L'Opéra s'est honoré en remontant avec des soins exceptionnels le grand
drame lyrique de M. Vincent d'Indy, Ferval. Créé à la Monnaie de
Bruxelles en 1897, il avait eu, l'année suivante, une série de
représentations à l'Opéra-Comique; on ne l'avait pas rejoué depuis. M.
Vincent d'Indy a choisi son héros parmi ceux qui empruntent à la légende
et aux anciennes traditions nationales leurs valeurs symboliques (car,
fidèle au principe wagnérien, il a lui-même composé le livret de ses
oeuvres); il a enveloppé son poème d'une musique qui est d'un
raffinement, d'une richesse, d'une habileté, d'une beauté technique
extraordinaires. M. Muratore et Mlle Bréval ont brillamment tenu la tête
d'une interprétation remarquable. M. Messager lui-même, aux premières
représentations de cette reprise, s'est fait un devoir de conduire
l'orchestre.
Signalons, à la Comédie-Royale, une comédie--fort légère--de MM. André
Sylvane et Mouezy-Eon: _les Samedis de monsieur_, et une piquante petite
revue de M. Jean Bastia: _Ce qu'il ne faut pas taire_.
LES CENTENAIRES DU CONSCRIT, par Henriot.