Le capitaine ispravnik était chez lui et ne fut pas surpris de la visite
de Mme Papofski, car il connaissait toute l'étendue de ses pouvoirs,
la terreur qu'il inspirait, et la soumission que chacun était tenu
d'apporter à ses volontés et à ses ordres. Il était très bien avec le
gouverneur, qui le croyait un homme rigide, sévère, mais honnête et
incorruptible, de sorte que les décisions de ce terrible capitaine
ispravnik étaient sans appel. C'était un homme d'un aspect dur et
sévère. Il était grand, assez gros, roux de chevelure et rouge de peau;
son regard perçant et rusé effrayait et repoussait. Ses manières et son
langage mielleux augmentaient cette répulsion. Mme Papofski le voyait
pour la première fois. Il la fit entrer dans son cabinet.
«Yéfime Vassiliévitche, lui dit-elle en entrant, c'est à vous que mon
oncle a remis les papiers par lesquels il donne la liberté à tous ses
gens?» Le capitaine ispravnik: «Oui, Maria Pétrovna, ils sont entre mes
mains.»