LE XXIV NOV. MDCCXII.

Relativement au jour de l'inauguration, la commission fut d'avis qu'il

en serait référé à M. le maire et à M. le préfet, et qu'en tout cas,

l'autorité municipale devrait prescrire ce qu'il y aurait à faire; mais

on était d'avis que le dimanche 27 août serait le jour le plus opportun.

Ce qui est relatif à la médaille, a été renvoyé à une époque plus

éloignée, selon les ressources de la commission.

M. Michaut fit, le 15 août 1843, un rapport par lequel il déclara que

les conditions imposées par la commission du monument, d'après les

articles du traité passé entre M. le baron de Fresquienne, président de

la commission et M. de Saint-Denis, étaient convenablement remplies par

le fondeur, dont il avait suivi les travaux avec l'assiduité

nécessaire.--Et que, quant à l'aplomb, on ne pourrait le juger que sur

place.

Sur l'invitation de M. le préfet de Seine-et-Oise, président d'honneur,

la treizième séance de la commission eut lieu, le 26 août 1843, chez M.

l'abbé Caron, vice-président.

La commission, considérant que les travaux ne pouvaient être terminés

pour le 27, rapporta la décision qu'elle avait prise précédemment, et

décida qu'elle fixerait ultérieurement le jour de l'inauguration, quand

elle aurait été éclairée par M. Paris sur l'époque de la clôture des

travaux.

Cet architecte, ayant été immédiatement introduit, exposa son avis sur

l'exécution matérielle et la teneur de l'inscription. Chaque membre prit

successivement part à la discussion. Après un long débat, la commission

déclara choisir les lettres en bronze appliquées par des tenons scellés.

Elle rapporta sa décision du 1er août, et arrêta que cette

inscription, posée sur la face principale du monument, serait conçue en

ces termes:

L'ABBÉ DE L'ÉPÉE,

PREMIER INSTITUTEUR DES SOURDS-MUETS,

NÉ A VERSAILLES,

LE XXIV NOVEMBRE MDCCXII.

Puis, l'architecte ayant donné l'assurance que tous les travaux seraient

terminés la semaine suivante, la commission décida qu'elle fixerait

irrévocablement le jour de l'inauguration au dimanche 3 septembre, vers

une heure de relevée.

Après que M. Paris se fut retiré, M. Gabriel, graveur de la plaque, fut

introduit, et il proposa d'en faire tirer des exemplaires. La commission

arrêta qu'il en serait remis un à chaque souscripteur, et que les quatre

sur papier porcelaine, qui avaient été apportés par M. Gabriel, seraient

offerts, un au roi Louis-Philippe, souscripteur, par les soins de M. le

préfet; un autre à M. le préfet lui-même, président d'honneur de la

commission; le troisième à M. Remilly, maire de Versailles; et le

quatrième à M. le baron de Fresquienne, président de la commission.

L'ordre du jour appelait la délibération relative à l'inauguration de la

statue. La commission décida ce qui suit:

Le jour de l'arrivée de la statue, M. le maire serait prévenu que, le

monument étant terminé, la commission proposait de fixer le jour de son

inauguration au dimanche 3 septembre, à une heure; qu'elle l'en

informait, en le priant d'inviter les autorités, et de vouloir bien

prendre toutes les mesures de police qu'il croirait nécessaires,

notamment pour empêcher la commission et les souscripteurs d'être

confondus avec la foule. Il fut arrêté que cette lettre à M. le maire

serait présentée à l'approbation et à la signature de M. le préfet,

président d'honneur. De plus, il fut décidé, à l'unanimité, que ledit

président d'honneur serait invité, par la commission, à vouloir bien lui

donner un dernier témoignage de sa haute bienveillance, en daignant être

son interprète, le jour de l'inauguration, pour l'hommage à faire de la

statue à la ville de Versailles.

La commission arrêta, aussi, que MM. les souscripteurs, habitant Paris

et Versailles, seraient invités à la cérémonie, de même que diverses

personnes qui ont rendu différents services à la commission.

Il fut enfin décidé qu'une notice sur la vie de l'abbé de l'Épée serait

imprimée et distribuée aux souscripteurs; qu'elle serait lue le jour de

l'inauguration, et qu'en conséquence, la cérémonie de l'inauguration

devrait se composer: 1º de l'offre de la statue à la ville de

Versailles; 2º de la réponse de M. le maire; 3º de la lecture de la

notice.

M. le maire, dans la séance extraordinaire du conseil municipal, du 2

septembre, fit, au sujet de cette offre, un rapport dans lequel il

rappela la délibération suivante du conseil municipal, après avoir

entendu, le 8 novembre 1841, celui de la commission qui avait été

chargée de visiter le modèle de la statue de l'abbé de l'Épée:

«L'érection de la statue de l'abbé de l'Épée, d'après le modèle de M.

Michaut, est autorisée: cette statue sera élevée sur le point de

jonction des rues Royale et d'Anjou[100].»

M. le maire s'empressa, sur la proposition de la commission du monument,

de fixer au dimanche 3 septembre l'inauguration de la statue, dont elle

devait renouveler solennellement, le même jour, l'offre à la ville, et

lui annonça qu'il avait prescrit déjà toutes les mesures de police qui

lui paraissaient nécessaires pour maintenir le bon ordre pendant la

cérémonie.

* * * * *

M. de Sainte-James Gaucourt, secrétaire de la commission, m'écrivait, le

2 septembre, de Versailles, en ces termes:

«MONSIEUR,

«Le bureau de la commission, ayant connu hier soir, à sept heures, le

programme de l'inauguration, s'est réuni chez M. l'abbé Caron, et a

décidé, a l'unanimité, que M. Ferdinand Berthier serait prié de vouloir

bien adresser une allocution _mimique_ aux sourds-muets réunis au pied

de la statue. Cette allocution devra durer de trois à quatre minutes au

plus; on laisse à M. Berthier le soin d'exprimer à ses compagnons

d'infortune la reconnaissance qui les anime pour l'abbé de l'Épée, leur

bienfaiteur, et de leur témoigner que _la ville de Versailles_ tient à

honneur de perpétuer sa mémoire. Les sentiments de M. Berthier sont la

garantie de l'éloquence de ses paroles.

«Personnellement je prie M. Berthier de remettre au secrétaire, ou

encore mieux au président, une note de son allocution, après l'avoir

prononcée.

«Si M. Berthier n'eût pas annoncé, par lettre, qu'il devait partir pour

Lyon le 24 ou le 25, on aurait pu convenir de ces faits beaucoup plus

tôt.

«Si, d'ailleurs, M. Berthier veut se rendre à _midi et demi précis_ sur

remplacement de la statue, il y trouvera la commission, dont les

présidents lui communiqueront plus en détail leurs intentions.

«J'ai à me féliciter d'être l'interprète de vœux qui doivent

sympathiser avec ceux de M. Berthier, et j'ai l'honneur d'être son

très-humble et très-obéissant serviteur.»

L'Abbé de l'Épée: sa vie, son apostolat, ses travaux, sa lutte et ses succès · 第 61 / 141 题