_A Monsieur le secrétaire de la commission pour
le monument de l'abbé de l'Épée._
«MONSIEUR,
«Je me suis empressé de communiquer à mon gouvernement le contenu de la
lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser dans les premiers
jours du mois de juillet dernier.
«Le roi, mon souverain, digne appréciateur du mérite et des vertus de
l'homme célèbre dont toute l'humanité partage les bienfaits, s'est
empressé d'autoriser les personnes auxquelles vous confierez cette
honorable mission, à recueillir, en Bavière, les dons gratuits destinés
à l'érection du monument consacré à la mémoire de l'abbé de l'Épée.
«Je m'empresse, Monsieur, de vous transmettre copie de l'ordonnance
royale[79], datée du 22 août dernier, qui vient de m'être communiquée à
cet effet.
«Recevez, Monsieur, les assurances de ma très-parfaite considération.»
Voici la teneur de la lettre qui avait été adressée, en juin 1839, aux
ambassadeurs des cours étrangères:
«Une commission est formée pour recueillir des souscriptions à l'effet
d'élever un monument à l'abbé de l'Épée dans l'église Saint-Roch, lieu
de sa sépulture.
«Le bienfait de l'abbé de l'Épée est universel. Cet homme de bien
n'appartient pas seulement à la France, mais à toutes les nations
civilisées.
«Nous sommes convaincus, Monsieur l'ambassadeur, que vos nationaux
éprouveront le besoin de s'unir à nous pour accomplir cet acte de piété,
et nous venons, pleins de confiance, vous prier de vouloir bien
recueillir les souscriptions de vos compatriotes, afin qu'il soit dit
que tous ceux qui ont profité du bienfait, ont témoigné ensemble de la
reconnaissance qu'ils gardent au bienfaiteur.
«Nous avons l'honneur de vous offrir, Monsieur l'ambassadeur, l'hommage
de notre haute considération.
«Le secrétaire, Le président de la commission,
CHAPUYS-MONTLAVILLE. DUPIN.»