LOUIS.

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Nº 16 _bis_.--LES AMBASSADEURS DU ROI AU CONGRÈS, AU MINISTRE DES

AFFAIRES ÉTRANGÈRES A PARIS.

Vienne, le 30 novembre 1814.

Monsieur le comte,

Aucune conférence générale n'a été tenue depuis notre dernière

dépêche. M. le prince de Metternich et M. le prince de Hardenberg sont

l'un et l'autre alités d'une fièvre de rhume.

L'affaire de Gênes, en attendant, a été ajustée et terminée. Les actes

vont être signés et le prochain courrier en portera des copies au

département. M. de Corsini a été chargé de répondre au mémoire de M.

de Labrador, qui réclamait la Toscane pour le roi d'Étrurie. La

discussion sur cette affaire va avoir lieu, et nous craignons que la

reine d'Étrurie n'arrive qu'avec beaucoup de peine à rentrer dans cet

ancien patrimoine de sa famille. Lord Castlereagh s'en est exprimé

ainsi.

Une séance pour arranger les affaires de la Suisse a eu lieu, et le

plénipotentiaire français y a été appelé.

On a écouté les réclamations du canton de Berne, mais on n'a encore

rien conclu. On paraît en général être bien disposé pour le canton de

Berne, mais ne pas vouloir renverser l'existence des dix-neuf cantons,

garantie par l'acte fédéral. On portera à la connaissance du roi les

résultats des conférences à mesure que la discussion les amènera.

L'autorisation que le roi a donnée pour l'échange d'une partie du pays

de Gex servira utilement. Nous observons cependant que, dans cette

circonstance, il n'est plus question d'une spoliation du prince évêque

de Bâle, qui, déjà en 1803, lors du recès de l'empire d'Allemagne, a

perdu ses droits de souveraineté, a obtenu une pension de cent vingt

mille francs et exerce toujours ses droits spirituels[403].

[403] L'évêché de Bâle était autrefois un État en partie

indépendant. L'évêque, prince du Saint-Empire depuis 1356,

possédait, à titre de vassal de l'empire, les places de Porentruy,

Delemont et Laufen avec leur territoire, le tout incorporé au

cercle du Haut-Rhin. En outre, il était souverain indépendant des

villes de Bienne, Neuveville, des seigneuries de Tessemberg,

d'Erguel et d'Illfingen. En 1792, la Révolution transforma l'évêché

en république de Rauracie qui ne dura que quelques mois. En 1793,

les districts de Delemont et de Porentruy furent réunis à la

France; en 1797, l'Erguel et le Val-Moutiers subirent le même sort.

Le reste de ses États fut sécularisé en 1803 moyennant une pension

de dix mille florins. En 1815, l'ancien évêché de Bâle fut adjugé

par le congrès de Vienne au canton de Berne, à l'exception de douze

communes qui furent données au canton de Bâle, et d'un district qui

fut concédé à Neuchâtel.

Les conférences allemandes ont été suspendues. Le Wurtemberg et la

Bavière n'ont pas voulu concourir à river les chaînes qu'on leur

préparait. Une réponse faite par les cabinets autrichien et prussien

aux plénipotentiaires wurtembourgeois a augmenté la défiance à cet

égard. Nous en joignons ici une copie et une traduction française.

Les petits et moyens États de l'Allemagne ont, en attendant, formé une

seconde association et le grand-duc de Bade s'y est joint par l'effet

d'un avis qui lui a été donné à ce sujet par l'impératrice de Russie,

sa soeur.

Quant aux affaires polonaise et saxonne, elles sont dans la même

situation, et à aucune époque du congrès, les puissances alliées n'ont

donné à la France une plus entière conviction de leur désunion

qu'elles ne le font dans ce moment, où l'Angleterre, l'Autriche, la

Russie et la Prusse ne paraissent d'accord sur aucune des bases qui

devaient servir à l'arrangement général de l'Europe.

L'attitude que la France a prise la place de manière à attendre avec

calme le résultat de ces intrigues, et de n'y paraître que pour faire

écouter le langage de la raison. C'est dans cet esprit qu'il nous

semblerait utile de diriger quelques articles de gazettes, contre la

doctrine du _Correspondant de Nuremberg_ et du _Mercure du Rhin_, qui,

l'un et l'autre, se plaisent à altérer les faits et à nourrir

l'animosité qui règne en Allemagne contre la France.

Agréez...

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Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 2 · 第 77 / 104 题