BASILIQUES DE CONSTANTIN, DE SAINT-PAUL-HORS-LES-MURS, DE
SAINTE-MARIE-MAJEURE, DE SAINT-PIERRE-A-VINCOLI, A ROME.--BAPTISTÈRE, A
NOVARE (ITALIE).
La Basilique dite de Constantin est l’une des plus anciennes parmi les
basiliques judiciaires qui devinrent les premiers sanctuaires du
christianisme.
Commencée sous Maxence, elle fut achevée dans les premières années du
IVᵉ siècle, sous le règne de Constantin. Elle peut être considérée comme
l’un des derniers monuments de l’art antique. Le plan est simple et
digne encore d’être comparé aux œuvres du beau temps de l’architecture
romaine. Les proportions de la salle sont fort belles et la construction
en est très soignée.
[Illustration: FIG. 16.--BASILIQUE DE CONSTANTIN, A ROME.
(Plan.)]
La nef de la basilique de Constantin présente cette particularité de
ressembler absolument au _Tepidarium_ des Thermes d’Antonin Caracalla
(fig. 10). Il est naturel, d’ailleurs, que les architectes du temps de
l’empereur Maxence aient subi l’influence des superbes monuments qu’ils
avaient sous les yeux et qui devaient être alors dans tout l’éclat de
leur splendeur.
Le parti architectural est le même. Le vaisseau principal se compose,
comme aux Thermes, de trois grandes travées marquées par de grands arcs
longitudinaux et il est couvert par une voûte d’arête plein cintre,
construite en briques et en blocage; la poussée de cette belle voûte,
dont les retombées étaient soutenues par des colonnes hors œuvre,
couronnées d’une corniche avec architrave, était maintenue par des murs
transversaux, percés d’arcades faisant communiquer
[Illustration: FIG. 17.--BASILIQUE DE CONSTANTIN, A ROME. (Coupe
transversale.)]
entre eux les bas côtés; ces murs transversaux étaient eux-mêmes réunis,
solidarisés, par des arcs plein cintre en berceau, construits comme la
grande voûte et ornés à l’intérieur de caissons décoratifs.
La basilique se terminait au chevet central par un hémicycle, ou abside,
voûté en quart de sphère; et un portique, enrichi de colonnes sous
lequel s’ouvraient les portes, s’étendait en avant de la façade et sur
toute la largeur de l’édifice.
[Illustration: FIG. 18.--BASILIQUE DE SAINT-PAUL-HORS-LES-MURS, A ROME.
(Plan.)]
Après les monuments de Constantin vinrent ceux de ses successeurs qui
donnèrent encore plus d’extension à la construction des basiliques.
Parmi celles qui furent bâties en grand nombre jusqu’à la fin du Vᵉ
siècle, il faut citer la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs, sur la
route d’Ostie, construite sur l’emplacement d’une petite église de
Constantin.
Commencée en 386 et terminée dans les premières années du Vᵉ siècle,
sous le règne d’Honorius, elle était, avec l’église Saint-Pierre, une
des plus grandes basiliques de Rome.
[Illustration: FIG. 19.--BASILIQUE DE SAINT-PAUL-HORS-LES-MURS, A ROME.
(Vue perspective de l’altarium.)
(D’après _la Messe_ de Rohault de Fleury.)]
Elle possédait un vaste transsept, appartenant à la disposition
théodosienne[8].
Le plan de la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs donne le transsept
de l’église chrétienne bien marqué. La nef principale et les quatre nefs
latérales sont séparées du transsept par un mur, percé d’un arc
triomphal et de quatre arcs secondaires. L’autel majeur
[Illustration: FIG. 20.--BASILIQUE DE SAINT-PAUL-HORS-LES-MURS, A ROME.
(Coupe transversale.)]
avec sa clôture,--l’_altarium_--sur la confession, séparait le chœur
réservé aux prêtres, des fidèles placés dans la nef.
Les bras du transsept étaient occupés par les clercs et les personnes
revêtues d’un caractère religieux.
Les proportions de la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs étaient
colossales; sa longueur était de 143 mètres, y compris l’abside qui
avait 25 mètres de diamètre; la nef et les bas côtés avaient 65 mètres
de largeur et les transepts 72. La nef centrale, large de 25 mètres
environ, était formée de deux rangées de vingt colonnes corinthiennes
reliées par des arcades plein cintre sans archivoltes; au-dessus de ces
arcades une grande frise était ornée de peintures à fresques, le
[Illustration: FIG. 21.--BASILIQUE DE SAINTE-MARIE-MAJEURE, A ROME.
(Coupe transversale.)]
dessous des poutres des fermes était à 30 mètres au-dessus du sol. De
somptueuses mosaïques décoraient l’abside, les parois du transsept et de
l’arc triomphal.
La basilique de Sainte-Marie-Majeure, à Rome (plan, fig. 22), fut élevée
au commencement du Vᵉ siècle par Sixte III sur l’emplacement d’un autre
édifice de même genre, bâti par le pape Liberius et consacré en 353. Le
pape Eugène III, vers le milieu du XIIᵉ siècle, y ajouta un portique qui
fut démoli en 1572 par Grégoire XIII et remplacé, sous Benoît XIV, en
1743, par le portique actuel, à huit colonnes, exécuté d’après les plans
de Ferdinand Fuga. De ce portique on pénètre par cinq portes dans les
trois nefs de la basilique
[Illustration: FIG. 22.