Dérigny était un soir près du général; quelques jours s'étaient passés
depuis l'arrivée de Mme Papofski, et tout avait marché le plus doucement
du monde. Le général se frottait les mains et riait: il méditait
certainement une malice.
«Dérigny, mon ami, dit-il d'un air joyeux, je vous ai préparé de
l'ouvrage.»
Dérigny: «Tant que vous voudrez, mon général: mon temps est tout à vous,
et je ne saurais l'employer plus agréablement qu'à vous servir.»
Le général: «Toujours le même! toujours dévoué! C'est que, voyez-vous,
mon ami, j'attends du monde sous peu de jours, et il me faudra des lit
à la française, des toilettes et un ameublement complet, et vous seul
pouvez le faire.»
Dérigny: «Je suis prêt, mon général. Que faut-il avoir? Pour combien de
personnes?»
Le général: «Une femme, une jeune personne et deux garçons de dix et
douze ans.»
Dérigny: «Combien de jours, mon général, me donnez-vous pour tout
préparer?»