Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.
Il y a une horloge qui ne sonne pas.
Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.
Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis ou qui descend le
sentier en courant, enrubannée.
Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route
à travers la lisière du bois.
Il y a enfin, quand l'on a faim et soif, quelqu'un qui vous chasse.
V
Je suis le saint, en prière sur la terrasse, comme les bêtes paissent
jusqu'à la mer de Palestine.
Je suis le savant au fauteuil sombre. Les branches et la pluie se
jettent à la croisée de la bibliothèque.
Je suis le piéton de la grand'route par les bois nains; la rumeur des
écluses couvre mes pas. Je vois longtemps la mélancolique lessive d'or
du couchant.
Je serais bien l'enfant abandonné sur la jetée partie à la haute mer,
le petit valet suivant l'allée dont le front touche le ciel.
Les sentiers sont âpres. Les monticules se couvrent de genêts. L'air
est immobile. Que les oiseaux et les sources sont loin! Ce ne peut être
que la fin du monde, en avançant.