Suivant Vitruve, la basilique était une salle dans laquelle les
souverains rendaient la justice ou la faisaient rendre en leur nom.
Il dit, en parlant des palais destinés aux personnages importants: il
doit s’y trouver des bibliothèques et des _basiliques_ qui aient la
magnificence qu’on voit aux édifices publics parce que, dans ces palais,
il se tient des assemblées pour les affaires de l’État et pour les
jugements et arbitrages par lesquels se terminent les différends des
particuliers. Les Gordiens, dans leur magnifique villa bâtie sur la voie
Prænestine, avaient trois basiliques de trente-trois mètres de longueur:
le sénateur Lateranus, contemporain de Néron, en fit construire une
qui, transformée par Constantin, devint la primitive basilique de
Saint-Jean de Latran.
A Rome, la basilique était l’édifice renfermant le tribunal où
siégeaient des juges. Du temps de Publius Victor, elles étaient au
nombre de dix-neuf parce qu’on avait adjoint à chaque forum, ou place
publique, une basilique dans laquelle les magistrats tenaient leurs
audiences pendant la mauvaise saison.
Plus tard, les basiliques devinrent des marchés, des bourses où le
peuple et les commerçants se réunissaient pour traiter leurs affaires de
commerce. Vitruve dit encore que l’édifice, joint au forum, doit être
situé sur l’exposition la plus chaude afin que les négociants qui les
fréquentaient pendant la saison d’hiver ne soient pas incommodés par la
rigueur du froid.
Sous le règne des rhéteurs, on s’y rendait pour entendre déclamer des
vers et des harangues. C’est dans les basiliques que les jurisconsultes
donnaient leurs consultations et que les jeunes orateurs s’exerçaient à
la déclamation. Pline le Jeune nous apprend de quelle manière les juges
et les assistants étaient placés dans ces édifices. Les juges, dont le
nombre s’élevait parfois à 180, se partageaient en quatre compagnies ou
tribunaux; autour d’eux se plaçaient les jurisconsultes et les avocats
dont le nombre était considérable. Les portiques et les galeries
supérieures étaient remplis d’hommes et de femmes qui, s’ils étaient
trop éloignés pour entendre les plaidoiries et les jugements, pouvaient
au moins jouir du spectacle.
La basilique s’élevait ordinairement sur un plan rectangulaire dont la
largeur était égale au tiers de la longueur totale, les façades
extérieures étaient très simples, toute la richesse architecturale étant
réservée pour la décoration intérieure qui était souvent traitée avec
une grande magnificence, ainsi que l’ont prouvé les découvertes faites
sur l’emplacement du forum de Trajan pendant les fouilles opérées en
1812 par les soins du gouvernement français. En avant de la façade
principale s’étendait, sur toute sa largeur, un portique sous lequel des
portes s’ouvraient sur les divisions longitudinales de l’édifice.
[Illustration: FIG. 2.