vous m'envoyez. J'en ai déjà fait usage et la famille du gouverneur m'a
accueilli comme un de vos amis. Nous nous occupons du concert, qui ira
comme il plaira à Dieu. En attendant ma répétition, qui va commencer
dans une heure, il faut que je vous dise encore combien j'ai été frappé
des belles choses que contient, en grand nombre, votre dernière
partition. Ce sujet d'«Ondine» vous a on ne peut mieux inspiré; et le
style harmonique et méthodique de cette grande oeuvre brille autant par
la vérité de l'expression que par une distinction constante et une
fraîcheur juvénile bien rares partout aujourd'hui. L'ouverture est une
des plus heureusement trouvées que je connaisse; il y a là des effets de
rhythme syncopé qui m'ont fait bondir de joie. Le premier choeur, l'air
d'Ondine d'un charmant coloris, le premier final si franc et si chaud,
la prière avec accompagnement de violons, le morceau splendide de la
fête, le deuxième final, la marche et tant d'autres passages que je
pourrais citer, prouvent une invention, un goût et un savoir de premier
ordre et vous placent à un rang bien haut parmi les compositeurs
actuels. Mais, pour vous tout dire, j'étais sûr de cela avant de vous
avoir entendu. Quand on aime et respecte la musique comme vous l'aimez
et la respectez; quand on en parle comme vous en parlez et qu'on a la
pratique de l'art que vous avez, on doit écrire de la sorte. Tout cela
s'enchaîne: tout cela désole aussi, si l'on pense aux moyens d'exécution
qui deviennent de plus en plus introuvables. Et je ne sais si cet
Anglais qui demandait dans un de nos grands restaurants de Paris un
_ténor_ ou un _melon_ pour son dessert avait raison de laisser le choix
au garçon. Moi, je demanderai toujours le melon; il y a beaucoup plus de
chances avec lui d'éviter les coliques; le végétal est bien plus
inoffensif que l'animal.
A M. ERNST[122].
Paris, 8 mai 1849.
Mon cher Ernst,
Je vous remercie de votre lettre, j'étais impatient d'avoir de vos
nouvelles. Vous n'êtes pas mort, bon! moi je suis malade d'ennui, de
dégoût de Paris et de tout ce qui s'y tripotte; je suis d'une humeur de
chien, je voudrais m'en aller et je ne puis pas bouger, et j'ai des
feuilletons à faire... ah! les Plaies d'Égypte ne sont rien en
comparaison de celle-là. J'avais écrit à Maurice Barnett à votre sujet;
le connaissez-vous? Il rédige le _Morning Post_; c'est un excellent
homme. Comment va Halle? et Dawson? et Vivier?... Quel temps! il a plu
hier à emporter les maisons! maintenant, il fait presque froid. J'ai mal
à la tête, damné feuilleton! je ne le commencerai pas, voici huit jours
que je recule, je n'ai pas la moindre idée sur le sujet qui m'est
imposé.... Quel métier!... Où trouver du soleil et du loisir? être libre
de ne penser à rien, de dormir, de ne pas entendre pianoter, de ne pas
entendre parler du _Prophète_, ni des Élections, ni de Rome, ni de M.
Proudhon, de regarder à travers la fumée d'un cigare le monde
s'écrouler..., d'être bête comme _dix-huit représentants_...
Ah! mon Dieu! mon Dieu! quel sacré monde vous nous avez fait là! Vous
fûtes bien mal inspiré de vous reposer le septième jour et vous auriez
diablement mieux fait de travailler encore, car il restait beaucoup à
faire.
Mon cher Ernst, je voudrais vous écrire une lettre bien.... (bien quoi?
voyons!) bien... (animal, on n'annonce pas une épithète quand on n'est
pas capable de la trouver!) enfin une lettre qui vous fit plaisir, et je
vois qu'il faut renoncer à la moindre chance d'y parvenir. (Quelle
phrase!) Je ne trouve rien..., mais rien, rien de rien. C'est comme pour
mon feuilleton. Ce feuilleton me fera tourner en Cabet! c'est sûr.
Je sors, je vais m'ennuyer dehors, je m'ennuie trop chez moi.
Venez donc un peu à Paris.
Adieu.
_P.-S._--J'ai mal à l'estomac; autre chose que j'ai oublié de vous dire.
Ah! mon pauvre Ernst, plaignez-moi; les feuilletons me feront mourir.
A M. ÉRARD[123]
Old Cavendish street, Cavendish square, London, 20 avril 1852.
Mon cher Érard,
Je sors de la première répétition du fragment de la _Vestale_ que nous
exécutons à notre troisième concert d'Exeter Hall, mercredi prochain 28,
à 8 heures.
Les musiciens sont dans un étonnement et une admiration qui ne peuvent
se décrire. Et ils étaient venus avec les préjugés hostiles qu'une
espèce de faction anti-spontinienne se plaisait à répandre à Londres
depuis vingt-cinq ans. Je crois que je vais leur donnera tous une rude
leçon. L'effet sera immense; nous avons cent vingt choristes, un
orchestre colossal. Staudigl chante le Grand Prêtre, madame Novello,
Julia; pour Licinius, j'ai un jeune ténor allemand, Reichart, à qui
j'apprends le rôle et _qui ira_.
Tâchez donc de venir avec madame Spontini assister à ce triomphe vingt
fois plus important que ceux obtenus sur le continent. Voir écraser une
cabale qui dure depuis un quart de siècle! C'est une joie qui ne se
trouve pas souvent.
Venez! venez!
A M. ZACHARIE ASTRUC.
23 mai 1858 (?)
Monsieur,
Permettez-moi de vous remercier pour le bel article que vous venez
d'écrire sur mon concert. Je n'ai jamais lu sur mes tentatives musicales
rien qui m'ait aussi vivement touché.--Le spectre grimaçant de l'ironie
est bien là, comme toujours, pour me siffler à l'oreille: «Ce n'est pas
vrai; M. Astruc se trompe et te trompe. Vous êtes des niais tous les
deux.» Mais il y a aussi un autre juge qu'il est permis de consulter et
qui siège à côté du sens intime. Et quand je demande à celui-là: «Mon
critique est-il un niais, suis-je un niais, nous trompons-nous à ce
point? L'amour du vrai et du beau est-il une chimère, la passion un
leurre, l'enthousiasme une hallucination?...» Le juge me répond: «Non,
non, non, non.... et non.»
Vous aimez ce que j'aime, vous honorez et adorez tous mes dieux; voilà
pourquoi à la joie d'être loué par vous, se joint un sentiment plus vif,
plus profond, plus intense, le fanatisme clairvoyant d'un
coreligionnaire.
Voilà pourquoi j'emprunte quelques mots à Shakespeare pour vous dire:
Most noble brother, give me your hand...
A M. STEPHEN HELLER.
Vienne (en Dauphiné). mardi 4 ou 5 septembre c'est-à-dire _mercredi_ 6
(1865).
Mon cher Heller,
Voilà bien longtemps que je n'ai de vos nouvelles. Pourquoi n'avez-vous
pas répondu un mot à ma lettre collective adressée à madame Damcke? Je
vous écrivais à tous les trois. Je suis toujours malade et j'ai bien
peur de n'apporter qu'une addition d'ennui à celui que vous subissez
probablement avec tant de peine.--Mes nièces sont plus charmantes que
jamais. Nous lisons beaucoup, elles comprennent tout admirablement et
rapidement. Malgré leurs instances pour me garder, je retournerai
pourtant à Paris à la fin de la semaine; voulez-vous être assez bon pour
prévenir mon concierge que j'arriverai dimanche matin à 6 h. 1/2; de
plus, venez dîner avec moi ce même dimanche; nous serons seuls, car je
crois que ma belle-mère ne sera pas encore revenue. Dans tous les cas,
si vous venez, faites-le savoir à Caroline, pour qu'elle nous fasse à
dîner.
Il fait une chaleur atroce; j'ai un violent mal de tête et j'ai peine à
vous écrire.
J'ai reçu, il y a quatre jours, de Genève une lettre qui m'a fait un
bien infini et m'a rendu à peu près raisonnable. Il serait bien temps
que cela fût et que je pusse vivre de la vie qui m'est propre, sans
pourtant souffrir si cruellement de ma lutte insensée contre
l'impossible. Cela viendra votre amitié aidant.
Avez-vous composé quelque chose? Vous me direz cela et de quelle manière
vous avez tué ce brigand de temps qui nous tue si lâchement.
Adieu, adieu, à dimanche.
A M. SZARWADY.
Paris, 25 février 1866.
Mon cher Szarwady,
Je vous remercie de la peine que vous prenez pour l'édition allemande de
mes Mémoires. Je vous autorise à traiter avec M. Heinze et à lui céder
la propriété complète de cet ouvrage au prix de _4,000 fr., pas à
moins_; aux conditions dont je vous ai parlé, c'est-à-dire de ne le
mettre en vente _qu'après moi_ et quand il sera publié à Paris. MM.
Heller et Damcke ont rejeté bien loin la tâche de traducteur pour la
somme de 500 fr.; en conséquence si vous pouviez vous en charger ce
serait au mieux. Mais je tiens à ce que cela soit fait à Paris sous vos
yeux. Tenez-moi au courant de ce que vous aurez stipulé avec M. Heinze à
Leipzig, mais écrivez un peu plus lisiblement car, malgré tous mes
efforts, il y a bien des lignes de votre lettre qu'il m'a été impossible
de déchiffrer.
Le concerto de Kreutzer marche bien, nous avons déjà fait quatre
répétitions partielles. Madame Massart a invité Mademoiselle Szarwady,
qui nous fait espérer qu'elle viendra.
_P.-S._--Je ne puis pas vous signaler toutes les parties du livre qui
ont paru dans les journaux, le nombre en est trop considérable.
En tout cas, ce qui regarde mon histoire intime n'a jamais paru et le
reste a été considérablement augmenté.
A M. HOLMÈS[124].
Saint-Pétersbourg, 1er février 1868.
Mon cher Holmès,
On vous a dit la vérité au sujet des concerts particuliers qui ne
pourront commencer qu'en mars. Je donne le dernier qui m'est confié au
Conservatoire dans quelques jours. Après quoi, je partirai pour Paris
sans en donner un pour moi, malgré les offres des divers artistes qui
joueraient gratuitement de bon coeur. Mais je ne puis accepter ces
générosités et je suis trop malade; je n'ai plus de force; j'aspire à
mon lit, à mon feu, à mon repos absolu; les répétitions me tuent. Vous
dépenserez trois fois plus d'argent ici qu'à Berlin et il y a un jeune
violoniste, Vuillelmi, qui a joué une fois dans un concert, qui est
engagé par la Grande-Duchesse, et qui a un succès fou. On ne parle que
de lui. Malgré toutes les offres qu'on me fait pour me garder, je veux
repartir; le froid, la neige me chassent; je suis incapable, avec ma
santé, de soutenir une telle température. J'ai une répétition ce soir et
j'en tremble d'avance. Je n'ose rien vous dire pour votre symphonie. En
quelle langue la chanterez-vous? Et qui la chantera?
Pardon de vous écrire avec si peu d'ordre. Je n'ai pas la force de
rassembler mes idées. Le voyage de Moscou m'a achevé. Les gens du
Conservatoire de Moscou sont venus me chercher, la Grande-Duchesse m'a
accordé un congé de douze jours et c'était de l'argent à gagner. J'ai
dirigé le premier concert dans la salle immense du manége avec cinq
cents musiciens et un auditoire de dix mille six cents personnes. En ce
moment, il s'agit de faire marcher, ici, un programme terrible approuvé
par la Grande-Duchesse pour ma fin. Le concert qu'on m'eût fait donner
_pour moi_ au mois de Mars m'eût retenu ici plus d'un mois; j'aime mieux
sacrifier huit mille francs et m'en retourner tout de suite.
Les gracieusetés de tout le monde, des artistes, du public; les dîners,
les cadeaux, n'y font rien. Je veux le soleil; je veux aller à Nice, à
Monaco.
Adieu, mon cher Holmès, présentez mes hommages à Madame, qui aura bien
besoin de courage pour soutenir le vôtre.
Il y a six jours, il faisait 32 degrés de froid. Les oiseaux tombaient;
les cochers tombaient de leurs siéges. Quel pays! et je chante l'Italie
dans mes symphonies et les sylphes et les bosquets de roses des bords de
l'Elbe!!!
FIN
IMPRIMERIE CENTRALE DES CHEMINS DE FER.--A. CHAIX ET Cie. RUE
BERGÈRE, 20, A PARIS.--2832 9.
NOTES:
[1] _Mémoires de Berlioz_, publiés chez M. Calmann Lévy.
[2] Extrait des registres de la mairie de la Côte-Saint-André.
[3] Renseignements communiqués par la famille.
[4] Lettre du 25 juillet 1832. Vente des autographes du chevalier
R.....y. 30 novembre 1862.
[5] _Mémoires_, p. 182.
[6] _Grotesques de la musique_, p. 279. Édition Michel Lévy. Voyage en
France: lettres à Édouard Monnais.
[7] Cette anecdote est insérée dans les _Mémoires_, mais fort en abrégé.
Je la donne telle que je la tiens d'un ami intime, à qui Berlioz l'avait
racontée souvent.
[8] _Mémoires_, p. 21.
[9] Renseignements communiqués par M. le vicomte de Spoelberch de
Lovenjoul.
[10] _Mémoires_, p. 37.
[11] Cahier des dépenses de Berlioz; manuscrit autographe communiqué par
madame Damcke.
[12] Lettre autographe, vendue par M. Laverdet: 30 mars, 1863.
[13] Voir la lettre XXV adressée à Liszt.
[14] Correspondance de Mendelssohn, traduite par M. A.-A. Rolland, p.
127.
[15]. Voir la lettre XXVII de notre recueil.
[16] Collection de M. le baron de Trimont.
[17] Lettre communiquée par M. Alexis Berchtold.
[18] _Mémoires_, p. 190, et lettres à son fils.
[19] Voir la _Gazette musicale, passim_: aux nouvelles de la semaine.
[20] _Gazette musicale_, année 1835, p. 23.
[21] Le journal _la Caricature_. Numéro du 16 mai 1841.
[22] _Gazette musicale_, 26 janvier 1834.
[23] Mio caro amico, Beethoven estinto, non c'era che Berlioz che
potesse farlo revivere; ed io che ho gustalo le vostre divine
composizioni, degne di un genio qual siete, credo mio dovere di pregarvi
a voller accettare in segno del mio omaggio venti mila franchi i quali
vi saranno rimessi dal signor baron de Rothschild, dopo che gli avrete
presentato l'acclusa. Credete mi sempre, il vostro affetionatissimo
amico.
NICOLO PAGANINI.
Parigi, le 18 décembre 1838.
[24] _Gazette musicale_, année 1838.
[25] _Gazette musicale_, année 1836, p. 73.
[26] _Gazette musicale_, p. 39, année 1836.
[27] _Gazette musicale_, année 1838, p. 242.
[28] Ibid., p. 275.
[29] _Gazette musicale_, année 1842, p. 86.
[30] Ibid., année 1843, p. 169.
[31] Ibid., p. 115.
[32] Collection de madame Vieweg de Brunswick. Ce billet a été reproduit
dans la nouvelle édition de l'ouvrage du docteur Nohl: _Musiker Briefe_,
p. 74, Leipzig, Dander et Humblot, 1873.
[33] _Gazette musicale_, année 1843, p. 348.
[34] _Gazette musicale_, année 1844, p. 167.
[35] Ibid., année 1840, p. 179.
[36] Ibid., année 1845, p. 411.
[37] _Gazette musicale_, année 1847, p. 294
[38] Ibid., p. 403.
[39] _Gazette musicale_, année 1848, p. 58.
[40] Voici la distribution des personnages: la sainte Vierge, madame
Meillet.--Saint Joseph, M. Meillet.--Hérode, Depassio.--Père de famille,
Battaille.--Un récitant, Jourdan.--Un centenier, Chapron.--Polydorus, M.
Noir.--Le trio des flûtes était joué par MM. Brunot, Magnier et Prumier.
[41] _Gazette musicale_, année 1855, p. 171.
[42] Lettre à M. Auguste Morel, datée de Francfort.
[43] _Gazette musicale_, année 1857, p. 286.
[44] Renseignements communiqués par M. Édouard Alexandre.
[45] _Gazette musicale_, année 1856, p. 202.
[46] Renseignements fournis par madame d'Ortigue.
[47] Lettre de M. Asger Hammerik à l'auteur de la Notice.
[48] Lettre à son fils, du 7 septembre, sans autre mention.
[49] Lettre inédite à son fils, datée de Bade, 23 août.
[50] Lettre du 13 novembre 1865.
[51] Lettre inédite.
[52] Anecdote racontée par Berlioz lui-même à l'auteur de cette
biographie.
[53] Il s'agit sans doute d'un pot-pourri sur des opéras italiens;
Berlioz avoue en avoir composé plusieurs de ce genre (Voir les premiers
chapitres des _Mémoires_). Cette lettre a été publiée dans le
_Musiciana_ de M. Wekerlin.
[54] La date de cette lettre est assez difficile à préciser. _La Mort
d'Abel_, dont il est question, fut jouée en 1810 et n'eut jamais les
honneurs d'une reprise. Sans doute, Berlioz avait entendu seulement
quelques fragments de cet opéra. Comme il signe sa lettre: _H. Berlioz,
élève de Lesueur_, et qu'il entra dans la classe de ce maître en 1826
pour y rester jusqu'en 1828, on ne peut guère assigner au curieux
document que nous reproduisons qu'une date approximative.
[55] _La Revue musicale_, dirigée par M. Fétis, n'avait pas encore opéré
sa fusion avec la _Gazette musicale_ de Schlesinger, fondée, comme nous
l'avons dit dans la notice, en 1834.
[56] Le ballet de _Faust_ sur un livret de M. Bohain: voir la Notice
[57] _Robert le Diable_, dont la première représentation eut lieu le 21
novembre de la même année.
[58] M. Gounet est le poëte qui a traduit en vers français les paroles
de Thomas Moore sur lesquelles Berlioz a écrit de la musique.
[59] La romance de _la Captive_.
[60] Tout ce qui suit est relatif au mariage de Berlioz avec
mademoiselle Henriette Smithson, qu'il épousa dans le courant de l'année
1833.
[61] Ce projet n'a été exécuté que vingt-neuf ans plus tard _Béatrice et
Bénédict_, opéra joué à Bade en 1862, est écrit sur la comédie de
Shakspeare _Much ado about nothing_.
[62] Cette représentation fut désastreuse: madame Dorval eut tout le
succès, et l'infortunée Harriett Smithson put se convaincre que le
public parisien ne s'intéressait plus à elle.
[63] L'opéra de _Benvenuto Cellini_.
[64] Cette brochure, adressée par Spontini aux membres de la Chambre des
députés, fut discutée en séance publique. M. Monnier de la Sizeranne en
soutint les conclusions, qui furent rejetées après un discours de M.
Taschereau.
[65] Rossini habitait alors Bologne.
[66] _La Vendetta_, opéra en trois actes, qui n'eut qu'un petit nombre
de représentations.
[67] _Mademoiselle de Belle-Isle._
[68] On remarquera que, malgré l'hostilité avouée de Mendelssohn,
Berlioz a toujours rendu justice à cet admirable musicien et qu'aucun
mauvais procédé n'a pu le faire changer d'avis à cet égard.
[69] Violoncelliste à l'Opéra.
[70] Collection de madame Vieweg, de Brunswick.
[71] Célèbre compositeur russe, auteur de l'opéra: _la Vie pour le
czar_, de _Rousslane et Lioudmila_, de nombreuses romances, etc.
[72] Publiée dans le livre de M. Wekerlin. _Musiciana_. Paris, 1877.
[73] La première audition de _Moïse au Sinaï_, oratorio de Félicien
David, exécuté à l'Opéra, le 21 mars 1846.
[74] Cette affaire est racontée en entier chapitre LVII des _Mémoires_;
nous y renvoyons le lecteur, ainsi qu'à la lettre de MM. Duponchel et
Roqueplan, publiée dans notre Notice.
[75] M. Tajan-Rogé faisait partie de l'orchestre du théâtre impérial de
Saint-Pétersbourg.
[76] Nous ne garantissons pas l'authenticité de l'anecdote, qui
ressemble fort à un cancan musical. Ajoutons qu'il nous est impossible
de prendre la responsabilité des opinions de Berlioz, qui sont, presque
toujours, violentes, et quelquefois même injustes. (_Note de
l'éditeur._)
[77] _Jérusalem_, opéra représenté en novembre 1847 à l'Académie royale
de musique de Paris.
[78] Auteur de l'hymne national russe, directeur pendant vingt-cinq ans
de la chapelle impériale des chantres de la cour à Saint-Pétersbourg,
violoniste distingué, auteur de l'opéra d'Ondine dont il est parlé dans
la lettre. Cet opéra fut représenté pour la première fois à Vienne en
1846 en langue allemande et en langue russe à Saint Pétersbourg en 1848.
Nous devons la lettre à M. Lwoff et en général toutes les lettres
adressées à des personnages russes à l'obligeante bonté de M. Wladimir
Stassoff, qui occupe une haute position à la Bibliothèque impériale
publique de Saint-Pétersbourg.
[79] Éditeur de musique à Londres.
[80] Le comte Michel Wielhorski, grand échanson à la cour de Russie,
amateur de musique et connaisseur distingué.
[81] _Beethoven et ses trois styles_, par M. Guillaume Lenz. Ce beau
livre n'a été publié qu'en 1852.
[82] Le libretto de M. de Saint-Georges se trouve dans la bibliothèque
du château de Romany, près Kowno, en Lithuanie; ce libretto n'a jamais
été mis en musique par M. Lwoff, mort en 1870. (_Renseignements
communiqués par M. Wladimir Stassoff._)
[83] De la Société philharmonique de Paris, rue de la Chaussée-d'Antin.
(V. la Notice.)
[84] _Le Juif errant_ d'Halévy.
[85] Dans la scène intitulée: _Tristesse de Roméo_.
[86] L'excellent ouvrage dont il est question ici a pour titre: _De
quelques points des sciences dans l'antiquité: physique, métrique,
musique_. A plusieurs reprises, H. Berlioz est revenu à la charge; la
métrique, la poésie et la musique des anciens l'intéressaient vivement;
il songeait à ses _Troyens_! Quelques années après cette première
lettre, il écrirait à M. B. Jullien, père de M. Ad. Jullien, le jeune et
savant critique auquel on doit déjà tant de travaux, tels que _la Cour
et l'Opéra sous Louis XVI, Airs variés_, etc.: «Malgré vos efforts, j'ai
bien peur que la France ne reste barbare et que le sens harmonique des
langues anciennes ne lui reste interdit...» Et, le 20 avril 1867:
«Permettez-moi de vous demander si vous êtes d'avis, comme tout porte à
le croire, que les anciens ne prononçaient pas, dans les vers, les
syllabes élidées. J'espérais trouver dans votre livre excellent un
chapitre spécial sur ce sujet et je n'y trouve que l'exemple de
l'élision d'une fin de vers _lacertosque_, avec le début d'un autre:
_Exuit_...; vous ne dites pas qu'on prononçât _membror artus,
magn'orsa_; et sans cela pourtant il n'y a point d'élision et le vers a
deux syllabes de trop.»
[87] Berlioz venait de perdre sa première femme: Henriette Smithson,
mère de Louis Berlioz.
[88] Analyse de _la Damnation de Faust_ dans la _Gazette musicale_.
[89] M. Tajan-Rogé habitait alors la Nouvelle-Orléans.
[90] Du _Te Deum_.
[91] Le père de l'excellent pianiste, Théodore Ritter et de mademoiselle
Cécile Ritter; la famille Bennet est d'origine marseillaise.
[92] Après la représentation de _Médée_, avec madame Ristori.
[93] Auteur des ouvrages: _De la musique religieuse et de la
connaissance pratique des grandes orgues_ (au collège de la Paix, à
Namur).
[94] La partition des _Troyens_.
[95] Berlioz n'en était encore qu'à la première partie de son opéra: _la
Prise de Troie_, c'est-à-dire celle qui n'a jamais été jouée et que nous
ne connaissons pas.
[96] M. Auguste Morel souffrait d'une maladie d'yeux.
[97] Chacun sait que ce n'est pas un Romain, mais Archias, tyran de
Thèbes, qui prononça cette fameuse phrase, au milieu d'un repas. Nous
avons cru, par excès de scrupule peut-être, devoir respecter le _lapsus
calami_ de Berlioz.
[98] P. Scudo, dont il est question dans la Notice.
[99] M. Alexis Bertschtold, dont il a déjà été question plusieurs fois.
[100] Berlioz, comme on l'a vu par les lettres précédentes, était
préoccupé au sujet de son fils, et M. Morel l'avait rassuré en lui
apprenant l'arrivée à Marseille du navire sur lequel était Louis
Berlioz.
[101] Sa seconde femme.
[102] _Roméo et Juliette_ de Bellini, traduit en français par M. Nuitter
pour les débuts de madame Vestvali et joué à l'Opéra le 7 septembre
1859.
[103] M. Walewski.
[104] Écrite le lendemain de la première représentation du _Tannhäuser_.
[105] Berlioz venait de perdre sa seconde femme décédée à Saint-Germain
en Laye.
[106] C'était M. Édouard Monnais qui écrivait sous ce pseudonyme dans la
_Gazette musicale_. Il avait fait un article très bienveillant sur le
livre intitulé _A travers chants_. L'apostrophe de Berlioz l'émut
beaucoup; il chercha vainement le _mot à double détente_ qui avait
excité les susceptibilités de son ami; il ne le trouva pas. Nous l'avons
cherché, nous aussi, ce mot terrible; nous ne l'avons pas découvert non
plus.
[107] Il s'agit de la première représentation de l'opéra de _Béatrice et
Bénédict_.
[108] _Les Troyens._
[109] M. A. Lwoff était devenu sourd.
[110] Communiquée par M. Bouscatel, d'Auxerre.
[111] Il avait été nommé officier de la Légion d'honneur le 12 août; il
était chevalier depuis 1839.
[112] Lettre publiée par M. Xavier Feyrnet, dans _le Temps_ du 15 mars
1865.
[113] Cette lettre, si peu datée, est du 22 mars.
[114] Pour l'intelligence de cette lettre énigmatique, nous sommes
obligé de renvoyer le lecteur au dernier chapitre des _Mémoires_ où
toutes les explications nécessaires lui seront données.
[115] Intitulé _les Royautés musicales_.
[116] C'est, ainsi que nous l'avons dit plus haut, à l'extrême
complaisance de M. Stassoff que nous devons toutes les lettres de ce
recueil, adressées à des correspondants Russes.
[117] _Perrot_, dans l'original; nous ne connaissons point de sculpteur
de ce nom-là, à l'Institut.
[118] Inspecteur de la musique dans les théâtres impériaux.
[119] Excellent critique et compositeur russe.
[120] Chef d'orchestre et compositeur de talent.
[121] Communiquée ainsi que ces trois suivantes par M. de Colongeon.
[122] Communiquée par M. Émile Laurent.
[123] Communiquée par madame Érard.
[124] Communiquée par M. B. de Fourcaud.
* * * * *
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