(Plan.)]
L’église du Saint-Sépulcre de Cambridge paraît avoir été construite à
l’imitation de la chapelle palatine de Charlemagne plutôt qu’à l’exemple
de la célèbre église élevée à Jérusalem sur le tombeau du Christ.
Suivant les auteurs anglais, elle serait la plus ancienne des églises
rondes de l’Angleterre et elle remonterait à Henri Beauclerc qui mourut
en 1135 ou, tout au moins, à la première moitié du XIIᵉ siècle.
Elle a beaucoup d’analogie, comme parti architectonique, avec l’église
de Peterborough qui est certainement une imitation des églises normandes
du XIᵉ siècle (fig. 116 et 117). Dans tous les cas, l’influence de
[Illustration: FIG. 127.--ÉGLISE DU SAINT-SÉPULCRE, A CAMBRIDGE
(ANGLETERRE). (Coupe.)]
l’architecture romano-normande, lourdement traduite par les
constructeurs saxons, est très accusée par la disposition des arcs
superposés retombant sur les chapiteaux grossiers de massifs piliers
ronds et trapus, par la construction des voûtes du bas côté formées
d’arcsdoubleaux et de croisées d’ogives, très solides, mais très
gauchement ajustés par des constructeurs timides, peu familiarisés avec
une architecture qu’ils essayaient de traduire.
Les essais des architectes anglo-normands de ce temps sont pourtant fort
intéressants à étudier, parce qu’on voit les efforts qu’ils ont faits
pour bâtir des monuments qui ont résisté plutôt par la rude solidité de
leurs masses que par les savantes combinaisons des constructeurs. La
rotonde de Cambridge présente cette particularité que, contrairement aux
édifices anciens qui lui ont servi de modèle, les étages inférieurs sont
circulaires et la coupole octogone.
L’église du Saint-Sépulcre de Cambridge est composée d’un vaisseau
central, circulaire, à deux étages, entouré d’un bas côté semblable sans
étage; à chaque étage les huit lourdes colonnes, sur un plan également
circulaire, sont reliées par des arcades formées d’arcs-doubleaux
superposés. La galerie supérieure, dont les arcades sont géminées,
s’ouvrent sur la nef centrale qui est surmontée d’une coupole octogone;
les angles intérieurs sont renforcés par des colonnes engagées dans les
parties verticales et par des arcs-doubleaux carrés dans la partie
cintrée de la coupole, dont la poussée est amortie par des redans sur
l’épaisseur considérable du mur. Des fenêtres plein cintre, ménagées
dans les pans, éclairent le vaisseau central. Le bas côté est éclairé
par des fenêtres ébrasées à l’intérieur et la galerie haute, au-dessus
du bas côté voûté, est couverte par une charpente en appentis.