent ce mot _au passé_, mais il n'en porte
pas plus le signe dans l'hébreu que les autres traduits au futur. En
général ils font arbitrairement l'échange de ces deux temps.
[60] Genèse, chap. 9.
[61] C'est un jeu de mots, car Iaphet signifie _dilaté, vaste_, comme le
continent des races scythiques. _Ham_, le pays _chaud_, brûlé.
[62] Asiatick researches, tome IV.
[63] Mégasthènes fait une remarque expresse de cette ressemblance entre
les Indiens et les Juifs pour les opinions théologiques (Eusèbe nous
dit, _Præpar. Evang._, lib. IX, cap. 6), _Megasthenis..... clarissimus
hic locus est libro suo de Indicis tertio: «Quidquid ab antiquis de
naturâ dictum est, eorum etiam qui extra Græciam philosophantur, ut
brachmanum apud Indos, et Judæorum in Syriâ sermone celebratur_». Un
passage de Josèphe, dans son livre Ier contre Appion, est encore
remarquable, § XXII: «Cléarque, disciple d'Aristote, en son livre du
Sommeil, parlant d'_Hyperochides_, philosophe juif, observe que les
Juifs tirent leur origine des Indiens. Chez les Indiens, dit-il, les
philosophes se nomment _Kalani_, et chez les Syriens, _Judæi_, à raison
du nom de la contrée qu'ils habitent».
[64] Le livre des Nombres, chap. 22, dit que Balaam vint du pays des
Ammonites. Le livre du Deutéronome dit, chap. 23, v. 4, qu'il vint de la
Mésopotamie (_Aramnahrim_).
[65] _Numeri_, chap. 24, v. 5 à 7 et 17 à 20.
[66] Voilà encore une phrase de Jérémie.
[67] Dans la Polyglotte de Walton, pas une des sept traductions grecque,
syriaque, arabe, vulgate, chaldaïque, etc., ne ressemble à l'autre; ce
qui démontre l'incertitude des auteurs: nous avons suivi le sens le plus
littéral et le plus plausible.
[68] _Sam._, lib. I, cap. 15, v. 6.
[69] Environ 180 ans avant J.-C.
[70] Le texte hébreu porte _Dodanim_, par confusion de l'_R_ avec le
_D_, qui en hébreu lui ressemble; mais le samaritain, qui n'est pas
susceptible de cette confusion, porte _Rodanim_, et c'est la vraie
leçon.
[71] _Voyez_ Isaïe, chap. 23.
[72] En hébreu, tout pays au-delà de la mer s'appelle _Ile: Ai_. La même
chose a lieu en sanscrit.
[73] _Hérodote_, liv. II, § CLIX.
[74] Supposez qu'en 638, 1re année de Josiah, Helqiah eût 40 ans, il en
aura eu 74 en 604.
[75] Sous le règne d'Artaxercès, vers l'an 452 avant J.-C.
[76] Le livre célèbre intitulé, _Tractatus theologico-politicus_, publié
en 1670, est le premier qui ait traité tout ce qui concerne les livres
hébreux avec la liberté d'esprit convenable pour y porter la
lumière..... Le lecteur y trouvera beaucoup de détails intéressants sur
le sujet que nous traitons; mais son auteur, qui a cru qu'Ezdras composa
le Pentateuque, nous paraît s'être trompé dans plusieurs de ses
raisonnements; son grand mérite est d'avoir ouvert une route où presque
personne n'avait osé mettre le pied avant lui.
[77] Exod., chap. 9, v. 23, 31, 32.
[78] Chap. 3, v. 1, 15.
[79] Chap. 4, v. 19.
[80] _De Bello judaico_.
[81] Censorinus, _de Die natali_ par Lindenbroq. _Cantabrigiæ_, 1695,
in-12, chap. 19. _Et in Ægypto antiquissimum ferunt annum bimestrem
fuisse; deinde a Pisone rege quadrimestrem factum_. Dîodore, liv. I,
pag. 22, dit, d'_un_ mois, d'accord avec Plutarque, Pline, Augustin,
Varro et Proclus. _Item in Achaiâ, Arcades trimestrem habuisse; Cares
autem et Acarnanes semestres habuerunt annos, et inter se dissimiles
quibus alternis dies augescerent aut senescerent, eosque conjunctos
veluti trieterida annum magnum_.
[82] _Hist. nat._, lib. VII, cap. 49.
[83] _Voyez_ Plutarque, _de Numa_; Diodore, lib. I, Varron; _Proclus_,
_Comment. in Timeum_.
[84] Cela serait d'autant plus naturel, que n'étant point laboureurs,
mais pâtres errants, ils n'avaient pas besoin du calendrier écliptique.
[85] Lorsque ce roi, fuyant Absalon, passe le Jourdain, il est accueilli
par un vieillard de 85 ans, que l'historien peint décrépit, tel qu'il
serait de nos jours.
[86] Genèse, chap. 15.
[87] Josèphe, _Antiq. jud._, liv. II, ch. 6 et 15.
[88] _Voyez Mémoires de l'Acad. des Inscrip._, tome XXXIV, un _Mémoire
de Gibert sur les années des Juifs_.
[89] Contre Appion, liv. I, § XIX.
[90] Ce mot _noux_ est la meilleure orthographe de l'hébreu _nouh_
(Noé), parce que les Grecs n'ayant point l'aspiration _h_, la remplacent
par χ, qui est le _ch_ allemand et latin.
[91] Voyez _le Syncelle_, pages 38 et 40, ligne 8. Cet auteur cite
quelquefois le nom de Bérose; mais tous les passages qu'il produit,
finissant par être rapportés à Polyhistor, Abydène et autres copistes de
Bérose, il nous semble que déja l'original de Bérose n'existait plus.
[92] _Prœpar. Evang._, lib. IX, cap. 12.
[93] _Nec me fugit Berosum et sequaces ejus Alexandrum Polyhistorem, et
Abydenum_, etc., page 14.
[94] Le _Syncelle_, page 30, semble d'abord tirer ce passage de Bérose;
mais en le terminant, il dit: _Voilà ce qu'écrit Alexandre Polyhistor_.
[95] En Égypte ces oiseaux ne quittent pas la maison pendant que le sol
est couvert d'eau: quand ils s'absentent, c'est le signe qu'ils trouvent
à vivre et que la terre se découvre.
[96] _Arcturus_, Bootes.
[97] Pline, lib. VI, cap. 27.
[98] _Moses Chor._, ch. 9. Ce Haïk a tous les caractères d'Apollon,
chassé du ciel par Jupiter, qui, de l'aveu des Grecs, est identique au
Belus babylonien.
[99] _Voyez_ Dupuis, _Origine des Cultes, Table des matières_, tome III,
in-4°, art. _Déluge, Orion, Titan, Géants, Belus_, et sa _Dissertation
sur les grand cycles_.
[100] Pluton même est noir comme Cham.
[101] _Antiq. jud._, liv. I, chap. 7, § II.
[102] Nicolas de Damas, dans son propre texte, ajoute ici: «Son nom est
encore célèbre à Damas, où l'on montre un faubourg qui l'a retenu.»
[103] Eusèbe, _Præpar. evang._, liv. IX, chap. 17.
[104] Probablement l'écriture chaldaïque.
[105] Josèphe, liv. I, chap. 7.
[106] _Voyez_ Moses Maimonides, _More Nebuchim_, et le livre intitulé
_Dabistan_, publié à Calcutta, 1789, dans le _New-Asiatick Miscellany_,
tome Ier. Ce livre contient à ce sujet des détails qui se lient
très-bien avec ceux de Maimonides.
[107] _Voyez_ le fragment de _Sanchoniaton_, Eusèbe, _Præpar. evang._,
lib. I, cap. ult.
[108] _De Religione veter. Persarum_, pag. 77, 78.
[109] Genèse, chap. 13, v. 3.
[110] Genèse, chap. 23, v. 6.
[111] _De Relig. veter. Persarum_, pag. 77, 78.
[112] _Voyez_ Moïse de Chorène, _Histoire armén._, page 16, note 2.
[113] Josèphe, _Antiq. jud._
[114] Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. II, page 37.
[115] Selon la Genèse, chap. 17, v. 5, Dieu changea le nom d'_Abram_ en
_Abraham_, comme signifiant _père de la multitude_; mais ce mot _Rahm_
manque dans les lexiques.
[116] Or quand Moïse entrait dans le tabernacle, la nuée descendait à
l'entrée et parlait à Moïse, en présence de tout le peuple prosterné en
adoration; et Dieu parlait à Moïse comme un ami à son ami; et quand il
revenait au camp, le jeune Josué, fils de Noun, qui l'assistait dans le
tabernacle, y restait et n'en sortait point. (_Exode_, chap. 33, v.
10.).
[117] Il est encore dit, au chap. 32, v. 17, que lorsque Moïse descendit
du mont Sinaï, Josué l'accompagnait: preuve qu'il y fut avec lui pendant
les 40 jours que Moïse y resta; qu'il y fut l'interlocuteur et le scribe
de la loi attribuée à Dieu; et l'on a le droit de dire qu'il y prépara
tout l'appareil de pyrotechnie dont l'Exode nous montre les effets, en
même temps qu'il y porta les provisions dont Moïse et lui vécurent
pendant les 40 jours du prétendu jeûne, également raconté et cru sans
preuves ni témoins.
[118] Il y a une exagération, palpable dans le nombre de _six cent mille
hommes_ portant les armes, qui, selon le texte, sortirent d'Égypte avec
Moïse. Ce nombre suppose une quantité proportionnelle d'enfants, de
femmes et de vieillards invalides; il est même ajouté qu'une populace
innombrable suivit avec des troupeaux. (_Exode_, chap. 12, v. 37).
Cette quantité ne peut pas être évaluée moins de trois têtes pour chaque
homme armé; ainsi ce serait une masse de 2,400,000 âmes, sans les
troupeaux. Pour qui connaît l'Égypte et le désert, cela est une pure
absurdité, et cette absurdité est décelée par plusieurs circonstances.
1° Dieu est censé dire (_Exode_, chap. 24): «Je n'exterminerai point les
Kananéens devant votre face en une seule année, de peur que le pays ne
soit réduit en un désert, et que les bêtes féroces ne se multiplient
contre vous.» Nous remarquons que le pays de Kanaan n'a pas plus de 30
lieues de long sur autant de large, faisant 900 lieues carrées environ,
dont beaucoup en terres rocailleuses et désertes; ce serait près de
3,000 âmes par lieue carrée, ce qui ne se voit en aucun pays. 8 à 900
âmes par lieue carrée sont une forte population: toute la Syrie, toute
l'Égypte, qui ont plus de 3,000 lieues carrées chacune, ne contiennent
pas plus de 2,000,000 d'âmes chaque. 2° Au Deutéronome, chap. 7, v. 1,
il est dit «que la terre de Kanaan contenait 7 peuples, plus _forts_ et
plus _nombreux_ chacun que le peuple hébreu.» Ce petit pays de 900
lieues carrées aurait donc contenu 16,800,000 âmes! On voit
l'extravagance. Mais quel peut être le nombre vrai? Nous croyons qu'il y
a erreur décimale, et qu'au lieu de 600,000 il faut lire 60,000: le
calcul décimal paraît avoir été très-usité chez les Chaldéens, les
Perses et les Mèdes; l'on trouve répétées dans le Zend Avesta les
progressions décuples: «Ormusd, y est-il dit, donne-moi 100 chevaux,
1,000 bœufs, 10,000 lièvres, 9 bénédictions, 90 bénédictions, 900
bénédictions, etc.» Dans le cas dont nous traitons, le signe décuple se
serait introduit mal à propos. 60,000 hommes armés supposeraient 240,000
âmes en tout, ce qui est déjà trop de monde à nourrir dans le désert: ce
nombre eût donné 266 têtes par lieue carrée au pays de Kanaan, qui en
aurait eu déjà plus de 1,700. (C'est trop). Un passage du livre de Josué
indique un nombre plus modéré, et ce témoignage à d'autant plus de
poids, que ce livre, étranger au Pentateuque, a été hors de l'influence
de Helqiah. Il est dit chap. 7 et 8, «que Josué voulant attaquer la
ville de _Haï_, ses _éclaireurs_ lui rapportèrent que le nombre d'hommes
qu'elle contenait ne méritait pas la peine de faire marcher toute
l'armée, et que 2 ou 3,000 hommes suffiraient.» Josué envoya 3,000
hommes qui furent battus avec perte de 36 hommes. Cet échec, tout léger
qu'il était, effraya beaucoup les Hébrèux. Pour les rassurer Josué
imagina l'expiation dont Achan fut victime; puis, il dressa, pendant la
nuit, une embûche de 30,000 hommes en un ravin près la ville, avec
l'instruction que le lendemain, lorsqu'il aurait attiré au dehors le roi
et ses gens armés par une fuite simulée, ils eussent à y entrer et à la
saccager. Cela fut fait; la ville fut prise: tout fut égorgé, et le
nombre total, y compris vieillards, femmes et enfants, fut de _douze_
mille. Ces 12,000 ames supposent au plus _trois_ mille hommes en état de
combattre. Les premiers 3,000 que Josué envoya supposent encore moins,
puisqu'ils furent regardés comme _plus forts_. L'embuscade de _trente_
mille est improbable; ce dut être aussi _trois_ mille. Il est encore dit
que Josué embusqua 5,000 hommes entre Haï et Bethel, et qu'il se
présenta avec tout le reste: il ne dut pas présenter un nombre beaucoup
plus fort que la veille, de peur d'effrayer trop le roi et son monde:
supposons encore 3 ou 4,000 hommes, cela ne produit pas plus de 12,000
hommes. Josué n'a pas dû avoir une réserve plus considérable, et tout ce
récit n'indique pas 30,000 combattants. Il est étonnant que la perte de
_trente-six_ hommes ait pu effrayer cette armée; c'était encore moins
pour _soixante_ mille. Si toute l'armée de Josué né fut que de 25 à
30,000 hommes, sa population totale ne dut être que de 120 à 130,000
têtes. Les 7 peuples plus nombreux donneraient alors 1,050,000 ames,
c'est-à-dire, plus de 1,000 ames par lieue carrée. Au lieu de 600,000
hommes armés, ne serait-ce pas plutôt 60,000 ames qui seraient sorties
de l'Égypte, et qui ensuite se seraient recrutées dans le désert arabe?
Les exemples de ces exagérations décimales se reproduisent dans les
1,000 livres d'argent qu'Albimelek donne à Sara (au lieu de 10), les
1,000 Philistins que tue Samson, les 3,000 qu'il précipite de la
terrasse d'un temple; les 50,000 Betsamites qui périssent pour avoir
regardé dans l'arche (peut-être 50); les 300,000 guerriers que Saül mena
contre Nahas, roi des Ammonites (sans doute 30,000), et voilà comme
s'écrit l'histoire! et l'on y croit!
[119] Pages 17 à 18.
[120] _Annus, annulus_. En arabe, _aïn_ désigne le _rond_ de l'œil, le
_rond_ du soleil, le _rond_ d'une fontaine.
[121] Voyez _Asiatik researches_, tome II, pages 111 et suivantes.
[122] _Aristot. Meteor._, lib. I, chap. 14, et _Julius Firmicus_, lib.
III, chap. 1, page 47, et _Epiphan. hæres._, chap. 19.
[123] _Deut._, chap. 32, v. 8.
[124] Alexandre Polyhistor remarque (dans Eusèbe, _Præpar. evang._, lib.
IX, chap. 17), qu'_Enoch_, selon plusieurs savants, est le même
qu'_Atlas_, par conséquent le même que _Bootes_, sur les épaules de qui
tourne le pôle, et qui, par cette raison, a été peint comme portant le
globe. C'est saint Christophe. _Voyez_ Bochart, sur _Sem_, _Cham_,
_Seth_, etc.
[125] _Voyez_ la sphère de Coronelli.
[126] A proprement parler, le système _des deux principes_, considéré
relativement à l'hiver et à l'été, ne convient point au climat de
l'Égypte, où l'hiver est une saison douce et agréable: l'on peut dire
qu'il n'y est point un système primitif et naturel..... Mais lorsque les
prêtres furent parvenus à la connaissance générale des phénomènes du
globe, tant par leurs propres recherches que par les relations des
Phéniciens et des Scythes; alors, embrassant sous un seul point de vue
les opérations de la nature végétante et animée, ils imaginèrent
l'hypothèse de la diviser en un principe de _vie_, qui fut le _soleil_,
et un principe de _mort_ qui fut le froid et les ténèbres; et c'est sur
cette base, vraie à bien des égards; que se sont échafaudées des
fictions qui ont tout défiguré! Quant au changement des signes du
Zodiaque par la précession des équinoxes, on l'estime à 2130 ans par
signe, à raison de 71 ans pour chaque degré, et de 50 secondes par an.
[127] Genèse, chap. 3, v. 15. La Vulgate dit: _elle_ (la femme)
_écrasera_; mais le texte hébreu porte le genre masculin _lui_, relatif
au rejeton (Zara).
[128] Voyez _Alphabetum thibetanum_, in-4°, page 186. L'auteur
missionnaire fait cette remarque intéressante, que le système des
Boudhistes du Thibet diffère de celui des Brahmes, en ce que, dans ce
dernier, les figures des 7 mers et des 7 montagnes qui sont les 7
sphères célestes, et leurs intervalles, sont elliptiques ou ovales,
tandis que dans le premier elles sont purement circulaires: c'est une
raison de penser (ajoutée à plusieurs autres), que la secte de Boudha
est plus ancienne que celle des Brahmes, les formes elliptiques étant un
perfectionnement des premières idées, qui furent les _circulaires_
pures.
[129] De là, le mot latin _fretum_.
[130] _Voyez_ Bailly, _Astronomie indienne_, et l'_Histoire de
l'astronomie ancienne_. Voyez aussi les Mémoires asiatiques.
[131] Ce nom de _Iahouh_ n'est employé, pour la première fois, qu'au 4e
verset du chap. 2; le latin le rend par _Dominus_, il devrait dire
_existens per se_.
[132] Flavius Josèphe, _Antiq. jud._, liv. I, chap. I.
[133] Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. I, pag. 37.
[134] Article _Tyrrhenia_.
[135] Les peintures découvertes par nos savants français dans les
catacombes des rois de Thèbes, achèvent de certifier cette opinion. Les
vases, les meubles et les ornements que représentent ces peintures, sont
absolument du même style que ceux des vases étrusques;_voy_. le tom. II
de la Commission d'Égypte; et relativement à Moïse, son arche d'alliance
a totalement la forme du coffre ou tombeau d'Osiris.
[136] Asiatick researches, tome I.
[137] Ce mot signifie, dit-il, _racine donnée_ ou _donné par la racine_,
c'est-à-dire _origine, Genèse des choses_.
[138] Hérodote, liv. III, § XCIV.
[139] Mémoire de M. Joinville, page 413.
[140] _Voyez_ Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome 31, page
254, Mémoire de l'abbé Mignot.
[141] _Voyez_ Legentil, Mémoires de l'Académie des Sciences, 1772, tome
II, page 190; Abraham Roger, Mœurs des Brahmines, part. II, chap. 5,
page 179; le Père Beschi, Grammaire tamoulique.
[142] Syncelle, pages 28 et 29.
[143] _Voyez_ Dupuis, t. II, in-4°, p. 208 et 228; t. III, pag. 186.
[144] Alphab. thibet., page 184.
[145] Phaleg et Kanaan.
[146] Commentaires sur la Bible.
[147] Histoire du Ciel.
[148] _Geographiæ Hebræorum exteræ spicilegium_.
[149] _Roush_ montre sa trace dans l'_Erusheti_ de Danville, canton à
l'ouest de Gokia.
[150] Hérodote, liv. VII.
[151] Selon la plupart des chronologistes modernes, 1130 ans avant
J.-C.: comment concilient-ils cette date avec la composition de la
Genèse par Moïse 300 ans avant?
[152] Hérodote, lib. VII.
[153] _Scholiast. Aristophanis in Acharn._
[154] Page 49.
[155] Hérodote, lib. II, § XLIV.
[156] Phaleg., lib. IV, chap 27.
[157] Le nom de Kush semble s'être conservé dans _guiz_ ou _guis_, qui
est le nom antique du langage éthiopien; l'_idiome guiz_.
[158] _Odyss._, lib. I, v. 22. Strabon entend ce vers d'Homère des
Éthiopiens sur la rive ouest, et des Arabes sur la rive est du golfe
arabique, et c'est l'idée de la Genèse.
[159] _Voyez_ Ptolomée, _Geog. in-fol._, _Tabula Asiæ sexta_.
[160] Danville, carte d'Asie première.
[161] _Voyez_ Danville, carte d'Arabie; _hagiar_ ou _hagar_ signifie
_pierre_, _pierreux_, et tels sont les rochers de Hidjar.
[162] _Sam._, lib. I, chap. 15, v. 7.
[163] Paralipomènes, liv. II, chap. 14.
[164] Strabon aurait donc eu raison d'interpréter en ce sens le vers
d'Homère qui partage les _Éthiopiens en deux pays_ (par la mer).
[165] Tom. II, col. 1239 et 1240. Voyez aussi Assemani, Biblioth.
syriac., tom. III, pars II, pag. 744.
[166] _Voyez_ ci-après page 278.
[167] _Hieronym. Quest. in Genes._, cap. 10, nº 10.
[168] Plusieurs divinités chez les Chaldéens ont eu le nom de _Bel_ ou
_Baal_, qui signifie _Dieu_ et _Seigneur_. Alexandre Polyhistor parle de
Bélus l'_ancien_, appelé _Kronos_ (ou Saturne), de qui naquirent un
second Bélus ou Bélus le jeune, ayant pour frère _Kanaan_. Il ajoute que
Kanaan fut père des Phéniciens et eut pour fils _Chum_, appelé par les
Grécs _Asbolos_, c'est-à-dire _couleur de suie_, lequel Chum eut pour
frère _Mesraim_, père des Éthiopiens et des Égyptiens: l'on voit ici une
autre version des mêmes idées, des mêmes traditions que la Genèse. Voyez
Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. IX, chap. 17. Dans la Chronique
d'Alexandrie, page 17, un premier Bélus est Saturne; après lui Picus
règne 30 ans; après Picus un second Bélus règne 2 ans: celui-ci est la
planète de Mars, dont la révolution dure effectivement 2 ans; c'est par
erreur que l'auteur attribue les 30 à Picus-Jupiter, puisqu'ils
appartiennent à Saturne, dont la révolution dure cet espace de temps.
[169] Zend-Avesta, tome II, pages 402 et 456; et tome I, partie II, page
272, note 3.
[170] Phaleg. et Chanaan, lib. II, cap. 6.
[171] _Geographia Hebræorum extera_, page 114.
[172] _Sam._, lib. II, cap. 8, v. 5 et 6.
[173] Le psaume LX a commis la même faute.
[174] _Voyez_ Assemani, Biblioth. syriac., tome I, pag. 533 à 539; tome
III, part. 1, page 3.
[175] _Sam_., lib. I, chap. 14, v. 4.
[176] Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. IX, chap. 30.
[177] Reg. II, cap. 18.
[178] Jérémie, chap. 49, v. 23.
[179] Ce pays de _Qir_, prononcé Koïr par les Arméniens, doit être celui
du fleuve _Kur_, au nord de l'Arménie: à moins que l'on ne préfère le
pays des _Karhi_, peuples belliqueux, mentionnés par Polybe, lib. V,
chap. 10, comme habitant les vallées de l'ouest du lac de _Van_. Isaïe,
chap. 22, et Amon, ch. 1, v. 5, parlent de _Qir_ au _grand bouclier_.
[180] Peut-être _un jour des dieux_ (un an).
[181] Jérémie, chap. 39 et 49.
[182] _Numeri_, 33, v. 23.
[183] _Specimen historiæ Arabum_.
[184] _Agatharçhides, de mari Rubro_, page 59; _Artemidorus in
Strabone_, lib. XVI; _Diodor. Sicul._, lib. III, § XLV.
[185] Recherches sur la Géographie des anciens, par M. Gosselin, in-4°,
tome I, page 124.
[186] Mémoire de M. Tychsen, _De commerciis et navigatione Hebræorum_,
page 165.
[187] Eusèbe, _Præpar. evang_., lib. IX, cap. 30.
[188] M. Seetzen, dans la Correspondance de M. le baron de Zach, nomme
celui-ci _Ophir_, en toutes lettres, ut énonce la même opinion
d'identité. (_Note communiquée_).
[189] C'est la valeur des 540 stades allégués par Hérodote, lib. II, §
CVI, de l'espèce de ceux dont on comptait 1620 entre Héliopolis et la
mer Scylax, qui compte un jour et demi de navigation entre la Corse et
l'Italie, nous donne la même mesure, puisqu'il y a 23 lieues.
[190] Hérodote, lib. IV, § XLIV: ce Scylax est l'auteur même du Périple
qui porte son nom, comme l'a démontré Sainte-Croix.
[191] Arrien, _Rerum Indicarum_, chap. 43; et _De expeditione
Alexandri_, lib. 7, chap. 20: il est étonnant qu'Arrien, homme d'esprit,
n'ait pas vu que la prétendue impossibilité alléguée de sortir du golfe
Persique eut la même cause que le découragement qui, sur les bords de
l'Indus, s'opposa à ce que le conquérant poussât plus loin les
expéditions guerrières dont son armée était excédée.
[192] _Voyez_ Thévenot, Voyage, liv. II, chap. 24; Niebuhr, Voyage, tome
I, page 172: et Volney, Voyage en Syrie, t. I; tous témoins oculaires de
ces transports.
[193] L'hébreu autorise également le futur et le présent.
[194] Liv. II, chap. 9, v. 22; chap. 20, v. 36.
[195] Et aussi du mot _Almogim_, qu'il altère en _Algomim_, comme il a
fait _Argoun_ au lieu d'_Argmoun_ dans Ezéqiel, chapitre 28. Un autre
exemple d'altération et d'erreur de la part des Paralipomènes, est le
pays de _Parvaim_ ou _Pherouim_, dont ils vantent l'or. Quelques
paraphrastes n'ont pas craint d'y voir le _Pérou_; nous y voyons tout
simplement l'altération du mot _Sapherouim_, dont l'_s_ initial a
disparu, et qui désigne l'un des peuples cités par Sennachérib, et connu
des Grecs sous le nom de _Sapires_ et _Saspires_, voisin de la Colchide,
et riche en or natif recueilli dans les torrents.
[196] Des savants modernes sont du même avis. En rendant hommage à leur
talent, nous ne pouvons souscrire à cette opinion, parce que ses
principaux motifs pèchent dans leurs bases. «Les Phéniciens, dit
Hérodote, ayant navigué dans la mer australe, quand l'automne fut venu,
abordèrent à l'endroit de la Lybie où ils se trouvèrent, et ils semèrent
du blé. Ils attendirent le temps de la moisson, et après la récolte ils
se remirent en mer.»
L'on attaque ce récit: on nie que les Phéniciens aient connu l'état des
saisons de l'autre côté de l'équateur, et qu'ils aient pu semer en temps
opportun: l'on veut même que cette expression de semer en automne,
prouve un mensonge de leur part.
Laissons à part leurs connaissances possibles qui sont des conjectures:
quant aux mots _semer en automne_, ils ne viennent pas des Phéniciens,
mais d'Hérodote qui, écrivant 150 ans après eux sur le récit des
prêtres, et qui n'ayant aucune idée de ce qui se passait de l'autre côté
de la ligne, y a supposé l'ordre physique et rural de celui-ci: il a
même supposé qu'ils semèrent du blé, et cela par le préjugé des
Européens, qui croient qu'on ne vit pas sans blé, tandis que chez les
Asiatiques, tels que les Égyptiens et les Syriens, il n'est qu'une
très-petite portion dés comestibles: l'on peut assurer que les
navigateurs qui ont eu l'idée d'une telle entreprise, auront préféré
toute autre espèce de grain, exigeant le moins de temps possible pour
être récolté, tel que les lentilles, les pois, les haricots, le doura,
le maïs et l'orge, auxquels 2 ou 3 mois de terre suffisent, et sur la
convenance desquels les Phéniciens auront eu des connaissances
préliminaires acquises dans leurs voyages antérieurs sur les côtes
d'Éthiopie et d'Arabie.
«A leur retour en Égypte, ils racontèrent qu'en faisant voile autour de
la Libye, ils avaient eu le soleil à leur droite. Ce fait, ajoute
Hérodote, ne me paraît pas croyable: peut-être le paraîtra-il à quelque
autre.»
L'on veut que cette circonstance soit une preuve de fausseté, parce que,
dit-on, les Phéniciens ne pouvant se guider que par les étoiles de l'un
ou de l'autre pôle, n'ont pu avoir le soleil qu'au visage ou au dos, et
que pour l'avoir à main droite, il aurait fallu qu'ils prissent leur
point de direction au couchant, ce qu'on ne peut admettre. Nous pensons,
tout au contraire, voir ici une preuve de vérité d'autant plus lumineuse
qu'Hérodote n'y croit point. Cet auteur, comme tous les Grecs, a cru que
l'on ne pouvait passer sous la ligne à cause d'une prétendue chaleur
excessive; il a donc conçu que les Phéniciens avaient fait le tour de
l'Afrique sans avoir passé l'équateur; que dans ce cas, naviguant vers
l'occident, ils ont dû avoir toujours le soleil sur leur gauche; mais
puisque les Phéniciens traversèrent l'équateur, alors ils arrivèrent au
cap de Bonne-Espérance; forcés par la direction de cette côte de _se
diriger au couchant_ pendant plusieurs semaines, ils eurent réellement
le soleil sur leur droite; et toutes ces circonstances, combinées avec
le temps suffisant qu'ils employèrent, nous paraissent mettre leur
navigation hors de doute.
[197] Notice des manuscrits orientaux, tome I, extrait du
Moroudj-el-Dahab, page 28.
[198] Si les Phéniciens sont vraiment originaires du _Tehama_, ils
seraient de cette race, et cela est indiqué par la _parenté_ de Kanaan
avec _Kush_
[199] Le mot _Éthiopie_ n'est point connu des Arabes, qui le remplacent
par le mot _Habash_, dont les Européens ont fait Abissin, Abissinie;
mais ce mot _Habash_ a précisément le sens du mot _Arab_, car l'un et
l'autre signifient _mélange d'hommes divers_. En hébreu _Arab_ signifie
_turba mixta_, en arabe _Habash_ aussi _turba mixta_. Voyez les
Dictionnaires.
[200] L'on ne saurait douter qu'à l'époque où écrivit Helqiah, 620 ans
avant notre ère, les livres sacrés des Indiens désignés sous le nom de
_Pouranas_, ne fussent connus des Assyriens, qui avaient des relations
de commerce avec la Syrie. Or, il est vraiment remarquable que les
conditions établies pour la composition d'un Pourana se trouvent
exactement observées dans le Pentateuque. «Les savants Brahmes (dit Sr
W. Jones, tome VI de ses Œuvres in-4°, page 445) disent que cinq
conditions sont requises pour constituer un véritable _Pourana_:
«1° Traiter de la création de la matière en général;
«2° De la création ou production des êtres secondaires matériels et
spirituels;
«3° Donner un abrégé chronologique des grandes périodes du temps;
«4° Un abrégé généalogique des grandes familles qui ont régné dans le
pays; «5° Enfin l'histoire de quelques grands personnages en
particulier.»
N'est-ce pas là précisément le sommaire de la Genèse et des quatre
autres livres; et n'est-il pas probable que le grand-prêtre a été guidé
et encouragé dans son travail par des modèles accrédités et par le
succès de tout livre de ce genre?
[201] _Voyez_ surtout l'Art de vérifier les Dates, par les Bénédictins
de Saint-Maur.
[202] Ciliciens.
[203] Les Thraces.
[204] Vie de Pittacus.
[205] Larcher a disposé assez bien toutes les dates de Pisistrate et de
ses enfants. Voyez sa chronologie, tome 7; mais comme il calcule à la
manière des chronologistes, il compte une année de trop, attendu que
dans le véritable calcul, selon les astronomes, l'an Ier avant
Jésus-Christ et l'an Ier de Jésus-Christ exigent que cette dernière
année soit, comptée zéro.
[206] Et lorsqu'ensuite nous voyons au siége de Sardes que ce prince
avait aussi un traité avec les Égyptiens, il devient évident que la
députation en Lybie n'avait encore été qu'un prétexte.
[207] Et réellement plusieurs de ses contes sur les vertus magiques et
talismaniques de certaines pierres, de certains poissons, se retrouvent
dans les Orientaux, et indiquent pour source ancienne et commune les
Indiens et les Perses.
[208] [_Solinus Polyhist._, page 8]. Memoriam perimit metus, interdum
vice versa vocem excitat. Quum olympiade octava et quinquagesima (58)
victor Cyrus intrasset Sardis Asiæ oppidum, ubi tunc latebat Crœsus,
Atys filius regis mutus ad id locorum in vocem erupit vi timoris:
exclamasse enim dicitur: _Parce patri meo, Cyre_, et hominem te esse vel
casibus disce nostris.
[209] Cette phrase est mal construite dans la traduction: _muet à la vue
du Perse_: on croirait qu'il est devenu muet à cette vue.--Saisi
d'_effroi_, fit un _effort; effroi, effort_. Il fallait dire: Le jeune
prince muet, saisi d'effroi à la vue du Perse; mais Larcher a tellement
su le grec, qu'il a un peu moins su le français.
[210] Ce Périandre, _fils de Kypselus_, gouverna Corinthe 44 ans, comme
nous l'apprend Aristote dont le témoignage ici n'est pas récusable
(Politic., lib. V, ch. 12). Néanmoins Larcher, contre toute autorité,
argumentant d'un vers du poète Théognis contre la race de Kypselus, veut
que ce tyran ne soit mort qu'en 563, après un règne de 70 ans.
Malheureusement pour cette hypothèse, un critique judicieux a
remarqué{*} qu'outre le Corinthien _Kypselus_, père de Périandre, il
avait existé un autre Kypselus, Athénien, père de Miltiade, et que
c'était à la famille de celui-ci que le vers de Théognis convenait par
les rapports de temps et d'affaires. Aussi l'hypothèse de Larcher
a-t-elle été rejetée par l'abbé Barthélemy et par M. de Sainte-Croix,
qui ont préféré l'autorité d'Aristote et de Sosicrates, confirmée par
les rapports de cette famille avec les rois de Rome, en la personne de
Lucumon.
{*} (_Voyez_ Mélanges de géographie et de chronologie ancienne, par M.
de Fortia-d'Urban, in-8°, page 16.)
[211] Malignité d'Hérodote.
[212] C'est absolument la même doctrine théologique que celle des
Hébreux..... _Je poursuivrai le crime d'Israël jusqu'à la 3e et 4e
génération._ C'est aussi la théologie de tous les sauvages, et cette
identité dérive de ce que l'état sauvage a été l'état primordial de tous
les peuples anciens, sans exception.
[213] _Voyez_ note 73, première édition, et note 75, deuxième
édition.....
Larcher nous assure aussi dans sa préface, _qu'il a commencé par se
mettre Hérodote dans la tête_; mais l'on voit en suivant sa métaphore,
qu'Hérodote a fini par s'en tirer heureusement, et qu'il en est sorti
_intact comme Jonas_..... Ces expressions triviales _se mettre dans la
tête_, Crésus _se mettant_ à rire (note 62), _mettre la plume à la
main_, et autres semblables qui se trouvent dans le livre de Larcher,
nous feraient hésiter sur un fait que l'on nous garantit certain: ce
fait est que depuis que Larcher fut reçu membre de l'Académie des
Inscriptions, jamais aucun de ses écrits ne fut imprimé sans que, par un
esprit de corps raisonnable, quelqu'un de ses confrères n'eût rendu à
son style _hellénique_ le service de le _franciser_; mais il est
quelquefois arrivé que, fidèle à son propre esprit, Larcher a
_recorrigé_ ses correcteurs; et cela explique, tout.... Il nous révèle
dans sa note 177 que le savant Barthélemy dut beaucoup à M. de
_Sainte-Croix_, qui a dressé entre autres la table chronologique du
jeune Anacharsis..... Qui nous révélera ce que Larcher doit à l'abbé
Barthélémy, à M. de Sainte-Croix, à M. Dacier, etc.?
[214] _Voyez_ la table des époques du jeune Anacharsis, tome 7.
[215] _Voyez_ les tables de Barthélémy et de Sainte-Croix; Voyage
d'Anacharsis, tome VII.
[216] Lorsque l'on considère à quels hommes les anciens Grecs
appliquèrent le nom de _Sage_ (_Solon_, _Pittacus_, _Périandre_ même),
l'on s'aperçoit qu'ils ne l'entendaient pas dans le sens de nos modernes
_correcteurs_ moralistes:--_Soyez sage, petit garçon, asseyez-vous, et
ne faites pas de bruit_; mais dans le sens de _habile_ et _savant_,
c'est-à-dire dans le sens précis du mot oriental _kakîm_ qui a pour
racine _kakam_, _gouverner_, d'où _kakem_, _gouvernant_ (_soi_ et les
_autres_ avec _habileté_ et _science_), et par extension _kakim_,
_médecin_, savant, habile dans les _sciences physiques_ et _naturelles_:
c'est par ces motifs réunis qu'il fut donné à Salomon, dont nous autres
occidentaux avons peine à concilier la _sagesse_ avec son _harim_ de 700
femmes. Cette conformité d'idées est digne d'attention chez les anciens.
Après ces hommes célèbres, Pythagore, _savant_ pour son temps, et de
plus modeste, ne voulut point accepter le titre de _Sage_; il prit et
institua celui d'_ami_ ou _amant_ de la _sagesse_: _philosophos_. Il ne
se doutait pas qu'un jour ce nom deviendrait un _nom odieux_, une
_injure atroce_; comme nous l'apprend Larcher, page 231, ligne 8; et
cela parce que les _incrédules se le sont attribué_..... De manière que
si les habitués de Bicêtre s'attribuaient, par cas très-possible, le
titre d'honnêtes gens, il deviendrait aussi une injure atroce. Avec
cette logique, nos dictionnaires tourneront comme nos têtes. En 1787
Larcher nous assurait qu'il était _philosophe plus que Voltaire_,
c'était la mode, personne ne le contraria: en 1802 il proteste qu'il
n'est pas _philosophe_; la mode a changé; personne ne réclame; et il se
fâche; A qui en veut-il? Qu'a de commun la philosophie avec ses notes?
Puisse-t-il nous donner une troisième édition en 1817!
[217] En remarquant qu'il y eut deux Damasias archontes, et que le
premier le fut en 640, ne serait-ce pas quelque équivoque de cette date
qui aurait induit Apollodore en erreur?
[218] Il est très-probable que relativement à _Pittacus_, l'opinion de
Lucien et de Suidas s'est formée par les mêmes moyens, la vie de ce sage
ayant été mêlée à celle de Crésus; dans tous les cas l'avis de ces
auteurs n'est pas une autorité équivalente aux citations très-expresses
de Diogène qui articule positivement que Pittacus mourut âgé de plus de
70 ans, accablé de vieillesse et sous l'archontat d'Aristomènes, l'an 3
de la 52e olympiade (570). Au compte de Suidas, c'est 82 (né en 652):
Lucien aura calculé ses 100 ans en le supposant mort l'an 552.
[219] _Voyez_ tome I, note 190 de la première édition, page 308 et note
204 de la deuxième édition, page 331.
[220] _Solin._, pag. 25: _bello quod gestum est olympiade_ 49 (584)
_inter Alyattem et Astyagem, anno post Ilium_ 604.
[221] Transact. philos.; année 1753, pages 17 et 221.
[222] _Voyez_ à ce sujet la note 72, page 223 de la première édition; et
note 75, § XXX de la deuxième, page 236, second alinéa.
[223] Traduction de Larcher, tome I, liv. I, § CII. Nous observons au
lecteur que presque toutes nos remarques vont porter sur ce tome et sur
ce livre premier; que tous nos renvois y seront relatifs; et parce que
les pages des deux éditions diffèrent de chiffres arabes, nous ne
citerons le texte que par les §§ dont les chiffres romains ne diffèrent
pas.
[224] Larcher traduisant immédiatement du grec, aurait dû conserver
l'orthographe grecque, sans faire passer les noms par l'orthographe
latine qui en défigure pour nous la prononciation: nous les rétablirons
partout.
[225] Mais nous ne nous servirons point avec lui de la période julienne,
dont il embarrasse tous ses calculs d'autant plus mal à propos, que
cette période inventée par Jules Scaliger, en l'an 1582 de notre ère, et
composée de 7980 années, de 365 jours 6 heures précises, selon le
calendrier de Jules-César, est un système aussi idéal en chronologie,
que celui de Fahrenheit en barométrie, et de plus, compliqué, inutile et
inexact en astronomie, ne se liant à aucun événement, comme l'a démontré
un savant académicien, Louis Boivin, dans sa dissertation de 1703. Le
choix seul d'une mesure aussi vicieuse est d'un fâcheux augure pour le
goût et le genre d'esprit d'un chronologiste. On supprimerait 30 pages
entières de Larcher, si l'on en retirait toutes les citations: nous
n'emploîrons que l'échelle ascendante avant notre ère, dont le seul
inconvénient est de calculer en sens inverse; mais l'on y est bien vite
accoutumé, et l'on a des idées toujours nettes du temps.
[226] _Voyez_ Mémoires de l'Académ. des Inscript., tome 42, page 115 de
la partie de l'Histoire.
[227] 625 selon les astronomes, et 626 selon le vulgaire des
chronologistes.
[228] Voyez _Abrégé d'Astronomie_, in-8°, 1813, par M. _Delambre_, qui
dit, page 335: «Hérodote en indique l'année d'une _manière si vague_,
que l'on doute si elle est arrivée en l'an 581, 585, 597 ou 607 avant
J.-C.; encore aucune de ces éclipses n'a-t-elle dû être totale et
ramener cette _obscurité_ qui n'est peut-être qu'une fiction d'Hérodote
ou de ceux qui lui en parlèrent.» Nous répondons qu'Hérodote ne paraît
vague qu'à ceux qui ne l'ont pas lu attentivement. Notre analyse
démontre sa précision; mais M. Delambre, à qui nous l'avions soumise,
n'en a tenu compte.
[229] _Voyez_, à ce sujet, la _critique des Observations astronomiques_
de Ptolomée, faite par Riccioli, dans son _Astronomia reformata_,
in-fol., livre III, chap. 4, pages 108 et suivantes; chap. 5, pages 115
et suivantes; et plus particulièrement celle des 19 éclipses de lune
rapportées dans l'Almageste, livre III, chapitre 9, pages 133 et 134; et
chapitre 7, page 129, article _Eclipses ex mera conjectura_.
[230] On sait à quel point les Brahmanes chez les Indiens modernes sont
jaloux de leurs notions astronomiques. Ils sont en cela, comme en bien
d'autres choses, l'image des anciens savants, c'est-à-dire, des prêtres
dont la puissance était fondée sur la possession _exclusive_ des
sciences parmi lesquelles la _prédiction_ des phénomènes célestes tenait
le premier rang. Aussi Julius Firmicus nous apprend-il que même les
adeptes _prêtaient serment de ne point communiquer les principes_; et
Albaténius se fait un mérite de dire clairement ce que les anciens n'ont
dit que par _énigmes, quæ ab antiquis per involucrum dicta sunt
explicavi_. Nous connaissons un savant critique qui par des
compensations de 3 ou de 5 ou de 7 minutes, tantôt en plus, tantôt en
moins, ramène toutes les anomalies de Ptolomée à l'état vrai, à
commencer par la mesure de l'année solaire qu'il a évidemment altérée.
[231] Il faut d'ailleurs convenir que les anciens avec leurs manuscrits
non collationnés et difficiles à lire, ont eu bien moins de commodités
que nous avec nos imprimés.
[232] D'après les indications d'Hérodote, Kyaxarès en 625 n'ayant encore
que 9 ans de règne, son fils Astyages dut être âgé d'environ 20 ans; par
conséquent il dut en avoir 85 environ, lorsqu'il fut détrôné par son
petit-fils. Ce grand âge explique très-bien la clémence du vainqueur qui
lui laissa la vie, et qui voulut brûler vif Crésus, âgé de 50 ans, et
jouissant d'un grand crédit en Asie. Grâce aux Juifs, Cyrus est devenu
un héros de roman; mais lorsque l'on connaît les mœurs de l'Asie et de
l'antiquité, l'on sent qu'Hérodote qui nous le représente avec le
caractère et le génie de Tamerlan, a peint le véritable chef insurgé des
Perses _sauvages vêtus des peaux crues_ de leurs troupeaux et de leurs
chasses.
[233] _Voyez_ le tome VII contenant la chronologie, page 152: Jérémie
cité chap. 4--6, et chap. 6--22--24.
[234] _Excerpta Valesii_, page 452.
[235] Krœsus, âgé de 35 ans lorsqu'il règne en 570, est par conséquent
né en 605: nous le retrouvons en Égypte à la suite de Kambyse en 525:
par conséquent il était âgé de 80 ans. Xanthus de Lydie et Plutarque en
observant qu'Alyattes son père eut plusieurs femmes, nous indiquent
assez qu'il fut d'un autre lit que cette fille d'Alyattes.
[236] Note 19, page 183.
[237] Les amateurs d'antiquités keltiques ou celtiques savent que _Kimr_
est le nom national que se donnent les _Gâlois_ ou peuple du pays de
_Galles_, qui, comme les Bas-Bretons, sont les descendants des anciens
Keltes, et les restes de la souche keltique: le nom de Kimr a fait aussi
_Kimbri_ ou les _Cimbres_.
[238] Voyez sa _Chronologie_, page 355.
[239] _Voyez_ la note à la fin de ce chapitre.
[240] Note 20 sur le § VII.
[241] Quamquam apud Herodotum patrem historiæ, et apud Theopompum sunt
_innumerabiles fabulæ_. Cicero, de Legibus, lib. I, § 1.
[242] Traité de la malignité d'Hérodote.
[243] Directes en plusieurs passages, indirectes au sujet de la mer
Caspienne et du voyage des Phéniciens à Cadix.
[244] En faveur d'Hérodote sont Denys d'Halicarnasse, Ussérius,
Conringius, Marsham, Prideaux, Newton, Bossuet, Montfaucon, Dom Calmet,
etc. En faveur de Ktésias sont Diodore, Justin, Eusèbe, Scaliger, Petau,
Pezron, Desvignoles, etc.
[245] Bibliothèque grecque, page 107.
[246] Lucien, Traité de la manière d'écrire l'histoire, _vers la fin_.
[247] D'après la remarque de Pamphilia, savante dame romaine, citée par
Aulugelle, Hérodote avait 53 ans lors de la première année de la guerre
du Péloponèse; par conséquent il était né l'an 484 avant J.-C. Xercès
passa en Grèce en 480. Pamphilia fut célèbre à Rome, sous Néron, pour
divers écrits sur l'histoire et sur la musique. Elle avait fait un
abrégé de Ktésias, en trois livres.
[248] _Voyez_ lib. II, §§ III, IV et XLIV; lib. I, § CLXXXIII; lib. IV,
§§ XLIII, CLXV et CLXXXVI.
[249] Il commet d'ailleurs une fausse citation, en le plaçant sous
_Darius_ au lieu de _Nékos_. _Voyez_ Strabon, Géogr., liv. II, pages 98
et 100.
[250] Nous en avons un bel exemple récent, dans les pierres tombées du
ciel, sur lesquelles _Fréret_ écrivit, il y a un demi-siècle, un mémoire
alors peu goûté: l'on ne croyait, pas à ce prodige... Il est prouvé:
comment s'opère-t-il? Les savants prononcent.. Nous disons: _Il faut
douter et observer_. Ce genre de grêle métallique finira par
s'expliquer.
[251] Ce qui n'empêche pas Cicéron d'en parler avec éloge, en quatre
autres endroits; par exemple, il dit, _lib. II, de Oratore: Namque et
Herodotum, qui princeps hoc genus ornavit, in causis nil omnino versatum
esse accepimus. Atqui tanta est eloquentia, ut me quidem quantum ego
græce scripta intelligere possum magnopere delectet_
[252] _Voyez_ Hornemann, _Voyage en Afrique_. Hérodote a cité pour ses
autorités les voyages et négociants carthaginois. lib. IV, §
XLIII--CLXV--CLXXXVI.
[253] Nous n'employons point la traduction française de Terrasson, parce
que depuis Rhodoman, qu'il a suivi, M. Wesseling a donné une traduction
latine bien plus correcte, et parce que Terrasson, pour rendre son style
plus français, a écarté une foule d'images et de termes techniques
très-importants au sujet. Lorsque l'on traduit des historiens, surtout
anciens, l'on peut dire que c'est un mérite au style, d'avoir la
physionomie quelconque de l'original.
[254] En persan moderne, _Bag_ signifie jardin. _Bag-Estan_, pays ou
_lieu du jardin_.
[255] Ce nombre de 1360 est certainement une erreur de nos imprimés et
du manuscrit qu'ils représentent. Les anciens n'ont point lu ainsi; ils
ont lu 1306 ans, et cela, en citant ce même passage de Diodore....
Témoin Agathias, qui, après avoir dit qu'Arbakes et Bélésis enlevèrent à
Sardanapale l'empire de l'Asie, ajoute que, «à cette époque, il s'était
écoulé, depuis que Ninus avait fondé l'empire, une durée totale de
_treize cent six ans, comme en convient Diodore de Sicile, d'accord avec
les calculs de Ktésias_.»
/*
_Agathias, lib. II, p. 63_.
*/
Témoin encore George le Syncelle, qui dit également, page 359: «Ainsi
les Assyriens possédèrent l'empire pendant un espace de 1306 ans, comme
le dit _Diodore, sur l'autorité et le témoignage de Ktésias_.» Les 1360
ans de nos imprimés doivent donc être une faute de copiste, par une
méprise décimale de 60 pour 6. Le nombre de 1306 doit d'autant mieux
être la vraie leçon, que Diodore, à la fin de ce fragment, va nous
donner le nombre rond de 1300, comme son synonyme, ce qui ne pourrait se
dire de 1360. Enfin Justin ou Trogue-Pompée n'a lu que 1300 ans.
A cette occasion, remarquons que nos premières éditions ont en général
été une source d'erreurs, parce que les savants n'eurent pas alors
toutes les facilités de consulter beaucoup de manuscrits; et que depuis
lors, ces premiers imprimés, en faisant négliger et perdre les
manuscrits mêmes, sont devenus le type défectueux de toutes nos copies.
[256] _Voyez_ à ce sujet un intéressant mémoire de M. de Guignes, qui
prouve que la morale de Salomon, dans le Cantique, dans les Proverbes et
dans l'Ecclésiaste, est absolument la même: il eût dû ajouter que le
système appelé _épicurisme_ a, comme tous les autres systèmes des Grecs,
été puisé en Asie, où il régnait depuis des siècles. (_Mémoires de
l'Académie des Inscriptions_, tome XXXIV). Solon dit à Krœsus: «Ne
donnez pas le titre d'heureux à un homme avant sa mort.» L'Ecclésiaste
dit: _Ante mortem ne hominem laudes_.
[257] Le stade de Ktésias est celui de 833 et 1/3 au degré, ce qui donne
ici environ 4782 toises, ou 2 lieues 1/4.
[258] Confrontez la page 383 [%%N° page] ci-devant.
[259] Tout ce prétendu extrait d'Hérodote est faux, comme nous l'allons
voir ci-après.
[260] Par conséquent, 23 livres, qui, avec celui des _Indiens_, font 24,
en imitation d'Homère.
[261] _Voyez_ page 433 [%%N° page]. Pour la fin du règne de Sardanapale,
il cite Ktésias en son livre second: les Mèdes ont dû commencer avec le
livre III.
[262] «J'avais ouï dire qu'il s'était fait quelque chose de semblable à
Ninive, ville des Assyriens. Quelques voleurs, instruits du lieu
souterrain où Sardanapale, roi de Ninive, conservait d'immenses sommes
d'argent, formèrent le complot de les enlever. Pour cet effet, après
avoir bien mesuré leur distance au palais du roi, ils ouvrirent une mine
dans la maison qu'ils habitaient, et pendant la nuit, jetant les terres
provenues de leur fouille dans le Tigre, qui baigne Ninive, ils finirent
par arriver au but qu'ils désiraient.» _Hérodote_, _lib. II_, § CL.
[263] Larcher a traduit: y rendait la justice; ce terme ne se dit que
d'un juge déja constitué: Deïokès, encore simple particulier, la
_pratiquait_; il ne la rendit que lorsqu'ensuite il fut élu juge.
[264] _Voyez_ Photius, _Biblioth. historica_, pages 114 et 115.
[265] Cambyse règne 8 ans, dans le Kanon, parce que cette liste, qui
n'admet point de fractions, lui donne les 5 mois de Smerdis.
[266] Lib. I, § CXXX.
[267] Ihouïkin, disent leurs annales, fut tiré de prison l'an 37 de sa
captivité, première année d'_Aouil-Mérodak_:or il y avait été jeté l'an
8 de Nabukodonosar; donc, etc.
[268] Kalakène, Gauzanitèz et Kaboras de Ptolémée. Ces deux derniers
situés en Mésopotamie, à 50 et 60 lieues de Ninive. Le Kalakène est à
l'est du Tigre, sur le Grand-Zab, ou Lycus.
[269] Joseph. _Antiq. judaic., lib. XI, n° 2, initio_.
[270] Reg. II, chap. 18.
[271] _Voyez_ Josèphe, contre Appion, lib. I.
[272] Histoire des Juifs, partie II, lib. I, _in fine_.
[273] Le Syncelle, page 502; et ces 10 ans sont aussi la leçon du
manuscrit alexandrin, qui ne lit point _deux_, mais _dix_.
[274] Vers 277 avant J.-C.
[275] _Voyez_ Prideaux, année 277.
[276] _Moses Chorenensis_ Historia Armeniaca, cap. VII, p. 20.
[277] Les Parthes des Grecs et des Romains ne sont pas autre chose que
les _Kurdes_ et les Mèdes ressuscités.
[278] Fréret a voulu douter de ce fait, par la raison que _Ninive_
n'existait plus. Mais outre que le nom de Ninive, à cette époque, est
encore mentionné par Tacite et Ptolomée, les Arméniens ont pu en donner
le nom à une ville voisine, par exemple à celle que les Arabes ont
appelée _Moussol_: Fréret a douté, parce que ce fait contrariait son
hypothèse. Ammien-Marcellin dit positivement (lib. XVIII, cap. VII),
«Sapor passe par Ninive, ville immense: (et page 355, il ajoute) dans
l'Adiabène est Ninive.»
[279] Il ajoute que ce fut 80 ans avant Nabukodonosar; mais ce calcul,
qui est de lui, est erroné.
[280] Il ne cite en aucun endroit le livre de Ktésias, mais seulement
Diodore, page 231.
[281] L'initiale _Eu_ est ajoutée comme dans _Eu_-phrat-es, qui en
syrien est seulement _pharat_.
[282] Mém. de l'Académ. des Inscript., tome XLV, pages 351-361 et
suivantes, année 1783.
[283] L'un des généraux de _San-Harib_ est appelé _Rabb-Saris_, qui
signifie littéralement _chef des eunuques_. Un autre est nommé
_Rabb-Sakès_, ou plutôt _Rabb-Shaqeh_, _chef de ceux qui versent à
boire_, _le grand échanson_: _phal_ ou _pal_ pourrait être une
altération de _bal_ ou _bel_. _Teglat_ est le mot _Diglit_, nom du
fleuve _Tigris_, que Pline nous apprend signifier une _flèche_, et tout
ce qui est rapide..... _Ana-baxarès_ pourrait être _aïna-batsar_,
_soleil d'or_, ou _source d'or_. Enfin, l'un des noms de _Sardanapale_,
Thonos-Koun-Kolèros, s'explique en partie, _base et soutien_ (Koûn.) _de
toute la terre_ (Kôl _arts_). _Memno_ lui-même, ce général de Teutam,
est un mot pur chaldéen et arabe, signifiant _investi de confiance_;
_m'amnou_, par emphase _m'amnoûn_.
[284] _Voyez_ le fragment cité en Diodore.
[285] Mosès, page 59.
[286] Il suffit de lire le chap. 4 avec quelque attention, pour être
convaincu de ce fait. Kyrus permet de rebâtir...... on intrigue auprès
de lui. L'effet de sa permission demeure _suspendu tous les jours de sa
vie_. Ahshouroush (Cambyse) règne après lui; on lui écrit contre les
Juifs dès le début de son règne; il empêche de bâtir. Artah-Shata
(_Smerdis_) lui succède. Les Samaritains écrivent encore. Enfin Darius
arrive; les Juifs réclament et obtiennent la permission de bâtir.
Prendre _Artahshata_ pour Artaxerce, c'est tout confondre sans motif.
[287] Dictionn. de Castelli, page 28.
[288] Præp. evang., lib. IX.
[289] _Valesii excerpta_, in-4°, page 427.
[290] C'est la description qu'en fait Athénée, lib. XII.
[291] _Gar_ est un mot persan, qui signifie _faiseur_, et qui termine
tous les noms de métiers. Nous ignorons ce que signifie _ag_.
[292] _Voyez_ Chronologie de Larcher, article _prise de Troie et rois de
Lacédémone_.
[293] Le règne d'Agis est réduit à _un an_, quoiqu'il ait été, dit-on,
le plus riche en grands événements.
[294] Clemens Alexandr. Strom., lib. I, pag. 402.
[295] Ces noms grecs sont évidemment la traduction des noms, tyriens,
ayant le même sens.
[296] _Tatian. Orat. ad Grœcos_, I, pag. 273, n° 37.
[297] Lib. II, § LIII.
[298] Plutarque, vie de Lycurgue.
[299] Théopompe et _Satyrus_, historiens spéciaux des rois macédoniens,
comptent _onze_ générations, comme Strabo. Velleïus en compte 16; mais
Velleïus est un compilateur tardif, peu sûr en chronologie.
[300] Chronologie, art. des rois de Sparte.
[301] La prise, de Troie étant placée à l'an 1022, il s'ensuit que
l'anachronisme de Virgile n'est pas de 400 ans, comme le veut le
traducteur d'Hérodote, ni de 300 et plus, comme on l'inférerait des
autres opinions. Il se réduit à 151 ans: car la fuite de Didon en
Afrique étant arrivée 143 ans 8 mois après la _fondation_ du temple de
Salomon, selon Josèphe, qui s'autorise des Annales de Tyr (contre
Appion, lib. I, n° 17 et 18); et cette fondation répondant à l'an 1015
avant notre ère, il s'ensuit que l'arrivée de Didon en Afrique tombe à
l'an 871, tandis que la prise de Troie répond à l'an 1022: différence
151.
[302] Lib. I, cap. 6.
[303] La liste de Mosès de Chorène ne porte pas de nombres; mais nous
lui transportons ceux de l'Eusèbe vulgaire.
[304] Moses Chor., pag. 231.
[305] _Idem_, pag. 51.
[306] _Voyez_ Velleïus, liv. I, chap. VI.
[307] Larcher, Chronologie, page 144, assure que Diodore et Sura
comptent 1310 ans, et l'on voit que cela n'est vrai ni pour l'un ni pour
l'autre.
[308] _Voyez_ le Syncelle, page 167. A cette occasion, le Syncelle fait
une remarque importante sur la manière dont Eusèbe a dressé ses tableaux
comparatifs: «Eusèbe, dit-il, en approuvant l'opinion de Castor, qui
renferme l'empire assyrien dans une durée de 1280 ans, ne lui en donne
pas moins celle de 1300, avec le nombre de 36 rois. Son motif a été de
couvrir l'erreur où il s'est laissé induire sur le temps écoulé entre le
déluge et Abraham, par divers faux raisonnements, entre autres par
l'omission qu'il fait du nom et des années du Caïnan, 13e depuis Adam,
selon _Luc_ (st.), etc.»
Ici le Syncelle nous révèle son propre secret et celui de tous les
anciens auteurs dits _ecclésiastiques_, qui, à l'exemple du prêtre
_Africanus_, leur modèle, ont pris pour base de tous leurs calculs la
création du monde selon les Juifs, et ont commis la faute ridicule de
partir d'un point aérien par lui-même et non fixé dans leur propre
système (puisque les textes grec et hébreu diffèrent de plus de 1500
ans), pour descendre, comme en ballon, d'un temps inconnu au connu,
quand le plus simple bon sens prescrivait de partir des temps connus et
certains, pour remonter, d'échelon en échelon, à ceux qui le sont le
moins: dans le cas présent, ayant d'abord adopté sans examen le système
de Ktésias, et trouvant que tel nombre d'années plaçait Ninus vers le
temps d'Abraham, ces calculateurs mécaniques descendent tête baissée à
travers toutes les difficultés, même celles de la période des juges,
pour aboutir, sans savoir comment, aux rois de Ninive et de Babylone,
cités par les Hébreux. Le Syncelle reproche à Eusèbe d'avoir substitué
le nombre 1300 (et cependant notre liste d'Eusèbe porte 1239) aux 1280
_de Castor_, et lui-même, suivant la trace d'Africanus, a porté à 1460
ans la durée de l'empire assyrien, par l'introduction arbitraire de
quatre rois inconnus de tous les anciens. Avec ces inexactitudes et ces
infidélités renouvelées à chaque instant, et communes à tous les anciens
auteurs ecclésiastiques, l'on ne peut avoir aucune confiance en leurs
assertions, et l'on ne doit en avoir qu'une très-circonspecte dans les
citations qu'ils nous donnent.
[309] Sync., page 167.
[310] _Ita ut vicennalis obiret nullus._ Si l'on disait que pas un _ne
vécut_ 20 ans, le sens serait absurde, et _la succession impossible_...
Képhalion continue: _Que si l'on veut savoir le nombre de ces rois,
Ktésias en citera, je crois, 23 noms_. (Mais Diodore et Mosès en
attestent 30)... _Or, environ 640 ans après Ninus, Bélimus s'empara de
l'empire des Assyriens... Que si vous comptez 1000 ans depuis Sémiramis
jusqu'à Methræus_... (Il y a ici une lacune). _A Methræus succéda
Tautanès, vingt-deuxième roi._ (Mais si Ktésias n'a compté que 23 noms,
Sardanapale ne saurait suivre Tautanès. Il y a évidemment ici mutilation
du texte de la part du Syncelle). _Voyez_ page 167 de sa Chronographie.
[311] _Stephanus_, _de Urbibus_, au mot _Chaldæi_.
[312] _Voyez_ la note ci-devant, page 462 [%%N° page].
[313] _Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori... Hunc Sardanapalum vocat
Polyhistor Alexander, qui ad Astyagem Mediæ satrapam misent et filiam
ejus Aroïtem uxorem filio suo Nabuchodonosoro sumpserit. Hic traditis
sibi copiis a Sarako Chaldæorum rege præpositus, in Sarakum ipsum, et
Ninivem civitatem arma vertit; cujus impetum et adventum veritus
Sarakus, incensa regia igne se absumpsit. Imperium vero Chaldæorum et
Babylonis collegit Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori_.
[314] Dans son commentaire sur le chap. 20 d'Isaïe, saint Jérôme
remarque que _Sargoûn_ eut sept noms différents, et nous en trouvons
sept à _Sennacherib_; savoir, _Anakindarax_, Anabachères, Acrazanes ou
Acraganes, Épecherès, Ocrapazes et Sargoûn. Cet interprète doit avoir
emprunté cette opinion des rabbins, ses maîtres; et il semble les
désigner, lorsqu'il ajoute, chap. 36 du même Isaïe: _d'autres pensent
qu'un seul et même roi d'Assyrie est appelé de plusieurs noms... Ces
autres-là_ avaient raison contre lui dans le passage suivant:
«J'ai lu quelque part, dit-il, que Sennacherib fut le même roi qui prit
Samarie: mais cela est faux; car l'Histoire sacrée nous dit qu'un
premier roi, _Phul_, sous Manahem, dévasta les 10 tribus; qu'un second
roi, _Teglat-phal-asar_, sous Phakée, vint à Samarie; qu'un troisième
Salmanasar, sous Osée, prit cette ville; qu'un quatrième, _Sargon_, prit
Azot; qu'un cinquième, Asaradon, après avoir déporté Israël, établit des
Samaritains pour gardiens de la Judée; et qu'un sixième, Sennacherib,
sous Ézéchias, après avoir pris Lachis et toutes les autres villes,
assiégea Jérusalem... _D'autres pensent qu'un seul et même prince est
appelé de plusieurs noms_.» Comment, sur Isaïe, chap. 36, tome III, page
286.
Il y a plusieurs fautes dans ce passage. _Sargon_ n'est point nommé dans
les Chroniques, mais dans Isaïe, qui écrivit plus de 200 ans avant leur
rédaction, et qui, de son côté, ne nomme point _Sennacherib_. Avant d'en
faire deux rois, il eut fallu les discuter. 2° _Esdras_ ou son
_rédacteur_, dit, lib. I, cap. 4, v. 2, qu'_Asar-Hadon_ déporta les
tribus; mais la lettre originale des Samaritains, v. 10, dit que ce fut
_Asnafar_; et d'après le témoignage exprès des _Chroniques_, cet
_Asnafar_ fut Salmanasar. _Asar-Hadon_ doit être une interprétation du
rédacteur. 3° Sennacherib ne fut pas roi _sixième_, postérieur à
Asaradon; car l'Histoire sacrée dit positivement qu'Asaradon fut _son
fils le plus jeune_. Il y a ici plus que négligence, il y a défaut de
jugement et de critique; et tel a été le caractère de tous les écrivains
ecclésiastiques: occupés uniquement d'objets qui n'exigeaient que la foi
_implicite_, ils ont ignoré ou rejeté l'art de la discussion et de la
critique.
[315] Dans la liste d'Eusèbe, nous avons un _Balétorès_ à l'an 659; ce
qui ne diffère pas matériellement: et ce nom babylonien, _Bal-atsar_, va
reparaître dans le _Bélitaras_ d'Agathias, bien clairement _Bélésys_.
[316] _Post Sardanapalum Assyriorum imperium Ninum obtinuisse alii
asserunt, e quorum numero prodit Castor, qui hæc verba scribit: Primo
quidem ordine reges Assyriorum generis et imperii seriem a Belo ducentes
locavimus; quanquam de ejus imperii tempore certa et aperta notitia non
constet, nominis equidem agimus memoriam. A Nino quoque Chronographiæ
principium duximus, et in Ninum Sardanapali successorem desinimus._
Syncelle, page 206.
[317] _Ninus primo videtur imperium stabilisse, et post eum Semiramis,
ac deinceps omnes horum posteri ad Belum Derketadæ filium. Cumque in hoc
Belo Semiramicæ stirpis successio desineret, Belitaras quidam vir
insitor et hortorum qui in regia erant curator et magister, imperium
sibi mira ratione vindicavit, suoque generi inserit, prout Bion et
Alexander Polyhistor memoriæ prodiderunt, donec, Sardanapalo regnante,
ut illi scribunt, quum emarcuisset imperium, Arbakes Medus et Belesys
Babylonius illud Assyriis eripuerunt interfecto rege, et ad Medos
transtulerunt, sex et trecentis jam supra mille et paulo amplius annis
elapsis ex quo Ninus primum summam rerum obtinuerat. Ita enim Ktesia
Cnidio tempora describenti, Diodorus assentitur. Medi itaque rursum
imperium sunt adepti_: Agathias, _lib. II, page_ 63.
[318] Quant au motif de cette faute, nous n'en apercevons qu'un seul qui
nous semble plausible. Le médecin grec Ktésias, devenu prisonnier des
Perses à la bataille de _Kounaxa_, l'an 401 avant Jésus-Christ, arriva à
la cour d'Artaxerces, environ 13 ans après que les Égyptiens se furent
_révoltés_, c'est-à-dire eurent recouvré leur indépendance nationale,
ravie 112 ans auparavant, par Cambyse, fils de Kyrus. _Le Grand-Roi_
irrité leur faisait la guerre, mais avec peu de succès. Ses diplomates
durent, selon l'usage, donner à cette guerre les motifs les plus
légitimes, ou les plus adaptés à l'esprit des peuples. Dans tous les
pays, l'antériorité de possession a toujours été considérée comme l'un
des droits établissant la propriété. Selon les Égyptiens, leur roi
Sésostris avait subjugué la Perse vers l'an 1354 avant notre ère; et
quoiqu'il ne l'eût soumise qu'en passant, les Égyptiens pouvaient s'en
prévaloir, pour dire que ce n'était pas eux, mais les Perses qui étaient
des _rebelles_. Ce dut donc être une étude, un besoin de la part de
ceux-ci, de prouver ou de rendre plausible, que les Assyriens, dont ils
se prétendaient les héritiers et les représentants, avaient possédé
l'Égypte long-temps avant cette époque; il devenait d'autant moins aisé
de les refuter, que cette possession était plus antique. De là le
système de falsification qui plaça Ninus à plus de 2000 ans avant notre
ère, et qui lui attribua, ainsi qu'à Sémiramis, une étendue de conquêtes
qui n'avait pas eu lieu. En attribuant à Ktésias le doublement des
Mèdes, nous ne voudrions pas garantir qu'il ne fût l'ouvrage des
_savants_, de la cour d'Artaxerces; mais nous croyons que celui des
Assyriens leur appartient exclusivement, et que Ktésias lui-même a été
induit en erreur: ce qui rendra croyable et même vraisemblable cette
imposture historique de la part des Perses anciens, c'est que dans notre
chapitre de Zoroastre, l'on verra l'exemple avoué d'une autre imposture
semblable, commise par un roi de Perse, Sasanide, d'accord avec son
clergé, relativement à la dynastie des Parthes.
[319] Specimen Historiæ Arabum
[320] Historia imperii vetustissimi Iectanidarum in Arabia felice.
In-4°, Harderovici Gueldrorum, 1786.
[321] Le latin observe la même analogie de mots et d'idées car _vincere_
(vaincre) n'est qu'une modification de _vincire_, _lier_, _vinctus_,
_victus_, _vinctor_, _victor_. L'historien Hamza déclare que
l'étymologie de _Saba_ l'embarrasse; mais, elle est exacte dans
l'hébreu, ou _sabah_ (shabah) signifie _emmener captif_. Ainsi l'antique
homérite était analogue à l'hébreu, et nous en verrons un autre exemple
dans les noms de _Zohák_.
[322] Idées sur les relations politiques et commerciales des anciens
peuples de l'Afrique, _en allemand_; par A. H. L. Heeren, professeur de
philosophie à Gœttingue, etc., l'un des meilleurs livres historiques
publiés de nos jours, dont nous n'avons qu'une traduction bien
incomplète publiée en l'an VIII (1800).
[323] _Voyez_ Étienne de Byzance, qui écrit _Télané_, probablement par
l'altération de K en T, ou parce que les Syriens ont prononcé le _ké_,
_tché_, comme les Arabes.
[324] _Voyez_ un Mémoire très-approfondi de M. de Sacy, sur la
littérature des Arabes et sur les monuments, tome XLVIII des Mémoires de
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, pages 247 et suivantes.
[325] Une maladie grave empêcha l'estimable Niebuhr d'avoir une copie
qu'on lui disait prise sur une ancienne inscription; mais la main de qui
il l'eût tenue, nous eût laissé des doutes légitimes.
[326] On a cru un instant que M. Grotefend avait eu ce bonheur; mais son
explication n'a pas eu de suites, et elle ne devait pas en avoir, car
elle est fondée sur deux mots dont nous croyons l'orthographe
très-vicieuse. M. Grotefend dit que _Darios_ devait être écrit
Darheusch, et _Xerces_, _Khsch-h-er-Sché_: il est très-probable que le
_Xerces_ des Grecs n'a point eu pour type un mot si compliqué, et qu'il
est seulement la double syllabe _shir shah_ qui, en persan moderne,
signifie le _lion-roi_; et tout l'édifice s'écroule. Espérons que les
planches d'airain trouvées à Cochin par les missionnaires anglais, et
sur lesquelles ont été gravés au 3e ou 4e siècle, en lettres à clous,
des privilèges accordés aux juifs ou aux chrétiens, nous donneront une
clef plus heureuse. _Voyez_ sur cette matière une savante et judicieuse
lettre de M. de Sacy, dans le Magasin encyclopédique, année 8, page 438;
et pour les lettres hémiarites, _voyez_ le mémoire du même savant, tome
XLVIII de l'Académie des Inscriptions.
End of Project Gutenberg's Oeuvres, Tome V, by C.-F.(Constantin-François)