Madame Papofski: «Ah! mon oncle, comme vous êtes méchant! Comment
pouvez-vous dire...?»
Le général: «Mais... puisque vous dites que vous pourrez avoir Dérigny
parce qu'il est jeune et fort! C'est donc après la mort de votre vieil
oncle que vous comptez l'avoir? Non, non, ma chère; mon brave, mon bon
Dérigny n'est ni pour vous ni pour personne: il est à moi, à moi seul;
après moi, il sera à lui-même, à son excellente femme et à ses enfants.»
Mme Papofski se mordit les lèvres et ne parla plus. Après le dîner le
général alla se promener; toute la bande Papofski le suivit; Sonushka,
sur un signe de sa mère, marcha auprès de son oncle, cherchant à animer
la conversation.
«Mon oncle, dit-elle après quelques efforts infructueux, comme j'aime
les Français!»
Le général ne répondit pas.
Sonushka: «Mon oncle, j'aime vos petits Français; ils sont si bons, si
complaisants! Je voudrais toujours jouer avec eux.»
Le général: «Mais eux ne voudront pas jouer avec vous, parce que vous
êtes querelleurs, méchants et menteurs.»
Sonushka: «Ah! mon oncle! c'est Yégor qui a été méchant, mais nous ne le
laisserons plus faire.»
Le général: «Assez, assez, ma pauvre Sonushka: tu as bien répété ta
leçon. Parlons d'autre chose. Aimes-tu ta tante Natalia Pétrovna?»