d’une galerie ouverte enveloppant les trois côtés de l’édifice.
La coupole est remarquable par les détails de sa construction; elle ne
repose pas sur des pendentifs franchement accusés comme à l’église de
Théotocos à Constantinople. Pour racheter le carré, les architectes de
Torcello ont construit, dans les angles du carré central, des trompes
superposées, transformant le carré en octogone, de sorte que les
pendentifs--entre les pans de l’octogone--ont peu d’importance et se
trouvent
[Illustration: FIG. 78.--ÉGLISE DE SAINT-NICODÈME, A ATHÈNES.
(Coupe longitudinale, du narthex à l’abside.)]
noyés dans le blocage formant la calotte de la coupole hémisphérique.
Celle-ci n’est pas accusée extérieurement; elle est couverte par une
charpente comme à Saint-Vital, à Ravenne (fig. 66).
A Athènes, l’une des plus grandes églises est celle de Saint-Nicodème,
bâtie vers le Xᵉ siècle suivant les
[Illustration: FIG. 79.--ÉGLISE DU MONASTÈRE DE DAPHNI, PRÈS
D’ATHÈNES[28]. (Plan.)]
principes de l’art byzantin modifié par les constructeurs grecs.
L’édifice est couronné dans la nef centrale carrée par une seule coupole
circulaire dont la base, décorée de fenêtres, rappelle celle de
Théotocos à Constantinople; mais le parti pris pour racheter le carré
est différent. L’architecte, n’ayant pas osé construire sa coupole sur
quatre pendentifs ou cherchant un effet nouveau, l’a établie sur quatre
grandes niches ou, plus exactement, sur quatre trompes, faisant passer
le plan du carré à l’octogone et de l’octogone au plan circulaire par
huit tympans gauches, élevés sur l’extrados des huit arcs (coupe
longitudinale, fig. 80).
[Illustration: FIG. 80.--ÉGLISE DU MONASTÈRE DE DAPHNI, PRÈS D’ATHÈNES.
(Coupe longitudinale.)]
L’abside et deux absidioles s’ouvrent sur le côté oriental du côté
central. Celui-ci est entouré de bas côtés voûtés supportant une
galerie, également voûtée, destinée aux femmes.
L’édifice présente cette particularité qu’il est couvert par une
terrasse au-dessus de laquelle s’élève la coupole percée à sa base d’une
couronne de fenêtres s’ouvrant au-dessus de la toiture.
A l’intérieur, des mosaïques décorent les murs et la coupole, des plus
curieuses pour l’étude de l’iconographie chrétienne grecque.
L’église du monastère de Daphni, élevée vers le IXᵉ siècle, à 10
kilomètres d’Athènes, est, parmi les édifices religieux bâtis par les
Grecs, celui qui rappelle le
[Illustration: FIG. 81.--ÉGLISE DU MONASTÈRE DE DAPHNI, PRÈS D’ATHÈNES.
(Détail des trompes et pendentifs de la coupole.)]
plus les traditions byzantines, si complètement caractérisées à
Sainte-Sophie de Constantinople.
Comme l’église de Saint-Nicodème, elle consiste en une nef centrale
carrée, surmontée d’une coupole qui repose sur des trompes dont la
figure 81 donne les curieuses dispositions. Sur le côté oriental de la
nef s’ouvrent l’abside principale et deux absidioles couvertes par des
voûtes d’arête; le fond de ces absides et absidioles, à pans à
l’extérieur, est semi-circulaire à l’intérieur et couvert par des voûtes
en quart de sphère.
[Illustration: FIG. 82.--ÉGLISE DU MONASTÈRE DE DAPHNI, PRÈS D’ATHÈNES.
(Façade latérale.)]
A l’extérieur, les murs sont construits en pierre, dont les assises et
les joints sont marqués par des rangées de briques; à l’intérieur, les
voûtes sont en briques et elles étaient décorées de brillantes
mosaïques.