ON PASSE LA FRONTIÈRE

Le jour vint, il fallut se lever. Chacun était plus ou moins fatigué

de sa nuit, excepté les enfants, qui dorment toujours bien partout, et

Natasha, qui, sous ce rapport, malgré ses seize ans, faisait encore

partie de l'enfance. Les toilettes furent bientôt faites, on se réunit

pour déjeuner; Dérigny avait préparé thé et café selon le goût de

chacun.

Le général était sombre; il avait embrassé nièces et neveux, et serré la

main à son ami Romane, mais il n'avait pas parlé et il gardait encore un

silence absolu.

«Grand-père...», dit Natasha en souriant.

Le général parut surpris et touché.

«Grand-père voulez-vous venir avec nous à la place de Mme Dérigny, dans

la seconde voiture?

--Comment veux-tu que je tienne, en sixième?» dit le général, se

déridant tout à fait.

Natasha: «Oh! J'arrangerais cela, grand-père. Je vous mettrais au fond,

moi près de vous.»

Le Général Dourakine · 第 110 / 177 题