SYRIE CENTRALE.--BAPTISTÈRE DE SAINT-GEORGES D’EZRA, ÉGLISES DE BAQOUZA
ET DE QALB-LOUZEH.
Le baptistère de Saint-Georges d’Ezra est un des monuments les plus
précieux de la Syrie centrale. Dans la primitive Église, les baptistères
étaient rares, car il n’y en avait qu’un par ville épiscopale, l’usage
étant de réserver à l’évêque l’administration du sacrement du baptême.
Saint-Georges d’Ezra est parvenu jusqu’à nous sans autre modification
que celle d’avoir été transformé en église, toujours consacré au culte
catholique pour lequel il a été construit et qui se célèbre encore sous
ses voûtes vénérables[13].
Le plan est très simple; il se compose de deux octogones concentriques
inscrits dans un carré; l’octogone central est couronné par une coupole.
Sur le pan oriental s’ouvre l’abside précédée d’une étroite travée; de
chaque côté sont établis des réduits carrés, et dans chacun des angles
du carré une niche ou exèdre dont la face forme un des pans coupés de
l’octogone; trois portes s’ouvrent sur la façade occidentale et une sur
chacune des faces latérales.
[Illustration: FIG. 38. BAPTISTÈRE DE SAINT-GEORGES D’EZRA (SYRIE
CENTRALE). (Plan.)]
La coupole, de dix mètres environ de diamètre, est soutenue par huit
piliers de cinq mètres de hauteur; les deux assises hautes de la rotonde
octogone sont: la première à 16 côtés, la seconde à 32, de manière à
passer graduellement de la forme polygonale au plan circulaire de la
base de la coupole, de forme ovoïde, en élévation et rappelant les
monuments de l’Asie centrale.
A l’exception de la coupole faite en blocage, toute la maçonnerie est en
pierres appareillées, posées sans mortier.
A la base de la coupole s’ouvrent de petites fenêtres semi-circulaires,
une dans chaque pan de l’octogone; c’est le plus ancien exemple existant
d’un système d’éclairage qui reçut à Sainte-Sophie, de Constantinople,
son plein développement[14]. Le bas côté et le sanctuaire sont couverts
en dalles posées sur les murs ou sur les arcs, et dont la portée est
diminuée par une corniche courante (fig. 40).
Au fond de l’abside règnent trois rangs de gradins en hémicycle destinés
aux sièges du clergé; l’autel est placé dans la première travée du
sanctuaire qui communique par une porte avec la sacristie réservée; la
[Illustration: FIG. 39.--BAPTISTÈRE DE SAINT-GEORGES D’EZRA (SYRIE
CENTRALE). (Coupe longitudinale.)]
seconde sacristie est, au contraire, accessible au public par une porte
s’ouvrant sur l’exèdre de l’angle sud-est.
Un rideau tendu entre les pilastres d’entrée du sanctuaire voilait les
saints mystères, selon la liturgie orientale.
La porte principale se compose d’une baie rectangulaire surmontée d’un
linteau déchargé par un arc; sur le linteau décoré à ses deux
extrémités de croix et de pampres se trouve une inscription grecque
datée de la neuvième indiction en l’année 410, c’est-à-dire de la fin de
515 ou du commencement de 516, date de l’achèvement de l’édifice.
[Illustration: FIG. 40. ÉGLISE DE SAQOUZA (SYRIE CENTRALE). (Plan.)]
L’église de Baqouza (Syrie centrale), élevée au commencement du VIᵉ
siècle, est un beau monument bien planté sur la pente d’une colline; un
large soubassement rachète la déclivité du terrain et donne à l’église
une assiette remarquable[15].
[Illustration: FIG. 41.--ÉGLISE DE BAQOUZA (SYRIE CENTRALE). (Coupe
longitudinale.)]
Le chevet, avec ses plans fermement accusés et son magnifique appareil,
est d’un sentiment tout antique.
Les dessins (fig. 41 et 42) supposent l’édifice reconstitué avec la plus
scrupuleuse exactitude d’après les débris existant tout entiers.