Nous sommes les Kerels, les francs gars!--Au carillon des cloches--nous
descendons vers les paroisses.--Tue! tue! Nos rires sonnent clairs en
nos coutelas.
Nos pères aussi étaient gens des bois,--on croyait voir marcher les
hêtres et les chênes par les chemins quand ils arrivaient.--Personne n’a
le droit de nous commander;--nous sommes libres partout où reluit--le
fer en nos poings.
Frairie! Frairie! Nous leur fendrons la panse--nous en extrairons la
fressure.--Les boudins juteront et péteront sur le gril.--Dites, mon
amour, n’est-ce pas là une belle kermesse?--Faites brasser une bière
fraîche--pour arroser entre vos dents le cœur que nous vous ferons
manger.
Nous sommes les Kerels, fiers et loyaux comme nos couteaux.--Ceux qui
toucheront à la lame auront la main coupée.
V