Si les temps revenaient, les temps qui sont venus!...
Car l'Homme a fini, l'Homme a joué tous les rôles.
Au grand jour, fatigué de briser des idoles,
Il ressuscitera, libre de tous ses dieux,
Et, comme il est du ciel, il scrutera les cieux.
L'idéal, la pensée invincible, éternelle,
Tout le dieu qui vit sous son argile charnelle
Montera, montera, brûlera sous son front.
Et quand tu le verras sonder tout l'horizon,
Contempteur des vieux jougs, libre de toute crainte,
Tu viendras lui donner la rédemption sainte.
Splendide, radieuse, au sein des grandes mers
Tu surgiras, jetant sur le vaste Univers
L'Amour infini dans un infini sourire;
Le Monde vibrera comme une immense lyre
Dans le frémissement d'un immense baiser...
--Le Monde a soif d'amour: tu viendras l'apaiser,
Ô splendeur de la chair! ô splendeur idéale!
Ô renouveau d'amour, aurore triomphale
Où, courbant à leurs pieds les dieux et les héros,
Callypige la blanche et le petit Éros
Effleureront, couverts de la neige des roses,
Les femmes et les fleurs sous leurs beaux pieds écloses!