CHAPITRE IX

SYRIE CENTRALE.--BAPTISTÈRE DE SAINT-GEORGES D’EZRA, ÉGLISES DE BAQOUZA

ET DE QALB-LOUZEH.

Le baptistère de Saint-Georges d’Ezra est un des monuments les plus

précieux de la Syrie centrale. Dans la primitive Église, les baptistères

étaient rares, car il n’y en avait qu’un par ville épiscopale, l’usage

étant de réserver à l’évêque l’administration du sacrement du baptême.

Saint-Georges d’Ezra est parvenu jusqu’à nous sans autre modification

que celle d’avoir été transformé en église, toujours consacré au culte

catholique pour lequel il a été construit et qui se célèbre encore sous

ses voûtes vénérables[13].

Le plan est très simple; il se compose de deux octogones concentriques

inscrits dans un carré; l’octogone central est couronné par une coupole.

Sur le pan oriental s’ouvre l’abside précédée d’une étroite travée; de

chaque côté sont établis des réduits carrés, et dans chacun des angles

du carré une niche ou exèdre dont la face forme un des pans coupés de

l’octogone; trois portes s’ouvrent sur la façade occidentale et une sur

chacune des faces latérales.

[Illustration: FIG. 38. BAPTISTÈRE DE SAINT-GEORGES D’EZRA (SYRIE

CENTRALE). (Plan.)]

La coupole, de dix mètres environ de diamètre, est soutenue par huit

piliers de cinq mètres de hauteur; les deux assises hautes de la rotonde

octogone sont: la première à 16 côtés, la seconde à 32, de manière à

passer graduellement de la forme polygonale au plan circulaire de la

base de la coupole, de forme ovoïde, en élévation et rappelant les

monuments de l’Asie centrale.

A l’exception de la coupole faite en blocage, toute la maçonnerie est en

pierres appareillées, posées sans mortier.

A la base de la coupole s’ouvrent de petites fenêtres semi-circulaires,

une dans chaque pan de l’octogone; c’est le plus ancien exemple existant

d’un système d’éclairage qui reçut à Sainte-Sophie, de Constantinople,

son plein développement[14]. Le bas côté et le sanctuaire sont couverts

en dalles posées sur les murs ou sur les arcs, et dont la portée est

diminuée par une corniche courante (fig. 40).

Au fond de l’abside règnent trois rangs de gradins en hémicycle destinés

aux sièges du clergé; l’autel est placé dans la première travée du

sanctuaire qui communique par une porte avec la sacristie réservée; la

[Illustration: FIG. 39.--BAPTISTÈRE DE SAINT-GEORGES D’EZRA (SYRIE

CENTRALE). (Coupe longitudinale.)]

seconde sacristie est, au contraire, accessible au public par une porte

s’ouvrant sur l’exèdre de l’angle sud-est.

Un rideau tendu entre les pilastres d’entrée du sanctuaire voilait les

saints mystères, selon la liturgie orientale.

La porte principale se compose d’une baie rectangulaire surmontée d’un

linteau déchargé par un arc; sur le linteau décoré à ses deux

extrémités de croix et de pampres se trouve une inscription grecque

datée de la neuvième indiction en l’année 410, c’est-à-dire de la fin de

515 ou du commencement de 516, date de l’achèvement de l’édifice.

[Illustration: FIG. 40. ÉGLISE DE SAQOUZA (SYRIE CENTRALE). (Plan.)]

L’église de Baqouza (Syrie centrale), élevée au commencement du VIᵉ

siècle, est un beau monument bien planté sur la pente d’une colline; un

large soubassement rachète la déclivité du terrain et donne à l’église

une assiette remarquable[15].

[Illustration: FIG. 41.--ÉGLISE DE BAQOUZA (SYRIE CENTRALE). (Coupe

longitudinale.)]

Le chevet, avec ses plans fermement accusés et son magnifique appareil,

est d’un sentiment tout antique.

Les dessins (fig. 41 et 42) supposent l’édifice reconstitué avec la plus

scrupuleuse exactitude d’après les débris existant tout entiers.

L'Architecture romane · 第 42 / 128 题