ÉGLISE DE SAINT-AMBROISE, A MILAN (ITALIE). (Coupe longitudinale.)]

La preuve nous est fournie par les dispositions mêmes des parties hautes

et la nef. Dans les églises normandes romanes, les travées sont égales

et les piles ont la même section puisqu’elles n’avaient à soutenir

qu’une charpente dont les fermes reposaient sur une des colonnes

continuant la pile et montant de fond jusqu’à la couverture en bois. Les

églises de Cerisy-la-Forêt et du Mont Saint-Michel[95], avec lesquelles

l’abbaye aux Dames de Caen présente beaucoup d’analogie en plan, sont,

entre un grand nombre d’autres églises, des exemples authentiques de la

disposition régulière et égale des piles.

A l’église de la Trinité, les piles sont égales jusqu’à la hauteur du

premier cordon; mais au-dessus les sections des piles sont plus fortes

de deux en deux sur les points qui recevaient les retombées des

arcs-doubleaux et des arcs diagonaux, ou _croisées d’ogives_. La pile

intermédiaire est plus faible parce qu’elle ne reçoit qu’un

[Illustration: FIG. 189.--ÉGLISE DE LA TRINITÉ, A CAEN (FRANCE).

(Plan.)]

arc, arc-doubleau de secours, pour soulager seulement la grande portée

des voûtes d’arête (fig. 191).

Les voûtes de la nef sont sur plan carré, comme les églises allemandes

et italiennes que nous avons citées, avec l’adjonction d’un arc

intermédiaire dont nous parlons plus haut. Les bas côtés sont couverts

par des voûtes d’arête, entre des arcs-doubleaux qui paraissent être les

voûtes du XIᵉ siècle, avant la modification de la partie haute de la nef

ou sa reconstruction au milieu du XIIᵉ siècle.

[Illustration: FIG. 190.

L'Architecture romane · 第 110 / 128 题