Le général: «Vous êtes fou, mon cher. Si elle le sait, elle nous fera
tous coffrer.»
Dérigny: «Non, mon général; il faut au contraire l'intéresser à notre
départ à tous. Vous parlerez d'aller dans un climat plus doux et aux
eaux d'Allemagne pour la santé de Mme Dabrovine, qui devra être dans le
secret, et vous demanderiez à Mme Papofski de régir et de surveiller vos
affaires à Gromiline pendant votre absence de quelques mois.»
Le général: «Mais elle aurait Gromiline, et c'est ce que je ne veux
pas!»
Dérigny: «Elle n'aurait rien du tout, mon général, parce que vous
n'exécuterez ce projet que lorsque vous aurez vendu Gromiline et
que vous serez convenu du jour de la prise de possession du nouveau
propriétaire, qui arrivera quelques jours après votre départ.
--Bien, très bien, s'écria le général en se frottant les mains les yeux
brillants de joie. Bonne vengeance! J'irai mourir en France, comme j'en
avais le désir; je vous ramène chez vous, mon cher ami; j'assure la
fortune de ma fille, et je vous laisse tous heureux et contents.»