SIRE,

J'ai été bien heureux de recevoir la lettre dont Votre Majesté a

daigné m'honorer, en date du 14 octobre. Elle m'a soutenu et consolé.

Votre Majesté jugera combien j'avais besoin de l'être, par le récit

que j'ai à lui faire d'un entretien que, deux heures avant l'arrivée

du courrier, j'avais eu avec l'empereur Alexandre.

Ainsi que j'ai eu l'honneur de l'écrire à Votre Majesté, j'avais été

averti qu'il avait à plusieurs reprises témoigné l'intention de me

voir. Cet avis m'ayant été donné par trois d'entre ceux qui

l'approchent de plus près, j'avais pu le croire donné par ses ordres,

et j'avais en même temps compris, par ce qui m'avait été dit, qu'il

désirait que je fisse[289] moi-même demander à le voir. Il n'avait

point répondu à lord Castlereagh. Au lieu de cela, il avait fait

notifier à l'Autriche qu'il allait retirer ses troupes de la Saxe et

remettre l'administration de ce pays à la Prusse. Le bruit courait que

l'Autriche y avait consenti, quoique à regret. (Le bruit de ce

consentement était accrédité par les Prussiens.) Enfin, l'empereur

Alexandre était sur le point de partir pour la Hongrie. Toutes ces

raisons m'avaient déterminé à lui faire demander une audience, et

j'avais été prévenu qu'il me recevrait avant hier à six heures.

[289] Variante: que je _lui_ fisse.

Il y a quatre jours que le prince Adam Czartoryski, pour qui le monde

entier est dans la Pologne, m'étant venu faire une visite, et

s'excusant de ne m'avoir pas vu plus tôt, m'avoua[290] que ce qui l'en

avait surtout empêché, c'était qu'on lui avait dit que j'étais fort

mal dans la question polonaise. «Mieux que tout le monde, lui dis-je:

nous la voulons complète et indépendante.--Ce serait bien beau, me

répliqua-t-il, mais c'est une chimère; les puissances n'y

consentiraient jamais.--Alors, repris-je, la Pologne n'est plus dans

le nord, notre principale affaire. La conservation de la Saxe nous

touche davantage. Nous sommes en première ligne sur cette question;

nous ne sommes qu'en seconde sur celle de la Pologne, quand elle

devient une question de limites. C'est à l'Autriche et à la Prusse à

assurer leurs frontières[291]. Nous désirons qu'elles soient

satisfaites sur ce point; mais, une fois tranquillisés sur votre

voisinage, nous ne mettrons aucun obstacle à ce que l'empereur de

Russie donne au pays qui lui sera cédé la forme de gouvernement qu'il

voudra. Pour cette facilité de notre part, je demande la conservation

du royaume de Saxe.» Cette insinuation avait plu assez au prince Adam

pour que, de chez moi, il se fût rendu immédiatement chez l'empereur,

avec lequel il avait eu une conversation de trois heures. Le résultat

fut que le comte de Nesselrode, que je n'avais pas vu chez moi depuis

les premiers moments de mon arrivée, y vint le lendemain au soir, pour

obtenir des explications que je lui donnai, sans toutefois m'avancer

plus que je ne l'avais fait avec le prince Adam, et en m'attachant à

le convaincre que la conservation du royaume de Saxe était un point

dont il était impossible que Votre Majesté se départît jamais.

[290] Variante: _avoua_.

[291] Variante: nous ne sommes qu'en seconde sur celle de la

Pologne. Quand elle devient une question de limites, c'est à

l'Autriche et à la Prusse à assurer leurs frontières.

L'empereur sachant ainsi d'avance en quoi il pouvait et en quoi il ne

pouvait pas espérer que je condescendisse à ses vues, j'en tirais cet

avantage, qu'à son abord seul, je pouvais connaître ses dispositions,

et juger si son but, dans l'entretien qu'il m'accordait, était de

proposer des moyens de conciliation ou de notifier des volontés.

Il vint à moi avec quelque embarras. Je lui exprimai le regret de ne

l'avoir encore vu qu'une fois. «Il avait bien voulu, lui dis-je, ne

pas m'accoutumer à une privation de cette nature, lorsque j'avais eu

le bonheur de me trouver dans les mêmes lieux que lui.» Sa réponse fut

qu'il me verrait toujours avec plaisir, que c'était ma faute si je ne

l'avais point vu; pourquoi n'étais-je pas venu? Il a ajouté[292] cette

singulière phrase: «Je suis homme public: on peut toujours me voir.»

Il est à remarquer que ses ministres et ceux de ses serviteurs qu'il

affectionne le plus sont quelquefois plusieurs jours sans pouvoir

l'approcher.--«Parlons d'affaires», me dit-il ensuite.

[292] Variante: Il _ajouta_.

Je ne fatiguerai point Votre Majesté des détails oiseux d'une

conversation qui a duré une heure et demie. Je dois d'autant moins

craindre de me borner à l'essentiel, que, quelque soin que je prenne

d'abréger ce que j'ai à dire, comme sorti de la bouche de l'empereur

de Russie, Votre Majesté le trouvera peut-être encore au-dessus de

toute croyance.

«A Paris, me dit-il, vous étiez de l'avis d'un royaume de Pologne.

Comment se fait-il que vous ayez changé?--Mon avis, Sire, est encore

le même. A Paris, il s'agissait du rétablissement de toute la Pologne.

Je voulais alors, comme je voudrais aujourd'hui, son indépendance.

Mais il s'agit maintenant de tout autre chose. La question est

subordonnée à une fixation de limites qui mette l'Autriche et la

Prusse en sûreté.--Elles ne doivent point être inquiètes. Du reste,

j'ai deux cent mille hommes dans le duché de Varsovie; que

l'on m'en chasse! J'ai donné la Saxe à la Prusse; l'Autriche y

consent.--J'ignore, lui dis-je, si l'Autriche y consent. J'aurais

peine à le croire, tant cela est contre son intérêt. Mais le

consentement de l'Autriche peut-il rendre la Prusse propriétaire de ce

qui appartient au roi de Saxe?--Si le roi de Saxe n'abdique pas, il

sera conduit en Russie; il y mourra. Un autre roi y est déjà mort

[293].--Votre Majesté me permettra de ne pas l'en[294] croire. Le

congrès n'a pas été réuni pour voir un pareil attentat.--Comment, un

attentat! Quoi! Stanislas n'est-il pas allé en Russie? Pourquoi le roi

de Saxe n'irait-il pas? Le cas de l'un est celui de l'autre. Il n'y a

pour moi aucune différence.» J'avais trop à répondre. J'avoue à Votre

Majesté que je ne savais comment contenir mon indignation.

[293] Stanislas II Poniatowski, dernier roi de Pologne. Il abdiqua

en 1795, se retira à Grodno où il vécut d'une pension que lui

firent les puissances copartageantes, et mourut deux ans après à

Pétersbourg.

[294] Variante: de ne pas _la_ croire.

L'empereur parlait vite. Une de ses phrases a été celle-ci: «Je

croyais que la France me devait quelque chose. Vous me parlez toujours

de principes. Votre droit public n'est rien pour moi; je ne sais ce

que c'est. Quel cas croyez-vous que je fasse de tous vos parchemins et

de vos traités[295]?» (Je lui avais rappelé celui par lequel les

alliés sont convenus que le duché de Varsovie serait partagé entre les

trois cours.) «Il y a pour moi une chose qui est au-dessus de tout,

c'est ma parole. Je l'ai donnée et je la tiendrai. J'ai promis la Saxe

au roi de Prusse au moment où nous nous sommes rejoints.--Votre

Majesté a promis au roi de Prusse de neuf à dix millions d'âmes. Elle

peut les lui donner sans détruire la Saxe.» (J'avais un tableau des

pays qu'on pouvait donner à la Prusse, et qui, sans renverser la Saxe,

lui formeraient le nombre de sujets que ses traités lui assurent.

L'empereur l'a pris et gardé.) «Le roi de Saxe est un traître.--Sire,

la qualification de traître ne peut jamais être donnée à un roi; et il

importe qu'elle ne puisse jamais lui être donnée.» J'ai peut-être mis

un peu d'expression à cette dernière partie de ma phrase. Après un

moment de silence: «Le roi de Prusse, me dit-il, sera roi de Prusse et

de Saxe, comme je serai empereur de Russie et roi de Pologne. Les

complaisances que la France aura pour moi sur ces deux points seront

la mesure de celles que j'aurai moi-même pour elle sur tout ce qui

peut l'intéresser.»

[295] De _tous_ vos traités.

Dans le cours de cette conversation, l'empereur ne s'est point, comme

dans la première que j'avais eue[296] avec lui, livré à de grands

mouvements. Il était absolu, et avait tout ce qui montre de

l'irritation.

[296] Que _j'ai_ eue.

Après m'avoir dit qu'il me reverrait, il s'est rendu au bal

particulier de la cour où je l'ai suivi, ayant eu l'honneur d'y être

invité. J'y ai trouvé lord Castlereagh, et je commençais de

causer[297] avec lui, quand l'empereur Alexandre, qui nous a aperçus

dans une embrasure, l'a appelé. Il l'a conduit dans une autre pièce et

lui a parlé à peu près vingt minutes. Lord Castlereagh ensuite est

revenu à moi. Il m'a dit être fort peu satisfait de ce qui lui avait

été dit.

[297] Variante: _à_ causer.

Lord Castlereagh, je n'en puis douter, s'est fait à lui-même ou a reçu

de sa cour l'ordre de suivre le plan dont j'ai eu l'honneur

d'entretenir Votre Majesté par ma lettre du 19 de ce mois. Ce plan

consiste à isoler la France, à la réduire à ses propres forces en la

privant de toute alliance, et à l'empêcher d'avoir une marine

puissante. Ainsi, quand Votre Majesté ne porte au congrès que des vues

de justice et de bienveillance, l'Angleterre n'y apporte qu'un esprit

de jalousie et d'intérêt tout personnel. Mais lord Castlereagh trouve

à l'exécution de son plan des difficultés qu'il n'avait pas prévues.

Comme il voudrait éviter le reproche d'avoir laissé l'Europe en proie

à la Russie, il voudrait détacher d'elle les puissances qu'il désire

mettre en opposition avec la France. Ce qu'il voudrait par-dessus

tout, ce serait que la Prusse devînt, comme la Hollande, une puissance

tout anglaise, dont, avec des subsides, l'Angleterre pût disposer à

son gré. Comme il convient à cette manière de voir que la Prusse soit

forte, il voudrait l'agrandir, et en avoir seul le mérite[298]

vis-à-vis d'elle. Mais l'ardeur que porte l'empereur Alexandre dans

les intérêts du roi de Prusse ne le permet pas. Le but auquel tend

lord Castlereagh est d'unir, si cela est possible, la Prusse à

l'Autriche, et le genre d'agrandissement qu'il veut procurer à la

Prusse est précisément un obstacle à cette union. Il voudrait rompre

les liens qui existent entre le roi de Prusse et l'empereur Alexandre,

et il cherche à en former d'autres que repoussent les habitudes, les

souvenirs, une rivalité suspendue, mais non pas éteinte, et qu'une

foule d'intérêts viendront infailliblement rallumer. D'ailleurs, avant

d'unir la Prusse et l'Autriche, il faut mettre à couvert les intérêts

de cette dernière monarchie et pourvoir à sa sûreté, chose pour

laquelle[299] lord Castlereagh trouve un obstacle dans les prétentions

de la Russie. Ainsi le problème qu'il s'est proposé, et que, j'espère,

il ne parviendra pas à résoudre contre la France, au degré du moins où

il est probable qu'il le désire, présente des difficultés capables

d'arrêter un génie plus puissant que le sien. Pour lui, il n'en voit

point d'autres que celles qui viennent de l'empereur Alexandre, car il

n'hésite pas à sacrifier la Saxe.

[298] Variante: et en avoir _tout_ le mérite.

[299] Variante: chose _à_ laquelle.

J'ai pu dire à lord Castlereagh que l'embarras qu'il éprouvait tenait

à sa conduite et à celle de M. de Metternich; que c'étaient eux qui

avaient fait l'empereur de Russie ce qu'il était; que si, dès le

principe, au lieu de repousser ma proposition de convoquer le congrès,

ils l'eussent appuyée, rien de ce qui se passe ne serait arrivé;

qu'ils avaient voulu se placer seuls vis-à-vis de la Russie et de la

Prusse et qu'ils s'étaient trouvés trop faibles; mais que, si

l'empereur de Russie, dès le premier jour, eût été placé vis-à-vis du

congrès, et par conséquent, du voeu de toute l'Europe, il n'aurait

jamais osé tenir le langage qu'il tenait aujourd'hui. Lord Castlereagh

en est convenu, a regretté que le congrès ne se fût pas réuni plus

tôt, a désiré qu'il le fût prochainement, et m'a proposé de concerter

avec lui une forme de convocation qui ne donnât lieu à aucune

objection, et réservât les difficultés qui pourraient s'élever pour le

moment de la vérification des pouvoirs.

M. de Zeugwitz, officier saxon arrivant de Londres, et qui, avant son

départ, a vu le prince régent, rapporte que le prince lui a parlé du

roi de Saxe dans les termes du plus vif intérêt, et lui a dit qu'il

avait donné à ses ministres au congrès l'ordre de défendre les

principes conservateurs et de ne point s'en départir. Le prince régent

avait tenu le même langage au duc Léopold de Saxe-Cobourg[300], qui me

l'a dit à moi-même, il y a deux jours. Je dois donc croire que la

marche que tient ici la mission anglaise est fort opposée aux voeux et

à l'opinion personnelle[301] du prince régent.

[300] Le futur roi des Belges. On sait qu'il allait épouser en 1816

la princesse Charlotte, petite-fille du roi George III.

[301] Variante: _à l'opinion et au voeu personnel_.

L'Autriche n'a point encore consenti à ce que, comme l'avait dit[302]

l'empereur de Russie, la Saxe fût donnée à la Prusse. Elle a dit, au

contraire, que la question de la Saxe était essentiellement

subordonnée à celle de la Pologne, et qu'elle ne pouvait répondre sur

la première que lorsque l'autre serait réglée. Mais quoique dans sa

note elle ait parlé du projet de sacrifier la Saxe comme d'une chose

qui lui était infiniment pénible et qui était odieuse, elle a trop

laissé entrevoir la disposition de céder sur ce point si elle obtenait

satisfaction sur l'autre. On assure même que l'empereur d'Autriche a

dit à son beau-frère, le prince Antoine (de Saxe), que la cause de la

Saxe était perdue. Ce qu'il y a de sûr, c'est que l'Autriche consent à

ce que la Saxe soit occupée par des troupes prussiennes, et

administrée pour le compte du roi de Prusse.

[302] Variante: comme _me_ l'avait dit.

Cependant l'opinion publique se prononce chaque jour davantage en

faveur de la cause du roi de Saxe et de ceux qui la défendent. C'est

sûrement à cela que je dois attribuer l'accueil flatteur qu'il y a

trois jours, à un bal chez le comte Zichy[303], et avant-hier au bal

de la cour, les archiducs et l'impératrice d'Autriche elle-même,

voulurent bien me faire.

[303] Le comte Zichy de Vasonykio, d'une famille ancienne et

considérable de Hongrie. Né en 1753, il fut président de la cour

aulique de Hongrie (1788) et devint plus tard ministre de la guerre

(1803). Il mourut en 1826.

L'empereur d'Autriche est parti hier matin pour Ofen[304], précédant

l'empereur de Russie, qui est parti le soir. Il va pleurer sur le

tombeau de la grande-duchesse sa soeur, qu'avait épousée l'archiduc

palatin; après quoi le bal et les fêtes qu'on lui a préparés

l'occuperont tout entier. Il sera de retour à Vienne le 29.

[304] Nom allemand de Bude.

Comme, en partant, il n'a laissé ni pouvoirs ni direction à personne,

il ne pourra rien être discuté, et il ne se passera sûrement rien

d'important pendant son absence.

J'ai vu ce soir M. de Metternich, qui reprenait un peu de courage. Je

lui ai parlé avec toute la force dont je suis capable. Les généraux

autrichiens, dont j'ai vu un grand nombre, se déclarent pour la

conservation de la Saxe. Ils font à ce sujet des raisonnements

militaires qui commencent à faire impression.

Je suis...

* * * * *

Nº 4 _ter_.--LE ROI LOUIS XVIII AU PRINCE DE TALLEYRAND.

Vienne, le 27 octobre 1814.

Mon cousin,

J'ai reçu votre numéro 6. J'ai été au plus pressé, en vous envoyant

par le courrier de mardi le supplément d'instructions que vous m'avez

demandé. J'espère[305] que vos démarches en conséquence suffiront,

mais, comme je vous le mandais (nº 3 _ter_) il faut faire voir _qu'il

y a quelque chose derrière_, et je vais donner des ordres pour que

l'armée soit mise en état d'entrer en campagne. Dieu m'est témoin que

loin de vouloir la guerre, mon désir serait d'avoir quelques années de

calme pour panser à loisir les plaies de l'État, mais je veux

par-dessus tout conserver intact l'honneur de la France, et empêcher

de s'établir des principes et un ordre de choses aussi contraires à

toute morale que préjudiciables au repos. Je veux aussi (et cela n'est

pas moins nécessaire) faire respecter mon caractère personnel et ne

pas permettre qu'on puisse, d'après l'aventure du chargé d'affaires

d'Espagne, dire que je ne suis fort qu'avec les faibles. Ma vie, ma

couronne ne sont rien pour moi, à côté d'intérêts aussi majeurs.

[305] Variante: _et j'espère_.

Il me serait pourtant bien pénible d'être forcé de m'allier pour cela

avec l'Autriche, et avec l'Autriche seule. Je ne conçois pas que[306]

lord Castlereagh, qui a si bien parlé sur la Pologne, peut être d'un

avis différent sur la Saxe. Je compterais beaucoup pour le ramener sur

les efforts du comte de Munster, si le langage du duc de Wellington à

ce même sujet ne me faisait craindre que ce ne fût le système, non du

ministre, mais du ministère. Les arguments pour le combattre ne

manqueraient assurément pas; mais les exemples font quelquefois plus

d'effet, et j'en conçois[307] un bien frappant: c'est celui de Charles

XII. Le supplice de Patkul[308] prouve assez combien ce prince était

vindicatif et peu scrupuleux à l'égard du droit des gens; et

cependant, maître, on peut le dire, de tous les États du roi Auguste,

il se contenta de lui enlever la Pologne et ne se crut pas permis de

toucher à la Saxe. Il me semble qu'en comparant les deux

circonstances, l'analogie est évidente du duché de Varsovie avec le

royaume de Pologne, et de la Saxe avec elle-même. Sur quoi, je prie

Dieu, qu'il vous ait, mon cousin, en sa sainte et digne garde.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 2 · 第 59 / 104 题